La brève histoire du mouton au Vietnam

Le Vietnam ne relève pas de la civilisation du mouton. Ce dernier est absent dans nos proverbes et chansons populaires. Les Vietnamiens ont sans doute connu seulement cet animal au temps de la colonisation
Hanoi (VNA) – Notre pays ne relève pas de la civilisation du mouton. Ce dernier est absent dans nos proverbes et chansons populaires. Les Vietnamiens ont sans doute connu seulement cet animal au temps de la colonisation française.
La brève histoire du mouton au Vietnam ảnh 1Élevage de moutons dans le Centre du Vietnam. Photo : CTV/CVN

La fameuse longue fable satirique en vers nôm (idéogrammes vietnamiens) Luc suc tranh công (Querelle des six animaux domestiques) ne mentionne que six animaux domestiques des campagnes : buffle, chien, cheval, chèvre, coq et porc.

Dans les écoles primaires supérieures, les élèves vietnamiens de 13 à 14 ans faisaient connaissance avec les moutons et les mœurs pastorales grâce aux Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet, écrivain du XIXe siècle qui chantait sa Provence natale avec attendrissement et humour.

Le mouton dans la littérature

Voici le retour des moutons à la plaine à la fin de la transhumance dans les montagnes : "Puis tout à coup, vers le soir, un grand cri Les voilà ! et là-bas, au lointain, nous voyons le troupeau s’avancer dans une gloire de poussière. Toute la route semble marcher avec lui"…

Le défilé, puis le remue-ménage dans la ferme. "Je vous jure, écrit Daudet, que je ne donnerais pas ce spectacle pour toutes les premières que vous avez eues à Paris".

Le récit "Les étoiles" émouvait les petits Vietnamiens par la pureté des sentiments et la fraîcheur de l’écriture. Un jeune berger mène une vie solitaire dans la montagne. Un après-midi, la jolie "demoiselle", fille du patron, vient en personne lui apporter les vivres de quinzaine. Surprise par la pluie, elle doit passer la nuit dans l’enclos des moutons. Ravi, le berger lui offre à manger.
 
Après lui avoir préparé sa couche, il va s’asseoir dehors, près d’un feu de bois : "Dieu m’est témoin que malgré le feu d’amour qui me brûlait le sang, aucune mauvaise pensée ne me vint… Jamais le ciel ne m’avait paru si profond, les étoiles si brillantes".

Bientôt, la demoiselle, ne pouvant fermer l’œil, vint rejoindre le berger. Ils s’asseyaient côte à côte. Il lui montra les étoiles et lui raconta leur histoire. Tout à coup, "je sentis sa tête alourdie de sommeil qui s’appuyait contre moi… Je la regardais dormir, un peu troublé au fond de mon être, mais saintement protégé par cette claire nuit qui ne m’a jamais donné que de belles pensées. Autour de nous, les étoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand troupeau, et par moments, je me figurais qu’une de ces étoiles, la plus fine, la plus brillante, ayant perdu sa route, était venue se poser sur mon épaule pour dormir".

Le charme bucolique des mœurs pastorales évoqué par Daudet s’est évanoui par suite de l’industrialisation de l’élevage. Les effectifs mondiaux de moutons atteignent un milliard de têtes. L’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’ex-URSS, l’Argentine se classent en tête pour le nombre de troupeaux. L’Australie produit le plus de laine, surtout pour l’exportation. Une grande partie de la production laitière vient du bassin méditerranéen.

La brebis, un animal de sacrifice

Le mouton semble avoir été domestiqué il y a 9.000 ans, dans les montagnes au Nord de l’Iran ou de l’Inde. Il va sans dire qu’il a marqué profondément les cultures des peuples éleveurs. Leur folklore, leur fonds linguistique, leurs mœurs et coutumes donnent souvent au mouton un profil caractérisé, celui de la douceur, de l’innocence, d’une candeur qui frise l’imbécillité et la passivité totale.
 
Selon une métaphore fréquente dans la Bible, les chrétiens sont des brebis gardées par le Pasteur (Jésus) et ses ministres.

Par contre, une vieille légende irlandaise rapporte que trois moutons noirs au pelage hérissé de pointes de fer ont foncé sur l’ennemi, semant la terreur ; ils représentent la magie.

Dans l’astrologie occidentale, le premier signe du Zodiaque est le Bélier qui correspond à l’équinoxe de printemps. Une personne née sous le signe du Bélier est censée être violente, sanguine. Chez beaucoup de peuples (Égypte, Grèce, Inde, Chine…), le bélier représente la virilité, le feu créateur, la fécondité printanière. Les Hébreux, les chrétiens et les musulmans considèrent la brebis comme l’animal de sacrifice par excellence.

