L’ao dài de Trach Xa, le patrimoine culturel sous toutes les coutures

Situé à une soixantaine de kilomètres du centre-ville de Hanoi, le village de Trach Xa perpétue depuis plus d’un millénaire un artisanat d’exception: on y confectionne en effet l’ao dài, la tunique traditionnelle vietnamienne.

Les tailleuses prennent soigneusement les mesures de chaque cliente avant de confectionner. Photo : qdnd.vn
Les tailleuses prennent soigneusement les mesures de chaque cliente avant de confectionner. Photo : qdnd.vn

Hanoi (VNA) – Situé à une soixantaine de kilomètres du centre-ville de Hanoi, le village de Trach Xa perpétue depuis plus d’un millénaire un artisanat d’exception: on y confectionne en effet l’ao dài, la tunique traditionnelle vietnamienne. Ce savoir-faire, récemment reconnu comme patrimoine culturel immatériel national, témoigne de la richesse des traditions vestimentaires du Vietnam.

Jadis, c’était les hommes qui maniaient l’aiguille, tandis que les femmes s’occupaient des travaux agricoles… Cette répartition atypique du travail s’est toutefois assouplie avec le temps, comme l’explique Vu Thi Hang.

«À l’époque où les machines n’existaient pas encore, nos artisans ne travaillaient qu’avec des outils rudimentaires - ciseaux, aiguilles et règles. Aujourd’hui, le métier s’est ouvert à tous… et à toutes!», dit-elle.

Dans ce village de plus de 500 foyers, la transmission du savoir-faire commence dès l’âge de 6 à 7 ans. Les enfants s’initient d’abord aux techniques de base avant de maîtriser, vers 15-16 ans, la confection complète d’un ao dài traditionnel.

Nghiêm Van Dat, qui est l’un de ces tailleurs hors pair souligne l’importance de cet héritage familial. «C’est un artisanat qui se transmet depuis des générations, et qui est ancré dans notre histoire. J’ai commencé dès mon plus jeune âge. L’apprentissage suit un processus laborieux, débutant par la simple manipulation d’une aiguille. La maîtrise requiert du temps et une certaine prédisposition familiale qui facilite l’acquisition des techniques. Bien que les femmes excellent également, les hommes de Trach Xa conservent des secrets de fabrication qui donnent à leurs créations une élégance particulière. Nous veillons à transmettre ces connaissances à tous nos villageois qui souhaitent perpétuer l’identité de ce village artisanal», confie-t-il.

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À Trach Xa, la couture verticale à la main, typique pour les ao dài, contraste avec la couture horizontale pratiquée ailleurs. Photo: qdnd.vn

L’originalité de Trach Xa réside dans une technique de couture verticale à la main, qui tranche avec la couture horizontale pratiquée ailleurs. Cette technique permet de dissimuler complètement les points de couture à l’intérieur du vêtement. Comme l’explique Dô Minh Tam, chaque ao dài suit des règles précises transmises par les anciens.

«La réalisation d’un simple pan d’ao dai nécessite une combinaison précise de sept lignes de couture différentes: une ligne de couture machine, trois lignes de points cousus à la main, et trois lignes de bâti. Nous suivons toujours la recommandation ancestrale qui nous guide dans notre travail. C’est ce souci du détail qui fait notre réputation», indique-t-il.

La qualité exceptionnelle des ao dài de Trach Xa se reflète dans leurs prix, qui peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars pour les pièces les plus sophistiquées, ornées de broderies et de pierres précieuses. Cette reconnaissance a permis au village de se développer considérablement, comme en témoignent ses routes bétonnées et ses maisons modernes.

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Des tuniques de Trach Xa présentées lors du Festival de l’áo dài de Hanoi 2016. Photo: CTV

L’héritage artisanal de Trach Xa continue de s’épanouir à travers l’esprit d’entreprise de ses habitants. Cette dynamique économique contribue activement à la promotion et à la valorisation des créations du village millénaire.

«Après dix ans d’apprentissage, j’ai pu à mon tour former les membres de ma famille. La stabilité de ce métier nous permet de perpétuer la tradition».

«Être né dans ce village d’artisans est une source de fierté. J’ai eu la chance d’apprendre ce savoir-faire auprès de mes aînés».

Reconnu comme Village traditionnel de fabrication d’ao dài en 2004, Trach Xa a vu son savoir-faire élevé au rang de patrimoine culturel immatériel national à la fin 2024. Les créations du village sont désormais présentes dans de nombreux événements culturels à Hanoi et s’exportent jusqu’en Chine, en République de Corée et en Mongolie.

Cette reconnaissance constitue non seulement une fierté pour les artisans, mais aussi une motivation supplémentaire pour préserver et développer cet artisanat traditionnel, véritable ambassadeur de la culture vietnamienne à l’international. – VOV/VNA

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