"Diêp Anh", des créations uniques au monde

Photos sur feuille ? Sur pierre ? Incroyable mais vrai. Les œuvres inédites de Lê Nguyên Vy marquent les esprits. L’art de la photographie revisité de manière moderne et originale a exigé de son inventeur

Hanoï (VNA) - Photos sur feuille ? Sur pierre ? Incroyable mais vrai. Les œuvres inédites de Lê Nguyên Vy marquent les esprits. L’art de la photographie revisité de manière moderne et originale a exigé de son inventeur à la fois passion, efforts et un certain investissement financier.

"Diêp Anh", des créations uniques au monde ảnh 1Lê Nguyên Vy présente son œuvre réalisée sur feuille sur le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc et son épouse. Photo :DANV/CVN

La maison de l’artisan Lê Nguyên Vy est nichée au fond d’une ruelle du boulevard Ngô Quyên, dans l’arrondissement de Son Trà, ville de Dà Nang (Centre). Dans cette belle construction, s’exposent de multiples œuvres photographiques extraordinaires dans des cadres baptisées les "Diêp Anh" par son inventeur. Malgré son âge avancé, l’artisan septuagénaire respire toujours la santé. Il a acquis la renommée d’"artiste polyvalent", du fait de ses multiples professions qui se sont entrecroisées : compositeur, poète, photographe, spécialiste en art décoratif, inventeur de la photo sur pierre, et de sa dernière trouvaille, la photo sur feuille.
     
Le choix de la feuille comme support surprend tout le monde, professionnels comme amateurs. Les œuvres de Lê Nguyên Vy rivalisent d’originalité mais se retrouvent sur un même point commun : leur grande beauté. Imaginez une vraie feuille de figuier, aussi large qu’une main, au milieu de laquelle apparaîtrait un cliché. Effet garanti ! Et soyez rassurés : "Cette +feuille photo+, si mince, résiste au temps, puisqu’elle a été soumise à un traitement chimique spécial", dévoile l’inventeur.

Ce processus pour le moins étonnant est le fruit d’un long travail de recherche pour lequel Lê Nguyên Vy a passé six mois dans son laboratoire, à tester la feuille de figuier sacré comme support. En 2013, les premières photos sur feuille sont sortis de l’atelier, forçant l’admiration de tout un chacun.

"Diêp Anh", des créations uniques au monde ảnh 2Une œuvresur pierre. Photo :DANV/CVN

La photo sur pierre, un départ difficile

 En effet, l’homme surnommé "le savant fou" n’en était pas, à cette époque-là, à son coup d’essai, lui qui avait déjà consacré 18 années à la recherche du procédé de photo sur pierre s’inspirant de la lithographie. En 2007, le Centre national du Livre des records l’a d’ailleurs reconnu comme "le premier producteur de photos sur pierre du Vietnam".

Né en 1950 à Dà Nang, Lê Nguyên Vy est un "touche à tout" dès son plus jeune âge. Dans les années 1970, il est compositeur. Après 1975, le pays entame son processus de conversion vers l’économie de marché et notre jeune inventeur doit gagner sa vie dans une époque difficile et mettre de côté sa "vie d’artiste". Il se consacre alors à l’artisanat : production de simili cuir, de poissons en conserve, puis fabrication de moules pour fonderie, avant de passer à la typographie sur sacs plastique...

C’est en 1995 que l’idée de fixer des photos sur la pierre lui vient alors qu’il observe de beaux galets luisant sous les rayons du soleil dans les eaux d’un ruisseau. Il se dit : "La beauté du caillou sera transcendée si l’on y appose une image marquante". C’est ainsi qu’il se livre avec passion à l’étude de l’art lithographique. Un an plus tard, Lê Nguyên Vy présentait au public ses premières œuvres. Mais la satisfaction n’a pas duré bien longtemps, car les clients ont très vite préféré la couleur au noir et blanc. À vau-l’eau la petite affaire de Lê Nguyên Vy.  

