La peinture sur soie à la recherche de son âge d’or

Au fil de son histoire, la peinture sur soie vietnamienne a connu des époques très glorieuses. Actuellement, les jeunes artistes s’efforcent de reprendre le flambeau.
La peinture sur soie à la recherche de son âge d’or ảnh 1Nguyên Thê Son conseille une étudiante.  Photo : Vân Anh/CVN

Hanoï (VNA) - Au fil de son histoire, la peinture sur soie vietnamienne a connu des époques très glorieuses. Actuellement, les jeunes artistes s’efforcent de reprendre le flambeau.

Dans un atelier, des étudiants en 5e année de la spécialité "Peinture sur soie" de l’École des beaux-arts du Vietnam s’affairent. Une dizaine de jeunes artistes se plongent dans la création de leurs œuvres. La palette de couleurs d’une main, le pinceau de l’autre, les étudiants colorent minutieusement chaque petit détail du tableau. Sur la soie blanche et mince comme une feuille de papier, les couches de couleurs se superposent petit à petit. Les jeunes peintres livrent tout leur âme dans leur œuvre.

Le thème de cet atelier : les animaux et l’homme. Un thème assez large pour que la créativité des artistes en herbe puisse vraiment s’exprimer. Pham Thi Thuy Linh s’intéresse au sujet des animaux de compagnie. "Je veux raconter l’histoire d’une fille qui se confronte à beaucoup de difficultés dans sa vie. Il y a un petit chien qui reste toujours à côté d’elle comme un ami. Pour exprimer cette relation profonde, je dessine la fille assise sur une fleur d’iris. Cette fleur symbolise la fidélité et la sympathie".

Dang My Linh, elle, s’interroge sur la fortune des femmes dans la vie conjugale. La jeune fille décrit l’ambiance d’un mariage. Le mari porte un complet et la mariée une robe toute blanche. Mais un élément du tableau détonne : les visages du couple ont été remplacés par ceux de poissons. "Comme les poissons dans un bassin, les femmes sont confrontées à un contexte fait de contraintes durant le mariage", déplore l’étudiante.

L’âge d’or dans les années 1930


Les questions liées à la vie moderne sont exploitées et exprimées sur un matériau traditionnel des beaux-arts du Vietnam : la soie. Ce qui contribue à donner un nouveau souffle à cet art qui a connu plusieurs époques fastes.

La peinture sur soie à la recherche de son âge d’or ảnh 2Une œuvre de Nguyên Phan Chanh. Photo : Archives/CVN

La peinture sur soie du Vietnam est née officiellement avec la fondation de l’École des beaux-arts d’Indochine en 1924. Le premier directeur de cette école, le français Victor Tardieu, encourageait toujours les étudiants à respecter les valeurs culturelles indigènes en exploitant les matériaux locaux dans leur création artistique comme la laque et la soie.

"Victor Tardieu a orienté les étudiants qui ne se familiarisaient pas à la peinture à l’huile typiquement de l’Europe vers celle sur soie pour qu’ils puissent valoriser leur capacité personnelle", explique Nguyên Thê Son, enseignant de l’École des beaux-arts du Vietnam.

Bien lui en a pris puisqu’une génération en or est sortie de cette école : Nguyên Phan Chanh, Lê Phô, Mai Trung Thu, Lê Thi Luu. Parmi eux, Nguyên Phan Chanh est considéré comme le précurseur de la peinture sur soie des beaux-arts d’Indochine. Ses œuvres, exposées pour la première fois à l’Exposition coloniale internationale tenue à Paris en 1931, ont rencontré un vif succès et ont été saluées par les collectionneurs étrangers. Nguyên Phan Chanh a capturé les scènes tranquilles et paisibles de la campagne vietnamienne en restituant minutieusement les couleurs familières de la nature.

La soie, avec son caractère de finesse, n’est pas facile à utiliser. Nguyên Phan Chanh a appliqué les techniques de superposition des couches de couleurs claires et de lavage de la soie à plusieurs reprises. Ces techniques nécessitent une grande minutie de la part du peintre mais offrent aux tableaux une profondeur troublante et une beauté raffinée. D’autre part, elles ont permis d’identifier une peinture sur soie spécifiquement vietnamienne, se distinguant ainsi de celle de Chine ou du Japon jouissant aussi d’une longue histoire.

D’autres peintres vietnamiens comme Lê Phô, Mai Trung Thu, Lê Thi Luu ont également acquis une renommée mondiale. Plusieurs de leurs oeuvres se sont vendues aux enchères à des prix records. Ces succès montrent tout le prestige de la peinture sur soie vietnamienne.

Matériau traditionnel, art moderne

Après cet âge d’or des années 1930, la peinture sur soie a connu une époque difficile. Le Dôi Moi (Renouveau) a cherché à lui redonner ses lettres de noblesse mais son existence reste encore fragile.

