Le cinéma vietnamien défie la pandémie

Après une année ébranlée par l’épidémie de COVID-19, le marché cinématographique national a déploré une chute importante de son chiffre d’affaires et du nombre de films projetés.

Hanoï (VNA) - Après une année ébranlée par l’épidémie de COVID-19, le marché cinématographique national, comme tous les autres domaines, a déploré une chute importante de son chiffre d’affaires et du nombre de films projetés. Heureusement, quelques éclaircies donnent espoir au secteur.

Le cinéma vietnamien défie la pandémie ảnh 1"Tiêc trang máu", un remake de la comédie noire italienne "Perfect Strangers" (Perfetti sconosciuti) de Paolo Genovese, a engrangé 180 milliards de dôngs de recettes. Photo : CVN/VNA

Le cinéma vietnamien en 2020 a connu une année difficile. Selon les prévisions, près de 50 films devaient sortir en salles. Mais, en raison de la pandémie de coronavirus, seulement 24 ont été projetés, contre 45 en 2019. Toutefois, près de la moitié de ces 24 œuvres, lancées en alternance entre deux vagues de COVID-19 dans le pays, ont atteint les recettes attendues.

Si en 2019, parmi les dix films ayant engrangé le plus de recettes au niveau national, les productions vietnamiennes représentaient la moitié, deux longs métrages sortis en 2020 figurent déjà dans la liste des dix plus gros succès du box-office national de tous les temps, à savoir Tiêc trang máu (Blood moon party - Fête de lune de sang, classé au 4e rang) et Gái già lam chiêu 3 (The royal bride - La mariée royale, au 6e).

Deux films à grand succès

Le cinéma vietnamien défie la pandémie ảnh 2Affiche de "Ròm", le plus gros succès du cinéma indépendant national. Photo : CVN/VNA

Ròm et Tiêc trang máu sont les deux œuvres les plus réussies de 2020, qui ont rapporté respectivement 63 et 180 milliards de dôngs de recettes, représentant 30% du chiffre d’affaires de tous les films vietnamiens projetés l’année passée. En particulier, Tiêc trang máu figure dans le top 4 des plus gros succès du box-office national de tous les temps.

Selon les distributeurs, ces deux longs métrages ont joué un rôle déterminant pour inciter le public à se déplacer dans les salles de cinéma après les périodes de distanciation sociale. Si Tiêc trang máu est un remake de la comédie noire (black comedy) italienne Perfect Strangers (Perfetti sconosciuti) de Paolo Genovese, Ròm est considéré comme une œuvre inédite du 7e art national sur le "lô đê" (un type de loterie non officielle au Vietnam, les enfants pauvres et l’expropriation.

Le cinéma indépendant bat son plein

Ce film a mis à l’honneur le cinéma indépendant vietnamien souvent loué dans les festivals étrangers. Il s’agit des projets cinématographiques à budget modeste, produits par des studios de petite et moyenne tailles, où les cinéastes ont plus d’opportunités d’exprimer leur créativité plutôt que de courir après les stéréotypes tout en subissant des pressions commerciales trop fortes.

Ròm, du réalisateur Trân Thanh Huy, a amené pour la première fois le cinéma vietnamien à la plus haute marche du podium avec le prix "New Currents" au 24e Festival international du film de Busan, en République de Corée, le plus important festival de cinéma d’Asie.

Le succès de Ròm a encouragé les salles à franchir le pas et à mettre d’autres films indépendants à l’affiche. En novembre dernier, quatre autres premières productions sont ainsi sorties en salles. Sài Gòn trong con mua (Saigon sous la pluie), de Lê Minh Hoàng, est un film musical portant sur la pensée et la vie de jeunes d’autres provinces qui viennent s’établir à Hô Chi Minh-Ville. Trái tim quái vât (Le cœur de monstre), de Ta Nguyên Hiêp, aborde un ton dramatique pour traiter d’un meurtre mystérieux se produisant dans un ancien immeuble.

Chông nguoi ta (Le mari d’une autre), de Nguyên Huu Tiên, se penche sur le sujet de l’homosexualité. Hoa Phong Nguyêt Vu est considéré par son réalisateur Pham Thanh Hai comme la première œuvre de "cinéma de guérilla", désignant des films produits avec très peu d’argent par de très petites équipes, filmant avec des équipements légers et, dans la plupart des cas, utilisant des accessoires fabriqués à partir de tout ce qui est à portée de main, tournés vite dans des lieux privés ou publics. Ces prémices ont montré l’effort et la détermination nécessaires des cinéastes indépendants pour réaliser des films de qualité à petit budget.

Essor des documentaires

Côté film documentaire, genre encore rare à être porté au grand écran, la donne a bien changé avec Màu co úa (Couleur des herbes fanées) de Lan Nguyên et Ðoan truong vinh hoa (The glorious pain - La douleur glorieuse) de Lê My Cuong et Thanh Nguyên. Le premier raconte le compositeur Trân Tiên avec un regard vivant, sincère et familier sur sa vie pleine de vicissitudes, permettant au public de découvrir la simplicité du personnage bien qu’il soit un artiste très talentueux. Le second suit une troupe de cai luong (théâtre rénové), l’une des rares encore en activité du delta du Mékong, lors de sa tournée dans cette région occidentale du Sud, retraçant la vie difficile et précaire des artistes dans l’arrière-scène et leur amour pour leur carrière.

Participation à des festivals internationaux

Après Ròm, le film Chi chi em em (Sister sister - Sœur sœur) de Kathy Uyên a été sélectionné pour participer au 25e Festival international du film de Busan, catégorie A Window on Asian Cinema (Une fenêtre sur le cinéma asiatique).

Selon le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, le long métrage Mat biêc (Dream eyes - Yeux rêveurs) de Victor Vu a été choisi pour la 93e cérémonie des Oscars. Adapté du roman éponyme de Nguyên Nhât Ánh, il sera soumis à la présélection du Meilleur film international des Oscars du cinéma 2021. Sorti en salle fin 2019, il était en tête du box-office national pendant 18 jours consécutifs, égalant le record du blockbuster américain Avengers : Endgame lorsqu’il a été projeté au Vietnam. -CVN/VNA

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