Jeux paralympiques de Paris 2024: Les autres héros du sport vietnamien

Les Jeux paralympiques, du 28 août au 8 septembre à Paris, en France, permettent de découvrir sept athlètes vietnamiens qui sont, par delà leur talent et leur rage de vaincre, des êtres d’exception.

Sept sportifs de la délégation vietnamienne participant aux Jeux paralympiques, du 28 août au 8 septembre à Paris. Photo: VNA
Sept sportifs de la délégation vietnamienne participant aux Jeux paralympiques, du 28 août au 8 septembre à Paris. Photo: VNA

Hanoi (VNA) – Les Jeux paralympiques, du 28 août au 8 septembre à Paris, en France, permettent de découvrir sept athlètes vietnamiens qui sont, par delà leur talent et leur rage de vaincre, des êtres d’exception.

Le powerlifteur Lê Van Công

Né en 1984 dans une famille paysanne à Hà Tinh (Centre), Lê Van Công a vu ses jambes atrophiées dès la naissance en raison de la dengue contractée par sa mère pendant sa grossesse. Malgré une enfance et une adolescence marquées par son handicap, il a toujours montré une volonté ardente de surmonter les obstacles.

L’année 2005 marque un tournant dans sa vie lorsqu’il rencontre l’entraîneur Nguyên Hông Phuc dans un club de formation pour personnes handicapées à Hô Chi Minh-Ville, où il commence à s’investir dans l’haltérophilie. Après avoir remporté une médaille d’argent lors de sa première compétition dans la catégorie des moins de 49 kg, il persévère tout en travaillant pour subvenir à ses besoins. Lê Van Công devient alors une figure emblématique de l’haltérophilie handisport au Vietnam.

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Le para-haltérophilie vietnamien Lê Van Công remporte une médaille de bronze dans la catégorie hommes jusqu’à 49 kg à la Porte de La Chapelle, le 4 septembre. Photo: soha.vn

Sa collection de médailles comprend des médailles d’or dans des compétitions régionales, continentales et mondiales. Son plus grand succès est sa médaille d’or aux Jeux paralympiques de Rio de Janeiro en 2016, où il établit également un record du monde en soulevant 183 kg. En 2017, il bat de nouveau son propre record en soulevant 183,5 kg lors des Championnats du monde, un record qui demeure inégalé à ce jour. Il remporte également une médaille d’argent aux Jeux paralympiques de Tokyo en 2021.

Sa collection de médailles s’étoffe, mais cela s’accompagne d’une blessure chronique à l’épaule, le contraignant à recevoir régulièrement des injections d’antidouleur pour s’entraîner et concourir. Pour sa troisième participation aux Jeux paralympiques, le sportif nourrit toujours l’espoir de remporter une médaille à Paris et d’apporter la gloire à son pays.

Double champion des ASIAN Para Games

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Le powerlifteur Nguyên Binh An (-54 kg) a battu le record des Jeux paralympiques d’Asie à deux reprises. Photo : VNA

Né en 1985 dans une région pauvre de la province de Trà Vinh (Sud), le destin de Nguyên Binh An est en contraste total avec son nom, qui signifie “en paix”. À l’âge de six ans, sa situation familiale difficile, combinée à l’atrophie progressive de ses jambes, rend la vie de Binh An de plus en plus pénible. En 1999, il est orienté vers un centre de soins pour enfants en situation spéciale dans sa province natale pour apprendre la couture, mais cela ne lui suffit pas.

Pendant les 15 années suivantes, ce jeune homme en fauteuil roulant vend des tickets de loterie pour survivre, tout en rêvant de participer à des compétitions d’haltérophilie, une passion née en regardant les Jeux paralympiques d’Asie du Sud-Est (ASEAN Para Games) 2003 à la télévision. Cependant, il n’y avait pas d’infrastructures d’entraînement à Trà Vinh. Ce n’est qu’en 2010 que Binh An se fait connaître en remportant une médaille d’or lors des championnats nationaux. Par la suite, les succès s'enchaînent grâce à son travail acharné, sa forte volonté et le soutien des entraîneurs de l’équipe d’haltérophilie handisport.

Le point culminant de la carrière de Binh An est ses deux médailles d’or aux Jeux paralympiques d’Asie (ASIAN Para Games) en 2014 et 2018, ainsi qu’un titre de champion du monde en 2016. Nguyên Binh An est l’un des espoirs de médaille du Vietnam aux Jeux paralympiques de Paris. À 39 ans, il est devenu un exemple de détermination et de résilience.

La reine de l’haltérophilie

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La powerlifteur Dang Thi Linh Phuong (-50 kg), détentrice de la médaille de bronze des Jeux paralympiques de Rio de Janeiro 2020 au Brésil. Photo : VNA

Dang Thi Linh Phuong est née en 1983 à Hô Chi Minh-Ville. Souffrant d’un handicap aux jambes, elle est envoyée dès sa naissance dans un orphelinat en raison de conditions familiales très difficiles. Par la suite, sa grand-mère et son oncle l’accueillent pour s’occuper d’elle.

Malgré de nombreuses difficultés, Linh Phuong réussit à terminer un programme de rattrapage de cinquième année avec l’aide d’un voisin, puis trouve un emploi dans une entreprise d’artisanat près de chez elle pour aider sa grand-mère à subvenir à leurs besoins. Sa vie est de nouveau bouleversée lorsque sa grand-mère décède alors qu’elle a 20 ans, et les difficultés reviennent. Ce n’est qu’à 27 ans qu’elle se tourne vers le sport, pensant que cela l’aiderait à se distraire.

