La saison des semis craint la sécheresse, faute de pluie

Les régions du Centre et du delta du Mékong sont en train de subir une sécheresse sans précédent, qui pourrait bien nuire aux semis.

Les régions du Centre et du delta du Mékong sont en train de subir une sécheresse sans précédent, qui pourrait bien nuire aux semis.

Une sévère vague de sécheresse, due à l’absence de pluie depuis plusieurs mois, sévit dans les provinces du Centre. Si aucune solution n’est trouvée, il sera impossible de cultiver du riz pour la saison prochaine.

Au Centre : les rizières deviennent incultivables


Les rizières dans les districts de Quang Trach, Lê Thuy, Quang Ninh, Bô Trach, etc. de la province de Quang Binh sont actuellement «brûlées». L’hiver et l’automne ont en effet connu une importante pénurie en eau. Pour tenter de sauver la situation, les paysans se lèvent à 03h-04h du matin pour arroser les rizières. Malheureusement, les canaux sont totalement vides.

«Les plants de fruits et légumes sont déjà fanés dans une centaine de communes, nos sept perches d’arachides (environ 2.500 m²) sont mortes, nous sommes contraints de faire une récolte anticipée, avec ce qu’il reste, sinon on va tout perdre», explique Nguyên Van Khuong, un habitant de la commune de Lâm Trach (district de Bô Trach).

Selon le rapport du Comité populaire de la province de Quang Tri, 1.690 mm de pluie ont été enregistrés sur toute l’année 2014, représentant 67,6% des précipitations moyennes des années précédentes et 133 mm de moins qu’en 1997, année qui avait été suivie par une sécheresse historique.

Dans la province de Quang Ngai, la situation est également inquiétante. Le niveau des fleuves baisse jour après jour, le fond est même visible chez certains. Plusieurs rizières des communes de Phô Cuong, Phô Khanh, Phô Phong (district de Duc Phô), et de Tinh Ân, Tinh Tho, Tinh Binh (district de Son Tinh) sont totalement incultivables à cause de ce manque d’eau. Dans le district de Ly Son, quelque 130 ha d’oignons et d’ails risquent d’être endommagés. Le niveau de l’unique réservoir en eau du district est actuellement au point mort.

Delta du Mékong : l’eau douce est de plus en plus salée


L’eau douce, conservée dans la province de Cà Mau, se fait si rare que son niveau est bien plus bas que celui de la mer. Le déversement d’eau salée dans cette dernière est alors inévitable.

Dans la province de Bac Liêu, la sécheresse se manifeste plus tôt que les années précédentes et provoque une carence en eau dans les greniers à riz du delta du Mékong, notamment dans les districts deVinh Loi, Hoa Binh, Phuoc Long, Hông Dân et Gia Rai. « Quand on a assez d’eau salée pour la pêche, on manque d’eau douce pour la riziculture, et vice versa. Afin d’équilibrer ces ressources en eau, les responsables de l’irrigation doivent prendre de l’eau douce dans les provinces de Soc Trang et Hâu Giang, grâce à des systèmes d’irrigation », souligne Luong Ngoc Lâm, directeur du Service de l’Agriculture et du Développement rural de la province de Bac Liêu.

Dans la province de Hâu Giang, la présence du sel arrive plus tôt que les années précédentes. Les courants d’eau douce du district de Long My sont très salés (la salinité est de 0,3%) à cause de l’eau salée traversant la province de Bac Liêu. La salinité des sources de Vi Thanh est alarmante, en raison du déversement de l’eau salée originaire de la province de Kiên Giang.

Mesures proposées

L’eau du lac Tonlé Sap et des courants allant jusqu’à la province de Kratie (à l’extrême Sud du delta du Mékong - Cambodge) sont les deux éléments déterminant la qualité de l’eau et la salinité dans le delta du Mékong. Actuellement, en cette saison sèche, le niveau des courants d’eau dans les plaines est plus bas que celui de 2013-2014. Le taux de sel présent dans l’eau douce est ainsi plus important cette saison que la saison dernière.

«Afin de limiter la salinité, il faut intensifier la vérification et le contrôle des systèmes d’irrigation, des réservoirs, des digues, etc, curer les canaux et y pomper de l’eau douce. Ces mesures sont néanmoins très coûteuses et difficiles à prendre car le réseau de canaux de la province de Cà Mau s’étend sur 10.000 km. De plus, les fleuves y contiennent beaucoup d’alluvions, il faut ainsi les curer tous les trois ans, certains nécessitent même d’être curés chaque année», souligne Nguyên Long Hoai, responsable de la sous-irrigation de la province de Cà Mau.

Afin de faire face à la sécheresse et l’invasion du sel, le comité populaire de la province de Kiên Giang a mis en place des organisations pour mettre en œuvre des ouvrages qui servent à empêcher l’arrivée du sel et à conserver l’eau douce dans certains districts de Long Xuyên, tels que : les districts de Giang Thành, Hon Dât, Kiên Luong et la ville de Rach Gia.

«Il faut beaucoup d’argent pour construire les 27 réservoirs de ces localités. Sans ces derniers, la culture du riz impossible et les habitants, n’ont pas assez d’eau douce pour la vie quotidienne», selon Nguyên Huynh Trung, sous-responsable de la sous-irrigation de la province de Kiên Giang. – VNA

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