La culture de Đông Son dévoilée en banlieue de Hanoï

Le site archéologique de Vuon Chuôi, en banlieue de Hanoï, a donné de précieux artefacts de la culture de Đông Son, vieille de 2.500 ans.

Hanoï (VNA) - Le site archéologique de Vuon Chuôi, en banlieue de Hanoï, a donné de précieux artefacts de la culture de Đông Son, vieille de 2.500 ans. Les scientifiques espèrent qu’il sera reconnu site historique national spécial en vue de sa préservation.

La culture de Đông Son dévoilée en banlieue de Hanoï ảnh 1Fouilles archéologiques à Vuon Chuôi. Photo : CTV/CVN

Le site archéologique de Vuon Chuôi (Bananeraie) se situe dans le hameau de Lai Xá du district de Hoài Ðuc, à Hanoï. Sa 10e fouille, menée par l’Institut national d’archéologie et le comité de gestion des sites historiques et touristiques de Hanoï, s’est déroulée du 13 mai au 31 juillet.

Des dizaines de milliers de fragments de céramique de la culture de Đông Son, vieille de 1.800 à 2.500 ans et qui a un lien étroit avec l’époque prospère des Hùng Vuong (rois fondateurs de la nation), ont été exhumés. Découverts dans les fosses H1 et H2, chacune de 50 m², sur le côté est du site, ils sont en cours de classification au service de la recherche.

On y a également trouvé des objets en cuivre (hameçons et morceaux de petits fours) ainsi que des bijoux en pierre. En particulier, à proximité de la fosse H1, des vestiges de sépultures ont révélé des objets en pierre, céramique et bronze comme des bracelets, des brisures de jarres ou des lames de hache typiques de la culture de Đông Son. À cela s’ajoutent des traces de deux autres cultures plus anciennes : Gò Mun (il y a 2.500-3.000 ans) et Đông Đâu (3.000-3.500 ans).

D’après les archéologues, ce sont des "preuves importantes" confirmant une implantation humaine préhistorique à l’ouest de Hanoï aujourd’hui. Pour la Dr. Nguyên Anh Thu, qui a directement participé aux fouilles à Vuon Chuôi, "le nombre important d’artefacts trouvés qui se concentrent dans un même endroit restreint laisse présumer que le propriétaire de la tombe était un notable".  Selon le Pr. associé-Dr. Tông Trung Tín, président de l’Association d’archéologie du Vietnam, Vuon Chuôi est un site archéologique de l’époque de Hùng Vuong extrêmement rare et donc précieux, puisque recelant des vestiges culturels de différentes périodes historiques consécutives, de Đông Đâu à Gò Mun puis à Đông Son. "Un site avec autant d’étapes culturelles qui se chevauchent comme Vuon Chuôi est très rare", estime-t-il.

Son point de vue est partagé par le Pr. associé-Dr. Nguyên Van Huy, ancien directeur du Musée d’ethnologie du Vietnam, qui gère actuellement le musée privée Nguyên Van Huyên à Lai Xá. "Ce site archéologique d’environ 20.000 m² est très original car il recèle de nombreuses traces d’anciens Vietnamiens au travers de 3.500 ans d’histoire, des cultures de Đông Đâu, Gò Mun, à Đông Son", juge-t-il.

Une sauvegarde cruciale

En effet, Vuon Chuôi attire les archéologues vietnamiens et étrangers depuis longtemps. En 1969, il a même accueilli une délégation d’experts allemands, qui ont conclu que ce site pourrait concentrer 3.500 ans d’histoire. Les scientifiques espèrent trouver, lors des prochaines fouilles, plus de traces des cultures Gò Mun et Đông Đâu. Malgré sa richesse, Vuon Chuôi est négligé depuis de nombreuses années, avec comme conséquences des fouilles sauvages ici et là. Depuis 2007, il fait partie d’un projet de développement des infrastructures de transport et socio-économiques de la ville.

La culture de Đông Son dévoilée en banlieue de Hanoï ảnh 2Objets trouvés lors des fouilles de Vuon Chuôi exposés dans le village de Lai Xá. Photo : CTV/CVN

Soucieux du risque de destruction de Vuon Chuôi car "non loin des fosses rugissent le bruit des pelleteuses", le Pr. associé-Dr. Nguyên Van Huy espère que les autorités de Hanoï viendront sur le terrain pour trouver un moyen de le sauver en tant que parc archéologique de l’époque de Hùng Vuong. Il souhaite aussi une reconnaissance comme site historique national, voire site historique national spécial. "Les résultats des fouilles suffisent pour le classer. Sinon, on ne pourra pas le protéger”, insiste-t-il.

Face au risque qu’il soit rayé de la carte, de nombreux scientifiques et communautés locales ont plaidé pour un plan de préservation de ce patrimoine culturel précieux pour les générations suivantes. Et leurs efforts ne sont pas vains. Les autorités municipales ont enfin opté pour un plan de recherche et de préservation de Vuon Chuôi.

Actuellement, le groupe d’experts en charge de la sauvegarde du site achève les démarches nécessaires afin de pouvoir organiser prochainement un séminaire scientifique pour évaluer les résultats des dernières fouilles. Il a proposé deux solutions de conservation : soit le terrain est remis au maître d’ouvrage qui le mettra en valeur après l’achèvement des fouilles, soit on en fait un parc archéologique qui, dans l’avenir, avec les musées de Lai Xá et Nguyên Van Huyên, deviendra une nouvelle destination touristique de la capitale.

