Avec une économie nationale en forte croissance (8,02% en 2025), les 63 provinces et villes vietnamiennes se développent chacune à leur rythme mais des disparités importantes demeurent.
Malgré les incertitudes mondiales, les régions motrices, notamment le delta du fleuve Rouge et le Sud-Est, conservent leur rôle de piliers de la croissance nationale, a déclaré Nguyen Thi Huong, directrice générale de l'Office général des statistiques (GSO), lors d'une conférence de presse, tenue le 5 janvier à Hanoï.
La domination des pôles économiques
Selon le rapport du GSO sur l’économie nationale en 2025, le delta du fleuve Rouge s'affirme comme la région la plus dynamique du pays. Son taux de croissance est estimé à 9,74 %, contribuant à plus de 36 % de la croissance totale du Vietnam. Cette performance repose sur la stabilité de la capitale, Hanoï, mais surtout sur l'essor des satellites industriels.
Quang Ninh et Hai Phong figurent en tête de liste avec des taux respectifs de 11,89 % et 11,81 %. Ces chiffres s'expliquent par une absorption efficace des investissements directs étrangers (IDE) et la montée en puissance de grands complexes industriels, tels que le pôle automobile Thanh Cong Viet Hung à Quang Ninh ou l'écosystème VinFast et LG à Hai Phong.
En 2025, l'impact des fusions administratives a été très important dans cette dynamique positive. La fusion de Bac Ninh et Bac Giang a par exemple permis de créer un centre de fabrication technologique de classe mondiale, affichant une croissance de 10,3 % grâce à l'expansion de géants comme Samsung et Amkor.
Dans le Sud, la région du Sud-Est contribue à plus de 31 % de la croissance nationale. Hô Chi Minh-Ville a enregistré une hausse de 7,53 %, portée par le secteur des services (finance, logistique, économie numérique) qui représente près de 66 % de sa croissance. La province de Dong Nai suit avec 9,63 %, stimulée par le chantier de l'aéroport international de Long Thanh. Au Centre, Da Nang retrouve son rythme de croissance avec 9,18 %, portée par le tourisme et le secteur de la construction.
Le défi des disparités régionales
Cependant, la directrice du GSO, Nguyen Thi Huong, a souligné que la reprise reste inégale. Certaines localités comme Vinh Long, Thai Nguyen ou Tuyen Quang affichent des taux inférieurs à 7 %. Ces provinces peinent en raison d'une structure économique trop dépendante de l'agriculture traditionnelle, de l'industrie minière ou de la sous-traitance à faible valeur ajoutée.
Le rapport indique que de nombreuses régions dépendent encore trop des ressources naturelles et d'une main-d'œuvre abondante, sans transition réelle vers l'innovation ou l'économie verte. Sans politiques d'ajustement rapides, l'écart de richesse entre les pôles de croissance et les zones en difficulté risque de s'accentuer, a indiqué Nguyen Thi Huong.
Pour remédier à ces déséquilibres, le GSO préconise de concentrer les investissements publics sur des infrastructures de transport stratégiques. L'objectif est de relier plus efficacement les provinces en difficulté aux grands pôles économiques.
Les autorités locales sont invitées à adopter des scénarios de croissance plus flexibles, en privilégiant l'amélioration de la productivité plutôt que l'attraction d'investissements à tout prix. L'exemple réussi des fusions administratives dans le Nord est également une piste à explorer pour optimiser les ressources.
L'année 2025 se clôt sur des résultats positifs, mais les blocages internes et les incertitudes internationales persistent. Pour maintenir cet élan de 8,02 %, chaque localité doit désormais agir non plus comme une entité isolée, mais comme un maillon essentiel de la chaîne économique nationale./.