La pâtisserie française à l’heure vietnamienne

UAVF a organisé le 28 février son premier concours pour pâtissiers amateurs à Hanoi. Avec talent et une pincée d’imagination, les 5 finalistes ont revisité des grands classiques de la pâtisserie.
La pâtisserie française à l’heure vietnamienne ảnh 1Pham Phuoc Thành, qui a remporté le 1er prix du concours, prépare à découper sa tarte au citron. Photo : VNA

Hanoi (VNA) - L’Union des anciens étudiants vietnamiens en France (UAVF) a organisé le 28 février son premier concours pour pâtissiers amateurs à Hanoi. Avec talent et une pincée d’imagination, les cinq finalistes ont revisité des grands classiques de la pâtisserie française.

 Il y avait comme un petit air parisien en ce dimanche après-midi, au 19e étage du Sofitel Plaza. De douces mélodies françaises et des mignardises colorées accompagnaient la splendide vue panoramique de la ville de Hanoi. Et pourtant, le vrai spectacle se déroulait à quelques mètres, dans une toute autre ambiance.

Les cinq finalistes de la «Fête de la pâtisserie» s’activent maintenant depuis plus d’une heure dans les cuisines. Poche à douille à la main, Trân Hai Minh dépose par petites touches  soigneuses mais rapides ses choux à la crème. La jeune Lê Hông Trang n’a que quelques secondes pour réfléchir à son plan B. Impossible en effet de réaliser ses macarons de la Passion en une heure. Même la visite de l’ambassadeur de France, Jean-Noël Poirier, n’a pu troubler le collégien de 13 ans Nguyên Vu Tùng Lâm, concentré à dresser ses éclairs au chocolat.

En un peu plus d’une heure, les candidats doivent préparer une pâtisserie française. Un exercice de style toutefois difficile pour ces pâtissiers amateurs, qui doivent travailler loin de leurs fourneaux, dans un environnement totalement inconnu. Et bien évidemment, sans oublier le stress, décuplé par la présence des proches et des spectateurs.

Un jury francophile et épicurien

Cette «Fête de la Pâtisserie» est une des multiples activités planifiées en marge du Gala annuel de l’UAVF, qui a pour thème cette année «Le Printemps en Ville». En outre de présenter les pâtissiers vietnamiens de demain, c’est aussi selon les organisateurs une vitrine pour la culture française et son patrimoine gastronomique, dans toute sa diversité et par delà des frontières.

Pour départager les candidats du jour, il a fallu faire appel à un jury gourmet mais surtout connaisseur. L’UAVF a pu donc compter sur la présence de l’ambassadeur Jean-Noël Poirier, son épouse et directrice de l’Institut Français du Vietnam (IFV) Eva Nguyên Binh, les chefs Trân Van Phuoc de la pâtisserie Saint-Honoré, Trân My Giang Huong du Green Tangerine, Cameron Gardiner du Sofitel Plaza et enfin Nguyên Thu Hà, rédactrice en chef du Courrier du Vietnam.

Mais quels sont leurs critères pour élire le meilleur des pâtissiers ? «La pâtisserie exige d’aller dans les détails. Il faut de la technique, mais aussi une petite touche de création personnelle», détaille l’ambassadeur de France. C’est au fond ce subtil équilibre entre le goût, l’aspect esthétique final, la créativité et la présentation qui fera la différence.

«On mangerait ta pâtisserie deux fois»

Le moment tant attendu est arrivé. Debout devant les juges, les cinq finalistes présentent leur travail, égrainant des anecdotes personnelles et passionnées. Pham Phuoc Thành, médecin dans la vie et venu tout spécialement de Hô Chi Minh-Ville, explique son choix d’une tarte au citron et aux fraises : «C’est d’abord pour les couleurs rappelant à la fois celles du Vietnam et de la France. Le disque de chocolat est également une forme d’hommage au cacao national». Pour le jeune collégien, les éclairs représentent l’attachement pour la famille, et avoue rêver de devenir un jour pâtissier. Et à Trang de révéler que sur ses cinq tartelettes aux pommes reconstituées sous la forme d’un dôme gélatineux, seule une seule a pu être terminée.

Après avoir goûté chacun des plats, le jury partage ses commentaires, et ses coups de coeurs. «On mange ta pâtisserie deux fois : la première, c’est avec les pupilles, la deuxième, avec les papilles», s’exclame Eva Nguyên Binh devant la tarte au chocolat.

Ou encore pour le chef du Sofitel, la tarte au citron «a une présentation digne d’un professionnel».

La délibération prendra quelques minutes. Le choix semble difficile pour départager nos alchimistes amoureux du goût, aux horizons si divers et variés. Mais ce sera finalement la tarte au citron du chirurgien plastique Pham Phuoc Thành qui remporte le concours, avec un score de 204 points sur les 240 en jeu. «Sans doute mon métier aide à avoir un certain sens de l’esthétisme et de l’organisation. J’ai eu beaucoup de plaisir à participer. La cuisine est un loisir, et je vais continuer à m’entraîner. Une occasion aussi pour voyager par la suite», partage-t-il juste après l’annonce de sa victoire. La future diplomate Trang se hisse à la deuxième place avec sa tarte aux pommes résolument moderne, et la jeune Nguyên Hông Nhung complète le podium avec sa tarte au chocolat et sa délicieuse ganache (testée, et approuvée).

Pour les organisateurs, l’après-midi est un joli succès. Et à l’avenir ? «On espère mettre sur pied une nouvelle édition l’année prochaine, avec plus de candidats et aller un cran plus loin dans le professionnalisme», s’enthousiasme Lê Minh Anh de l’UAVF. Et qui sait, de susciter de nouvelles vocations. –CVN/VNA

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