La pastèque, un fruit à l’histoire riche et bourré de bienfaits

Pour beaucoup, la pastèque est synonyme d’été. Gorgée d’eau, la pastèque a d’autres bienfaits que le fait de nous désaltérer.

Hanoi (VNA) – Pour beaucoup, la pastèque est synonyme d’été. Il est vrai que lorsqu’il fait très chaud, rien n’est plus agréable que de croquer ce fruit taille XXL rafraîchissant et parfumé.

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Gorgée d’eau, la pastèque a d’autres bienfaits que le fait de nous désaltérer. D’abord, elle est si peu calorique que l’on peut s’en gaver jusqu’à plus soif avec, en prime, le bonheur de faire le plein de vitamines. Pour les hypertendus, rien de tel que de croquer à pleines dents ce fruit providentiel.

Pour ceux qui veulent rester jeunes, vitamine A à volonté. Même les sportifs peuvent y trouver leur compte car la cucurbitacée consommée avant l’entraînement aiderait à réduire les courbatures et à maintenir un rythme cardiaque stable. Le melon d’eau, autre nom de ce fruit béni des dieux, fait l’objet d’une belle légende vietnamienne…

Perfide jalousie

Il y a très longtemps, sous le règne du 17e roi Hùng (rois fondateurs de la nation), de riches marchands venaient nombreux pour faire des affaires au royaume du Sud. Un jour, certains d’entre eux se présentèrent au palais royal pour proposer au souverain des produits exotiques. Ils avaient avec eux un jeune garçon, enlevé dans une île lointaine, qu’ils proposèrent aussi de lui vendre comme serviteur.

Le roi acheta le garçon mais, très vite surpris par son intelligence et ses capacités, il l’éleva comme l’un de ses enfants. Lorsque son enfant adoptif atteint l’âge adulte, il le nomma Mai An Tiêm et finit par lui donner pour épouse sa propre fille. Ce privilège ne manqua pas d’éveiller la rancœur et l’envie des mandarins de la cour. Ceux-ci n’attendaient qu’une chose : noircir la réputation de Mai An Tiêm aux yeux du roi.

Pendant ce temps-là, le jeune homme vivait avec la princesse et leurs deux jeunes enfants dans une belle maison proche du palais royal. Il ne se souciait pas des intrigues des mandarins, demeuré indifférent aux regards haineux que ceux-ci lui jetaient. Et lorsque sa femme le mettait en garde contre eux, il se contentait chaque fois de lui répondre d’un ton tranquille : "Ma vie et tous mes biens, je les dois au Ciel…"

Un jour, l’un de ces mandarins surprit cette conversation entre les deux époux. Aussitôt, il fila au palais et demanda audience au roi. De façon perfide, il lui dit : "J’ai entendu de mes propres oreilles Mai An Tiêm, que vous avez pourtant, dans votre magnanimité, couvert d’honneurs et de largesses, affirmer qu’il ne vous devait rien. Tout ce qu’il possède, prétend-il, il l’a reçu du Ciel en récompenses de ses mérites…"

À ces mots, et sans chercher à en savoir plus, le roi s’étrangla de fureur. Il appela ses gardes et leur commanda d’amener Mai An Tiêm devant son conseil.

"Ingrat !, commença le roi. Je n’ai qu’une seule et unique question à te poser. Dis-moi à qui tu dois tout ce que tu possèdes !"’ "Au Ciel", répondit Mai An Tiêm sans malice. Nul ne pouvait savoir que Mai An Tiêm pensait au roi, en le comparant au Ciel.

Mais refusant toute explication, le roi le fit jeter en prison, puis rassembla ses ministres et ses conseillers pour décider la punition à lui infliger. Alors, le plus âgé des conseillers prit la parole : "Votre grâce, dit-il, il est évident que Mai An Tiêm vous a manqué de respect et de gratitude. Cela est un crime de lèse-majesté. Mais rien ne prouve qu’il y ait eu complot. Puisqu’il affirme qu’il doit tout au Ciel, laissons donc celui-ci décider de son sort. Envoyer-le sur une île déserte, et nous verrons bien s’il est écrit qu’il puisse vivre ou mourir".

La pastèque, un fruit à l’histoire riche et bourré de bienfaits ảnh 2Chaque année, du 12e au 14e jours du 3e mois lunaire, se tient une grande fête de commémoration de Mai An Tiêm dans le district de Nga Son de la province de Thanh Hoa (Centre). Photo : CTV/CVN

 
Quand la princesse eut connaissance du jugement, elle se jeta aux pieds de son père et le supplia à travers ses larmes de la laisser, ainsi que ses enfants, accompagner son époux en exil. Le roi dut lui donner son consentement. Les gardes les abandonnèrent alors dans cet endroit désert, avec seulement quelques outils et un peu de nourriture…

Récompense céleste

Mais, Mai An Tiêm et la princesse ne perdirent pas espoir. Ils construisirent une maison et labourèrent la terre en essayant d’oublier leur fatigue. Ils cherchèrent autour d’eux tout ce qu’il fallait pour survivre : de l’eau, des fruits, etc. Mai An Tiêm arriva même à fabriquer lui-même une arbalète pour chasser les oiseaux. Un jour, il en remarque un gros qui fit trois fois le tour de l’île avant de venir lâcher au-dessus de lui six graines noires et brillantes qu’il tenait dans son bec. Il les ramassa et les sema.

Ces graines arrosées avec soin ne tardèrent pas à germer. Puis, très vite, les jeunes pousses se mirent à porter des fleurs et devinrent de gros fruits tout ronds d’un beau vert foncé. Quand ils furent aussi gros qu’une tête d’homme, Mai An Tiêm en cueillit un et le trancha. La chair juteuse parut douce et rafraîchissante. Et il continua de semer à nouveau toutes les graines obtenues. Il ne fallut pas longtemps pour que l’île entière devienne un champ de pastèques.

Un jour, une jonque aborda l’île pour faire le plein d’eau potable. En débarquant, les passagers furent stupéfaits de découvrir ce champ de gros fruits qu’ils goutèrent sans hésiter. Avec sa bonté coutumière, Mai An Tiêm en offrit aux marchands quelques-uns. Peu de temps après, l’une de ces personnes se rendit au palais et présenta au roi ce fruit en expliquant qu’il vient d’une île où un jeune couple a réussi à vaincre l’adversité en le cultivant.

Conquis par la saveur de la pastèque, le roi demanda à ce qu’on lui amène ce couple si courageux. Quand il vit devant lui Mai An Tiêm et sa fille, le roi fut pris de remords et leur pardonna tout. Ainsi, Mai An Tiêm retrouva sa place au palais royal, et les jaloux cessèrent de le nuire. – CVN/VNA

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