La leçon de vie d’un maître d'arts martiaux

Le plus prestigieux et le plus noble des combats est incontestablement celui que l'on livre avec soi-même. Un adage qui s’applique à merveille à Ta Anh Dung, un enseignant d’arts martiaux unijambiste.

Hanoi (VNA) - Le plus prestigieux et le plus noble des combats est incontestablement celui que l'on livre avec soi-même. Un adage qui s’applique à merveille à Ta Anh Dung, un enseignant d’arts martiaux unijambiste.

La leçon de vie d’un maître d'arts martiaux ảnh 1Le maître d’arts martiaux unijambisteTa Anh Dung. Photo: TN/CVN

Un dimanche matin, au parc de Tao Dàn, à Hô Chi Minh-Ville. Une trentaine de jeunes s'adonnent passionnément à des mouvements d’arts martiaux, sous la houlette d'un enseignant unijambiste. Ce dernier se nomme Ta Anh Dung, 55 ans, et est titulaire d'un certificat de maître d'arts martiaux, «grade 18/18».

«Ce certificat, que j'ai obtenu il y a dix ans, ne dit rien de l'étendue du Vo Vietnam. Cet art martial est beau  et tellement varié qu’une vie ne suffit pas pour en faire le tour», confie le maître. Sur son visage se lit une passion infinie pour les arts martiaux.

En profitant des brefs moments de repos de ses élèves, Ta Anh Dung exerce des quyên (enchaînements réglementés), à mains nues ou avec des armes (épée, lance, chaîne, poignard). Sa jambe en moins ne l’empêche pas de réaliser à la perfection des mouvements, de façon à la fois souple et incisive. Selon des jeunes pratiquants qui ne cachent pas leur admiration envers leur maître amputé, plusieurs de ces quyên ont été créés par Ta Anh Dung lui-même, tels tam khuc côn, nhi khuc côn, ou encore truong côn. Un homme énergique, excellent en arts du combat mais «malheureux dans la vie privée», d'après eux.

Un destin foudroyé

«Mon père était un pratiquant d’arts martiaux dont la renommée résonnait au-delà des frontières du Vietnam, explique Ta Anh Dung. Il est tombé amoureux de ma mère, fille d’un mandarin, et il a dû, à la demande de ce dernier, renoncer à son métier pour sa famille». Ta Anh Dung a hérité de son père de cette passion. Très tôt, il a maîtrisé presque tous les enchainements, de plusieurs écoles, et s’est taillé une solide réputation dans toute la région Sud. Son rêve était alors de devenir champion d’Asie.  

Mais son destin bascule à l’âge de 21 ans. Le bateau sur lequel il se trouve a un accident, et il perd sa jambe gauche. Nul besoin de décrire l'extrême détresse de ce jeune homme pour qui le sport était toute sa vie. Mais Ta Anh Dung se ressaisit et se dit que tout n’est pas fini. Il a perdu une jambe certes, mais il lui en reste une autre, et deux bras aussi ! Savoir se tenir en équilibre sur une jambe lui a demandé des mois, et ce n’est qu’à ce moment qu’il a pu reprendre sa pratique des arts martiaux. Pour muscler sa jambe soumise à rude épreuve, il s’est mis au vélo, à la course, mais aussi à la natation et au tennis de table. Bref, un sportif accompli. Dans les années 2000, il a participé six fois à un championnat de course à pied à Hô Chi Minh-Ville, aux côtés de valides, sur un parcours de 4 km, et sans prothèse ! Sa volonté a impressionné le public.

Une leçon de vie

La leçon de vie d’un maître d'arts martiaux ảnh 2Ta Anh Dung a participé à plusieurs émissionsde télé-réalité de la Télévision du Vietnam. Photo: CTV/CVN

Animé d’une ferme volonté et d’une passion infinie pour les arts martiaux, le jeune amputé a pu maîtriser de nouveau ses chers quyên, desquels il a fait son gagne-pain. Sa vie aventureuse a touché le cœur d’une jeune fille avec laquelle il s’est marié et qui lui a donné quatre enfants. Mais un jour, lassée de cette vie qu’elle imaginait probablement moins difficile, elle a abandonné le foyer conjugal. Le brave homme a gardé auprès de lui tous les enfants, un garçon et trois filles, âgés entre 2 et 10 ans. Tous ont été initiés aux arts du combat. Sa fille Ta Thi Tô Trinh a été un temps le «noyau» de la communauté des pratiquants d’arts martiaux traditionnels du Vietnam.

Vingt ans se sont écoulés depuis le départ de sa femme. Ta Anh Dung continue de vivre de son art, mais sans présence féminine à ses côtés. «Plus d’une fois j'ai refusé l'amour d’une femme», avoue-t-il avec un léger sourire. Ses enfants ont tous pris leur envol, mais le maître ne vit pas seul. Trois de ses petits-enfants lui tiennent compagnie dans sa modeste maison. Ce qui ne lui laisse guère de temps pour bayer aux corneilles: lever à 05h00, puis emplettes au marché et préparation du petit-déjeuner pour les petits. À 07h00, livraison de journaux à domicile, puis dans la rue. À 11h00, préparation du déjeuner. À 14h00, cours d'arts martiaux. Le soir : repas, toilettes et devoirs des enfants.