C’est grâce à l’entraîneur Nguyên Hông Phuc, qui découvre ses qualités exceptionnelles et la convainc de se consacrer à l’haltérophilie, que l’handisport vietnamien trouve une véritable reine, affichant des résultats remarquables en peu de temps.

Linh Phuong remporte sa première médaille d’or dans la catégorie féminine des 50 kg lors des ASEAN Para Games 2011, suivie de médailles aux championnats d’Asie et du monde. Aux Jeux paralympiques de Rio 2016, elle devient la première femme à remporter une médaille pour l’handisport vietnamien, décrochant une médaille de bronze. Elle rêve maintenant de monter à nouveau sur le podium à Paris.

“Vieille femme énergique”

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La powerlifteur Châu Hoàng Tuyêt Loan a battu à dix reprises son propre record aux Jeux paralympiques d’Asie du Sud-Est. Photo : VNA

Née en 1975, Châu Hoàng Tuyêt Loan est l’athlète la plus âgée de la délégation vietnamienne participant aux Jeux paralympiques de Paris, avec cinq participations à ce plus grand rendez-vous de l’handisport mondial, un record national. Elle n’est pas seulement la doyenne de la sélection nationale, mais aussi l’une des athlètes les plus remarquables, titrée à chaque édition des Jeux paralympiques d’Asie du Sud-Est auxquelles elle a participé.

Depuis 2005, surnommée “Bà già gân” (littéralement : Vieille femme énergique), elle a battu son propre record à dix reprises lors de ces jeux. Derrière toutes ces médailles et ces records se cache une histoire émouvante sur le parcours de cette dame, qui garde toujours le sourire aux lèvres.

À l’âge de 6 mois, Tuyêt Loan est frappée par la poliomyélite, ce qui l’empêche de marcher. Elle perd son père très tôt et, à 15 ans, elle doit jongler avec divers petits boulots pour survivre. Le sort frappe encore, car depuis 2010, les médecins découvrent qu’elle souffre d’un cancer du nasopharynx. Depuis lors, elle continue à se battre entre traitements, travail, entraînement, médailles, et se prépare à participer aux Jeux paralympiques de Paris.

Nouvelle étoile de l’athlétisme

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L’athlète Nguyên Khanh Minh est prêt pour les Jeux paralympiques de Paris 2024. Photo : VNA

Nguyên Khanh Minh, 28 ans, est le plus jeune membre de la délégation vietnamienne aux Jeux paralympiques de Paris. Il est probablement le seul à ne pas avoir une histoire aussi tragique que celle de nombreux autres coéquipiers. L’athlète vit à Hô Chi Minh-Ville avec sa famille. Dès son enfance, il était un garçon tout à fait normal, mais à l’âge de 8 ans, sa vue commence à décliner malgré de nombreux traitements. À 18 ans, il perd presque complètement la vue.

Passionné de sport, Khanh Minh décide de s’entraîner professionnellement en athlétisme, consacrant quatre à cinq heures par jour depuis sa rencontre avec l’entraîneur Dang Van Phuc. Lors de ses premiers ASIAN Para Games en 2018, il remporte une médaille d’argent et une de bronze, puis continue avec une médaille d’argent à Guangzhou (Chine) l’année dernière. En particulier, Khanh Minh atteint le Top 6 mondial dans l’épreuve du 400 m (catégorie T12 sans guide) et se distingue comme un nouvel espoir pour l’athlétisme handisport vietnamien. Khanh Minh déclare : “Il est déjà difficile de courir vite pour les personnes normales, et c’est encore plus compliqué pour les malvoyants. Mais cela ne m’a pas découragé. Je suis prêt pour les Jeux paralympiques avec l’envie de me donner à fond”.

Deux espoirs dans le bassin

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Le nageur Dô Thanh Hai. Photo : VNA

Les Jeux paralympiques de Paris sont un moment important pour l’handisport vietnamien avec la présence de ses deux “nageurs” de catégorie SB5 dans l’épreuve du 100 m brasse, qui ont obtenu leur place grâce à l’universalité (quotas favorisant le développement du sport, en offrant des chances égales à des pays émergents pour participer aux JO de Paris). Ce résultat est une récompense méritée pour leurs efforts déployés et leur affirmation de soi, témoignant de leurs succès récents sur la scène régionale et continentale.

La compétition dans le bassin entre ces deux nageurs promet d’être palpitante, avec de nombreuses médailles en jeu pour la sélection nationale de natation handisport. Dô Thanh Hai, 34 ans, a récemment remporté quatre médailles d’or lors des ASEAN Para Games 2023. L’année 2024 marque sa troisième participation aux Jeux paralympiques. Il affrontera de nouveau Lê Tiên Dat, qui a également remporté quatre médailles d’or et battu deux records lors des derniers ASEAN Para Games.

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Le nageur Lê Tiên Dat. Photo : VNA

Lors des ASIAN Para Games 2023 à Guangzhou, en Chine, Tiên Dat et Thanh Hai étaient respectivement champion et vice-champion du 100 m brasse de la catégorie SB5. Dans la piscine, ils sont adversaires ; en dehors, ils sont coéquipiers, s’entraidant et partageant les difficultés de la vie. Le chemin vers les Jeux paralympiques témoigne des efforts considérables de ce duo de nageurs, et les fans espèrent une fois de plus les voir triompher à Paris. – CVN/VNA

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