L’autel des ancêtres et les valeurs sacrées du Têt traditionnel

Les cultes et croyances antiques constituent le fondement de la structure familiale traditionnelle du Vietnam et contribuent encore aujourd’hui à la perpétuer.

Hanoi (VNA) - La fête du Têt (Nouvel An lunaire) est le grand moment de l’année vietnamienne, le seul, selon la tradition, où les âmes des morts reviennent sur terre. Pas question de rater pareil rendez-vous avec les esprits des ancêtres.

L’autel des ancêtres et les valeurs sacrées du Têt traditionnel ảnh 1L’autel des ancêtres constitue le centre de gravité spirituel de la famille, du clan, de la lignée. Plus la famille est aisée, plus l’autel est imposant. Photo: VietnamPlus

Les Vietnamiens disposent à l’endroit le plus respecté de leurs maisons l’autel des ancêtres sur lequel ils brûlent pendant tout le Têt les batonnets d’encens et devant lequel ils viennent se prosterner, en mémoire des ancêtres tout en invoquant leur protection sur le monde des vivants.

En effet, la tradition du culte des ancêtres remonte à des millénaires et tire son fondement sur la conviction en l’immortalité de l’âme humaine, au pouvoir de l’âme des ancêtres pour protéger les descendants.

La légende veut que les premiers ancêtres des Viêts, Mère-Fée et Père-Dragon, donnèrent naissance à cent oeufs nés dans une même gaine. De ces cents oeufs naquirent cent jeunes géants, d’où l’expression "dong bao" pour dire compatriotes.

La famille vietnamienne est marquée par les traits spécifiques de la culture extrême-orientale et influencée par la philosophie confucéenne. Les garçons portent traditionnellement le nom du clan, assurant la continuité de la lignée paternelle.

La prédominance de la communauté dans la société implique que l’avis de l’ensemble des membres de la famille conditionne les actions de chaque individu, l’esprit de travail dans l’intérêt commun, la juste appréciation du rôle de l’individu, le respect de la liberté individuelle en même temps que la collectivité familiale.

Etant avant tout une pratique familiale, le culte des ancêtres est exercé à la maison devant un autel dressé généralement dans la pièce principale, sur un meuble laqué ou une simple table, selon le niveau de richesse de la famille, où sont exposées à longueur d’année quelques photos des parents défunts (parfois jusqu’aux arrière-arrière-grands-parents), des bâtonnets d’encens, des coupelles contenant des fruits et des objets chers aux défunts.

L’autel des ancêtres constitue le centre de gravité spirituel de la famille, du clan, de la lignée. Le culte est rendu régulièrement, notamment à l’anniversaire de la mort du défunt. Chaque membre de la famille se présente alors devant l’autel par ordre hiérarchique, prend trois bâtons d’encens dans ses mains puis se prosterne à trois reprises devant la tablette funéraire de l’ancêtre. D’autres gestes rituels peuvent être associés, selon la nature de la cérémonie.
 
Bien que vivant hors du temps, les ancêtres sont ponctuels. Leurs descendants doivent préparer au mieux leur accueil. Les maisons doivent être soigneusement rangées, les pièces balayées, les meubles dépoussiérés. Des longs papiers rouges avec des caractères noirs sont souvent accrochés à l’extérieur pour égayer le décor. Rien n’est trop beau pour recevoir les âmes des ancêtres.

Le jour de la fin d’année, la maison semble faire peau neuve. Les murs sont recouverts d’une nouvelle couche de peinture. Les meubles sont bien nettoyés, l’autel des ancêtres joliment paré de fleurs, de bougies rouges et d’objets de culte divers.  Le pêcher aux fleurs rouges et le kumquat aux petits fruits dorés sont placés aux endroits les plus frappants de la maison.

Au milieu trône un beau plateau aux cinq fruits frais (Mâm ngu qua), qui représente cinq voeux éternels des Vietnamiens : la paix, la santé, le bonheur, la prospérité et la longévité. Explication : les cinq fruits symbolisent les cinq éléments de base de la philosophie orientale : bois, feu, terre, métal et eau.

Certaines personnes croient que les cinq fruits sont les symboles des cinq doigts de la main, utilisés pour produire de la richesse physique à des fins personnelles et pour faire des offrandes à leurs ancêtres. Cependant, de façon plus simple, les cinq fruits représentent la quintessence du Ciel et de la Terre pour bénir les hommes. Aujourd’hui, le bac peut contenir cinq fruits ou plus.

Les cultes et croyances antiques constituent le fondement de la structure familiale traditionnelle du Vietnam et contribuent encore aujourd’hui à la perpétuer. Le culte des ancêtres, particulièrement, est un facteur d’unicité, de cohésion sociale et familiale. En vénérant leurs ancêtres, les membres de la famille expriment leur respect, leur attachement et leur reconnaissance.

Ils perpétuent ainsi l’attitude qu’ils ont toujours adoptée du vivant de leurs parents. Le lien d’affection et de solidarité qui unit les générations vivantes d’une famille repose sur la piété filiale, tandis que celui qui unit les vivants et leurs ascendants morts repose sur la pratique du culte des ancêtres ; ces deux aspects ont donc un même fondement moral et expriment un même sentiment. – VNA

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