Ses deux classes d’arts martiaux rassemblent une trentaine de jeunes. Nombreux sont ses anciens élèves qui vivent de leur art, ce dont il n’est pas peu fier.  «Les arts martiaux vietnamiens sont plus qu’un sport. Par leur pratique, on s’imprègne d’une culture, du caractère et de l’esprit de tout un peuple», affirme-t-il.

Ta Anh Dung a démontré qu’handicap et art martiaux n’étaient pas incompatibles. Il a aussi montré qu'il est toujours possible pour celui qui le veut vraiment, valide ou non, de reculer ses limites. - CVN/VNA

Voir plus

Le directeur du Centre de conservation des monuments de Huê, Hoàng Viêt Trung, s’exprime lors de la cérémonie. Photo : VNA

Le Festival de Huê offre une programmation foisonnante pour l’année

Le Festival de Huê 2026 revêt une importance particulière, car la ville dynamise son développement en s’appuyant sur la préservation et la promotion de son patrimoine impérial, la sauvegarde de son identité culturelle et en s’orientant vers le statut de ville patrimoniale, écologique, paysagère, respectueuse de l’environnement et intelligente.

Grande cérémonie pour la paix et la prospérité nationales sur le mont Ba Den

Grande cérémonie pour la paix et la prospérité nationales sur le mont Ba Den

Le 30 décembre 2025 (soit le 11ᵉ jour du 11ᵉ mois lunaire de l’année du Serpent), une cérémonie solennelle pour la paix et la prospérité nationales s’est tenue au sommet du mont Ba Den, en présence de plus de 500 bouddhistes et de visiteurs. Cette cérémonie a été l’occasion de formuler des prières ferventes pour la paix et la prospérité de la nation, le bien-être de tous les êtres, et d’exprimer l’espoir d’une nouvelle année placée sous le signe d’une météo favorable, d’un pays prospère et d’un peuple paisible et aisé.

Les gerbes de feux d’artifice éclatantes accueillent le Nouvel an 2026

Les gerbes de feux d’artifice éclatantes accueillent le Nouvel an 2026

Le soir du 31 décembre 2025, dans la zone du lac Hoan Kiem à Hanoï, un spectaculaire feu d’artifice s’est déroulé dans une ambiance festive, attirant une foule nombreuse de habitants et de visiteurs. Les gerbes de feux d’artifice scintillantes ont illuminé le ciel, accueillant le Nouvel an 2026.

La tireuse Trinh Thu Vinh. Photo: VNA

Les sportifs vietnamiens qui ont marqué l’année 2025

La tireuse Trinh Thu Vinh a été élue meilleure athlète vietnamienne l’année 2025, aux côtés de la canoéiste Nguyên Thi Huong, du nageur Nguyên Huy Hoàng, de la karatéka Hoàng Thi My Tâm, des athlètes Nguyên Thi Ngoc et Bui Thi Kim Anh, du gymnaste Dang Ngoc Xuân Thiên et du grand maître de xianqi Lai Ly Huynh.

Lung Cu célèbre la floraison éphémère des cerisiers. Photo: VNA

Tuyên Quang organisera son premier festival des cerisiers en fleurs pour ce printemps

L’événement, placé sous le thème «Lung Cu – Un carrefour de mille fleurs», se déroulera les 2 et 3 janvier 2026 sur le site de la maison d’hôtes communale, où les cerisiers sont en pleine floraison. Le festival offrira aux visiteurs une expérience immersive alliant culture locale et paysages saisissants des hauts plateaux rocheux.

Hanoï brille autrement grâce à une expo numérique immersive

Hanoï brille autrement grâce à une expo numérique immersive

Au 93, rue Dinh Tien Hoang, dans le quartier de Hoan Kiem, à Hanoï, l’exposition numérique « Hanoï en lumière – Lumière et patrimoine » vient d’être officiellement ouverte au public. Cet événement figure parmi les temps forts culturels et artistiques de la capitale dans le cadre des activités célébrant le Nouvel An 2026.

Les thèmes de ces impressions sont souvent liés au culte, à l’histoire, à la vie quotidienne ou aux paysages. Photo: VNA

La gravure sur bois traditionnelle de Dông Hô au patrimoine mondial, un honneur, des devoirs

Longtemps menacé de disparition, l’art de l’estampe de Dông Hô a survécu grâce à l’attachement indéfectible de maîtres artisans qui n’ont cessé d’œuvrer à la sauvegarde et à la revitalisation de cet héritage ancestral. L’inscription par l’UNESCO renforce aujourd’hui leur détermination à faire renaître un village vivant, animé à la fois par les ateliers d’artisans et par l’afflux de visiteurs désireux de découvrir et d’expérimenter cet art.

L'équipe de tournage travaille à Hanoï. Photo : VTV

Lancement de la série documentaire "Cuba et Vietnam : Frères par choix"

Une série documentaire spéciale en cinq épisodes intitulée "Cuba et Vietnam : Frères par choix" produite par la Télévision du Vietnam (VTV), en collaboration avec la version satellitaire de la principale chaîne de télévision nationale cubaine, Cubavisión International (CVI) sera sera diffusé à Cuba et au Vietnam pour célébrer le 67e anniversaire de la Fête nationale de Cuba (1 janvier 1959).