"Depuis une dizaine d’années, la peinture sur soie reprend vie, grâce aux efforts des jeunes artistes-peintres. Ils cherchent à exploiter les nouveaux thèmes et à expérimenter de nouvelles méthodes", insiste Nguyên Thê Son. Et d’ajouter que la peinture sur soie peut traiter directement aux questions d’actualité. Elle n’est pas contrainte de rester dans ses thèmes traditionnels que sont les beaux paysages, le portrait, la vie quotidienne…

Outre l’aquarelle, les jeunes artistes mobilisent encore d’autres matériaux comme l’or, l’argent ou l’acrylique. "La peinture sur soie a la capacité de retrouver un âge d’or. Je crois en nos jeunes peintres talentueux. En bénéficiant des encouragements et avec un travail sérieux, ils pourront en refaire l’un des plus beaux représentants des beaux-arts vietnamiens", conclut Nguyên Thê Son. -CVN/VNA

Voir plus

Des enfants de l'atelier d'art de VECTO participent à un spectacle au festival Cultural Fusion de Narellan. Photo : VNA

Célébrer la langue vietnamienne : en Australie, la diaspora entretient la flamme de l’identité culturelle

À Sydney, en Australie, des cours de danse et d’instruments traditionnels vietnamiens organisés chaque samedi par l’Organisation d’échanges culturels Vietnam-Australie (VACEO) permettent aux enfants d’origine vietnamienne de préserver leur langue maternelle et de mieux connaître leurs racines culturelles. Au-delà de l’apprentissage artistique, ces activités contribuent à renforcer les liens avec le pays d’origine et à transmettre le patrimoine vietnamien aux jeunes générations nées et grandies à l’étranger.

La vice-Première ministre Pham Thi Thanh Tra s'exprime. Photo: VNA

Journée de la culture vietnamienne : marquer les esprits dès la première édition

La vice-Première ministre Pham Thi Thanh Tra a appelé à faire de la première édition de la Journée de la culture vietnamienne, le 24 novembre 2026, un événement marquant, plaçant la population au cœur des activités et contribuant à faire de la culture un moteur du développement durable et du renforcement de la grande union nationale.

Une prestation de percussions a marqué l'ouverture de la cérémonie de lancement du mouvement « Chacun devrait choisir au moins un sport adapté et le pratiquer régulièrement ». Photo : VNA

Préserver le patrimoine et valoriser la force culturelle dans une nouvelle ère

De la promotion de l’activité physique à la valorisation des patrimoines historiques et des identités culturelles, plusieurs localités vietnamiennes ont organisé, au cours de la semaine écoulée, des activités visant à renforcer la fierté nationale et à préserver les valeurs traditionnelles. Ces initiatives s’inscrivent dans l’orientation de la Résolution n° 80-NQ/TW du Bureau politique, qui place la culture au cœur du développement durable et en fait une ressource pour le développement national.

Les artistes au concert intitulée "Love & Peace Concert 2026 in Hiroshima". Photo: VNA

À Hiroshima, un concert pour la paix et les victimes de l’agent orange

Organisé le 9 octobre à Hiroshima, au Japon, le concert intitulée "Love & Peace Concert 2026 in Hiroshima" a mis à l’honneur la musique traditionnelle vietnamienne tout en mobilisant le public en faveur des victimes de l’agent orange et en promouvant la paix et l’amitié entre les peuples vietnamien et japonais.

La vieille ville de Hôi An vue d'en haut. Photo: VNP

Le Vietnam s’apprête à déployer sa nouvelle carte culturelle interactive

Le Vietnam prévoit de lancer la phase pilote de sa carte culturelle numérique dès le 1er novembre 2026. Reposant sur une architecture moderne à cinq niveaux, cette plateforme permettra aux citoyens de géolocaliser et de rechercher en quelques clics tous les événements culturels, sportifs et touristiques du pays.

Un espace culturel hmong animé au Festival culturel de l’ethnie Hmong. Photo: VNA

Diên Biên vibre au rythme du Festival culturel de l’ethnie Hmong

Porté par la participation de 11 provinces, le 4e Festival culturel de l’ethnie Hmong s’est ouvert à Dien Bien en 2026. Véritable carrefour d’échanges, cet événement s’impose comme un puissant vecteur de rapprochement communautaire, tissant des liens de solidarité et de compréhension mutuelle entre les différentes ethnies du pays.

L'artiste Dang Ngoc Long et l'Orchestre symphonique de Tübingen (Allemagne) se produisent lors du concert « Une rhapsodie de deux mondes » au théâtre Ho Guom (Hanoï) en décembre 2025. Photo : VNA

Depuis Berlin, la guitare raconte le Vietnam au monde

Depuis deux décennies, le professeur Dang Ngoc Long fait vibrer la guitare au Festival international de Berlin pour raconter le Vietnam au monde. En insufflant l'âme de son pays dans des œuvres interprétées par de jeunes talents internationaux, ce virtuose transforme la musique en un pont culturel qu'il ambitionne aujourd'hui de bâtir jusqu'à Hanoi.