Le mouton a fait son apparition au Vietnam, à Phan Rang, province de Ninh Thuân (Centre). Il m’a été donné de visiter l’année dernière cette terre aride incendiée par le soleil et battue par les vents marins. Dans le cadre de la campagne de verdissement du mont Cà Son, l’ingénieur Nguyên Xuân An avait lancé l’élevage de moutons en 1995. En dix ans, le cheptel est passé de 50 à 1.500 têtes.

M. An donne ses troupeaux (chacun de 130) à ferme à 12 foyers, chacun jouissant de 7% des bénéfices (en moyenne 30 millions de dôngs par an, revenu alléchant pour les paysans, puisque le traitement mensuel d’un fonctionnaire moyen ne dépasse pas 500.000 dôngs).

La part de l’exportation mise à part, notre consommation intérieure ne pourra augmenter que dans la mesure où les Vietnamiens se seront habitués au goût du lait et de la viande de mouton. En tout cas, l’élevage du mouton au Vietnam est un acquis positif de la mondialisation qui ne favorise en général que les pays nantis. -
Huu Ngoc/CVN/VNA

Voir plus

Le Sud du Vietnam abrite de nombreux villages horticoles et jardins spécialisés dans les plantes ornementales, dont l’histoire remonte à plusieurs décennies. Parmi eux, le village de Sa Dec, dans la province de Dông Thap, qui est considéré comme la plus vaste région de culture florale dédiée au Têt dans le delta du Mékong. Fort d’un passé centenaire, Sa Dec voit, en fin d’année, ses jardins s’animer afin d’ajuster les cycles de floraison et d’assurer un approvisionnement conforme aux besoins du marché du Têt. Photos: VNP

Dans le Sud règne l’effervescence florale à l’approche du Têt

La décoration intérieure à base de fleurs fraîches et de plantes ornementales pendant le Têt constitue une tradition culturelle vietnamienne ancestrale et précieuse. Elle symbolise les vœux de retrouvailles familiales, de prospérité et d’un nouveau départ empreint de sérénité. Dans le Sud du Vietnam, la culture florale du Têt bat son plein, les provinces et les villes mobilisant leurs productions afin de répondre à la demande croissante à l’approche du Nouvel An lunaire 2026.

Présentation de produits OCOP. Photo: VNA

À Hanoï, des espaces culturels et commerciaux au service du Tet 2026

Selon Nguyen The Hiep, directeur adjoint du Service municipal de l’industrie et du commerce, ces initiatives s’inscrivent dans la mise en œuvre de la directive n°05-CT/TU du Comité municipal du Parti de Hanoï relative à l’organisation des activités d’accueil du Nouvel An lunaire 2026.

Distribution de l’étrenne du Nouvel An aux représentants des personnes âgées et aux enfants au Mozambique. Photo : Ambassade du Vietnam au Mozambique

Un avant-goût du Têt vietnamien au Laos et au Mozambique

L’école bilingue lao-vietnamienne Nguyen Du a réuni ses élèves, Lao et Vietnamiens, le 3 février pour un atelier traditionnel de confection de bánh chưng (gâteau de riz gluant carré), à l’approche du Nouvel An lunaire (Têt) 2026.

La Semaine de l’"áo dài" London 2026 (Ao Dai Fashion Week London 2026) se tiendra du 19 au 21 septembre 2026 à Londres. Photo: VNA

Ao Dai Fashion Week London : l'"áo dài" sur les catwalks de Londres fin 2026

Placée sous le thème évocateur « A Runway of Heritage, A Future of Style » (Un podium du patrimoine, un avenir de style), l'événement Ao Dai Fashion Week London ambitionne de promouvoir l’"áo dài" comme un élément vivant du patrimoine vietnamien, tout en construisant un écosystème reliant culture, communauté, créativité et commerce entre le Vietnam et le monde.

Une représentation dans le cadre du programme politico-artistique intitulé « Duong lên phia truoc » (La voie à suivre), à Hanoi, le 4 février. Photo : VNA

La voie à suivre, une symphonie artistique pour les 96 ans du Parti

Ce programme visait à revisiter les traditions révolutionnaires de la nation et à réaffirmer le rôle prépondérant du Parti tout au long du processus révolutionnaire, de la lutte pour l’indépendance nationale à la construction et au développement du pays durant la période de renouveau et d’intégration internationale.

Croustillant à l’extérieur, savoureux à l’intérieur : le nem, rouleau frit emblématique du Vietnam, incarne à lui seul la richesse et la convivialité de sa gastronomie. Photo : VNA

Les artisans de la cuisine, vecteurs de l’image des destinations vietnamiennes

Dans un contexte où de nombreux plats vietnamiens sont régulièrement distingués dans des classements gastronomiques internationaux prestigieux, la professionnalisation du métier de cuisinier et la valorisation des talents d’exception apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer l’attractivité du tourisme vietnamien.