Les médecins vietnamiens de l’hôpital CRPP au chevet d’une patiente cambodgienne. Photo : CVN
 
 
Ho Chi Minh-Ville (VNA) - Situé dans l’arrondissement de Meanchey à Phnom Penh, l’hôpital Cho Rây de Phnom Penh (CRPP) est depuis longtemps un lieu où les Cambodgiens se font soigner. Symbole de la coopération médicale bilatérale.

Mis en chantier en mai 2010, l’hôpital Cho Rây de Phnom Penh (CRPP) a été construit dans le cadre des relations amicales entre le Vietnam et le Cambodge, pour un investissement de 40 millions de dollars. Situé à 10 km du centre de Phnom Penh, capitale du Cambodge, il a été mis en service en janvier 2014. C’est le premier ouvrage de pointe issu de la coopération en matière d’investissement entre le Vietnam et le Cambodge dans le domaine de la santé. Il est considéré comme un "enfant commun" des deux gouvernements. En conséquence, la majorité des médecins et des unités en fonction à cet établissement viennent directement de l’hôpital Cho Rây de Hô Chi Minh-Ville (CRHCM).

Gagner la confiance des patients

Selon le plan initial, l’hôpital CRPP devait devenir un centre moderne, aux normes internationales, avec 200 lits et de nombreux départements: interne, pédiatrie, obstétrique, urgences et soins intensifs, médecine générale et ambulatoire, radiologie, laboratoire... Cependant, avec un coût d’hospitalisation fixé à 100 dollars par lit et par jour, il fut quelque peu boudé à ses débuts.

Le médecin Pham Ngoc Nguon, chef du Département des examens, a rappelé qu’au début l’hôpital a connu de grosses difficultés en raison du manque de patients. "Parfois nous n’avions que deux patients par jour. Face à cette situation, les dirigeants ont décidé de modifier leurs politiques relatives aux frais d’hospitalisation afin qu’ils s’adaptent à la situation socio-économique du peuple cambodgien", a-t-il raconté.

Grâce à ces changements, l’établissement a commencé à attirer de plus en plus de patients. Actuellement, le nombre de visites médicales a considérablement augmenté pour atteindre plus de 1.700 personnes/jour. De même, le nombre moyen de patients hospitalisés est passé de plus de 1.200 (en 2014) à près de 5.600 patients (en 2018). Cela signifie que les Cambodgiens ont une grande confiance dans le personnel médical cet hôpital. Même le "maître-moine" Tep Vong, vénéré comme le "roi des moines" du Cambodge, l’a choisi pour se faire soigner.

Nguyên Tri Thuc, directeur de l’hôpital CRPP pour le mandat 2015-2016, a déclaré être très fier du déploiement de nombreux services et techniques médicales tels que pose de prothèses de hanche, chirurgie endoscopique, l’implantation de stimulateur cardiaque...

Améliorer continuellement les services

Un laboratoire à l'hôpital Cho Rây de Phnom Penh. Photo : VNA
 
L’endoscopie oto-rhino-laryn-gologique étant une technique difficile et donc peu répandue dans les hôpitaux cambodgiens, l’hôpital CRPP a été pionnier dans le domaine. "Bien que nous connaissions les difficultés lorsque nous appliquons des techniques spécialisées dans un autre pays, nous n’avons jamais perdu notre sang-froid et avons donc agi en professionnels. Résultat: la population de la capitale cambodgienne nous accorde toute sa confiance", a déclaré Nguyên Tri Thuc.

Après cinq ans d’existence, l’hôpital Cho Rây de Phnom Penh se compose actuellement de 21 départements et unités comptant 314 employés. Le Dr Trân Thanh Tùng, directeur de l’hôpital, a déclaré qu’afin d’améliorer la qualité des services ainsi que l’efficacité des examens et traitements médicaux, l’établissement aura prochainement recours à de nouveaux procédés tels que l’hémodialyse artificielle, la chirurgie endoscopique nasale, la chirurgie plastique, l’imagerie par résonance magnétique (IRM)...

Par ailleurs, la formation de ressources humaines qualifiées fut et reste la préoccupation du centre hospitalier. Par conséquent, 86 médecins, infirmiers et techniciens médicaux ont été recrutés et formés au Vietnam depuis 2014.

Dans la même veine, chaque semaine, un groupe de médecin de l’hôpital CRHCM est envoyé à l’antenne de Phnom Penh pour assurer la rotation des équipes.

Bien que l’hôpital CRHCM ne possède pas de départements d’obstétrique et de pédiatrie, plusieurs médecins sont partis étudier à l’hôpital Tu Du, Hùng Vuong,  Pédiatrique 1 et 2 à Hô Chi Minh-Ville. Selon les statistiques, depuis 2014, l’hôpital CRHCM et ses partenaires ont transféré à l’hôpital CRPP 1.898 techniques de test en laboratoire, médecine interne, médecin d’urgence, obstétrique et gynécologie.

Le Professeur Nguyên Truong Son, directeur de l’hôpital CRHCM, a partagé que l’hôpital CRPP était le "frère" de son établissement. Par conséquent, l’appui à la construction et au développement de cet hôpital incombe au conseil de direction et au personnel de l’hôpital CRHCM. Au cours des cinq dernières années, en plus de l’envoi de spécialistes, cet hôpital a fourni des aides financières, des investissements en équipement, des formations à destination des médecins cambodgiens...

"Avec ces efforts inlassables, nous espérons amener l’hôpital CRPP vers des sommets dans le domaine de la santé au Cambodge, contribuant ainsi à l’amitié entre les deux pays", a souligné Nguyên Truong Son.

Ces efforts ont répondu aux attentes du Premier ministre cambodgien Hun Sen, après la signature de l’accord de coopération pour la construction de l’hôpital CRPP. Cette coopération permet non seulement aux Cambodgiens de se faire soigner sur place, mais aussi de réduire de nombreux frais relatifs aux traitements. En plus,  elle apporte  aux médecins cambodgiens des moyens d’améliorer leurs compétences  professionnelles via les contacts avec leurs homologues vietnamiens.-CVN/VNA