La Pr-Dr. Lâm Thi My Dung, directrice du Musée de l’homologie de l’Université des sciences sociales et humaines (Université nationale de Hanoï), est partisane de la deuxième solution : "Il y a ici des villageois qui sont attachés au site et qui sont prêts à en assurer le gardiennage. De plus, Lai Xá a deux musées privés. Avec les aides des gestionnaires de ces établissements, je pense que les activités de protection seront plus faciles".  -CVN/VNA

Voir plus

Une performance de don ca tai tu. Photo: VNA

Le don ca tai tu, levier du développement touristique à Tây Ninh

Reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel représentatif de l’humanité, le don ca tài tu (chant des amateurs du Sud) du Vietnam n’est pas seulement une forme d’art populaire, mais aussi la quintessence de la vie spirituelle, de l’identité et du caractère des habitants méridionaux.

Hanoï érige la culture en pilier de son développement

Hanoï érige la culture en pilier de son développement

Après la promulgation par le Bureau politique de la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, la capitale Hanoï s’emploie progressivement à concrétiser les objectifs et orientations qui y sont définis.
Au-delà des déclarations d’intention ou des actions de façade, l’ambition de faire de la culture un pilier du développement est désormais traduite en mesures concrètes, mises en œuvre de manière plus efficace et appelées à produire un large rayonnement.

La pièce «Thi Mâu voyage à travers le temps». Photo : hanoi.gov.vn

À Hanoi, l’automne aux couleurs des arts de la scène

Le festival mettra en lumière des œuvres reflétant la richesse culturelle et historique de Hanoi, de son peuple et de son identité, avec des productions exceptionnelles dans un large éventail de genres théâtraux, notamment le cheo (théâtre populaire), le cai luong (théâtre rénové), le théâtre, les comédies musicales, le cirque, le théâtre de marionnettes et le tuông (théâtre classique).

Les vastes plaines alluviales qui bordent la rivière Cà Lô sont un lieu idéal pour camper le week-end. Photo : VNP

La dynamique de développement des villages d’artisanat

Au cœur des profondes mutations de notre époque, où le développement ne se mesure plus seulement à la vitesse de croissance mais aussi à la richesse de l’identité, la Résolution n°80-NQ/TW ouvre une nouvelle perspective : la culture ne suit plus le mouvement, elle l’accompagne et en devient un moteur d’impulsion.

Contrairement aux estampes polychromes, la peinture de Sinh utilise la matrice uniquement pour imprimer les contours, la coloration étant ensuite réalisée à la main, ce qui rend chaque œuvre unique. Photo : VNA

Les derniers gardiens de l'art des estampes populaires du village de Sinh à Hue

Ancré depuis plus de quatre siècles dans la vie spirituelle des habitants de l’ancienne cité impériale, l’art des estampes populaires du village de Sinh (quartier de Duong No, ville de Hue) a longtemps été au bord de l’extinction. Aujourd’hui relancé, ce savoir-faire ancestral ne survit pourtant encore qu’à travers les gestes d’une poignée d’artisans, posant avec acuité la question de la préservation d’un patrimoine populaire intimement lié aux croyances et à l’identité culturelle locale.

Des délégués et des citoyens visitent l'espace d'exposition du Musée de Hanoï. Photo : VNA

Pour faire de la culture un moteur du décollage touristique

Portée par la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, Hanoï accélère la valorisation de son immense patrimoine afin de faire de la culture un moteur de croissance durable, de dynamisme touristique et de créativité urbaine, malgré des défis persistants liés à la numérisation, aux infrastructures et à l’attractivité des produits culturels.

Dans le processus d’intégration internationale, la culture joue un rôle essentiel, contribuant à préserver l’identité nationale face aux influences extérieures et façonnant l’image du Vietnam dans le monde. Photo: VNA

Culture vietnamienne à l’ère numérique : entre valorisation et nouveaux défis

À l’ère du numérique, la promotion et la protection de l’identité culturelle vietnamienne sur Internet deviennent un enjeu stratégique. Si la technologie offre un second souffle aux valeurs traditionnelles, elle impose également de nouveaux défis face aux contenus inappropriés et à la nécessité de renforcer la « résistance culturelle » des citoyens.

Pagode Cuong Xa : record asiatique de murs gravés de svastikas

Pagode Cuong Xa : record asiatique de murs gravés de svastikas

La pagode Cuong Xa, connue sous le nom de Quynh Khau Tu (« Monticule de Jade »), située dans le quartier de Tan Hung à Hai Phong, a reçu, le 3 mai, un record asiatique pour son vaste ensemble de murs de pierre gravés du symbole bouddhiste du svastika.

Les Journées européennes de littérature 2026 se tiendront du 7 au 17 mai. Photo : organisateurs

Voyage savoureux à travers Hanoi et les univers de la littérature européenne

Les Journées de la littérature européenne reviennent au Vietnam en 2026 avec un thème central : la solitude et la solidarité. Elles marquent à la fois le retour de l’un des festivals littéraires européens les plus importants au Vietnam et le retour à l’une des préoccupations les plus profondes de la littérature : le désir humain de connexion par-delà la distance et la différence.