"Diêp Anh", des créations uniques au monde ảnh 3Photo de la famille du président indien Ram Nath Kovind sur feuille. Photo : DAVN/CVN

Qu’à cela ne tienne ! Cet homme, audacieux et déterminé, a décidé de se consacrer corps et âme à son laboratoire, cette fois pour la photo sur pierre, en couleur. Une période très difficile pour "le savant fou" qui, ayant déjà investi toutes ses économies pour la lithographie en noir blanc, se retrouve alors “pauvre comme Job”… "Heureusement, la réussite a finalement été au rendez-vous !", confie-t-il, un sourire aux coins des lèvres. La réussite, Lê Nguyên Vy l’a obtenue en 2005, avec sa première photo sur pierre en couleur : sa femme et lui, le jour de leur mariage étaient enfin gravés dans la roche.

Le processus de fixation dure entre trois et cinq heures, selon la dimension du support. L’œuvre est ensuite couverte d’un fixatif chimique. Cette technique s’adapte aux pierres de toutes formes, même à celles dont la surface est inégale. L’atelier de Lê Nguyên Vy créé des milliers de photos sur pierre, aux formes et en dimensions très variées. Abordant un nouveau concept, il cherche à "imprimer" sur les roches des classiques de la littérature vietnamienne, comme Nam quôc son hà (Le pays du Sud) de Ly Thuong Kiêt (XIe siècle), Hich tuong si (Appel aux généraux et soldats) de Trân Hung Dao (XIIIe siècle), Binh Ngô dai cao (Proclamation de l’indépendance nationale après la victoire sur les agresseurs chinois) de Nguyên Trai (XVe siècle), Tuyên ngôn dôc lâp (Proclamation de l’indépendance nationale) de Hô Chi Minh (1945)… 
 
Il s’essaie également avec succès aux coquillages, aux coquilles d’œuf, au bois ou encore aux noix de coco.  "Quelle joie pour moi de réussir à reproduire la photo de Che Guevara sur une noix de coco !", se vante-t-il.

La photo sur feuille, une belle continuation
         
La feuille est donc la dernière trouvaille de Lê Nguyên Vy. C’est en  2012 que germe cette idée qu’il parvient à concrétiser après seulement six mois d’expérimentations en laboratoire. Sa visite dans la pagode Linh Ung sur la presqu’île de Son Trà où poussent nombre de figuiers considérés comme l’arbre sacré du Bouddhisme est une révélation. "Seule la feuille du figuier sacré constitue un support adéquat, grâce à la densité du tissu, de ses nervures et à sa grande résistance", précise l’artisan photographe. Une photo sur feuille de qualité dépend en premier lieu du processus de traitement du support, le but étant de ne laisser que la trame, en retirant la partie charnue. L’image est alors fixée grâce à un procédé issu de la technologie photographique numérique. 

"Diêp Anh", des créations uniques au monde ảnh 4Doucs à pattes grises de la péninsule de Son Trà (à Dà Nang) sur feuille. Photo : DANV/CVN

La photo sur feuille présente plus d’un avantage : originale et légère, elle est beaucoup moins onéreuse que la photo sur pierre.  Cela en fait un souvenir de choix pour les touristes venus de loin. L’atelier de photo de Vy croule sous les commandes qui s’élèvent aujourd’hui à des dizaines de milliers de photo-feuilles, immortalisant portraits, paysages ou les douze animaux du cycle cosmogonique.

L’œuvre Le gibbon de Lê Nguyên Vy a même décroché le 3e Prix au Concours de souvenirs organisé à Dà Nang dans le but de trouver des objets d’art à offrir aux leaders internationaux lors du Sommet du Forum de coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) tenu en 2017 dans cette belle ville balnéaire. En 2018, notre "artiste-artisan" a affirmé encore une fois son talent avec sa "Diêp Anh" représentant la famille du président indien Ram Nath Kovind. Le chef-d’œuvre, un assemblage constitué d’une trentaine de feuilles de figuier a été offert au président indien lors de sa visite à Dà Nang.

"Je suis à la recherche de feuilles plus larges que celle du figuier pour y +imprimer+ des portraits de grandes personnalités du pays qui sont aujourd’hui décédées", confie-t-il. Vouloir, c’est pouvoir ! -CVN/VNA

Voir plus

Le vice-Premier ministre Hô Quôc Dung préside la réunion consacrée à l’examen de la mise en œuvre du programme cible national d’édification de la nouvelle ruralité, de réduction durable de la pauvreté et de développement socio-économique des zones minoritaires ethniques et montagneuses pour la période 2026-2035. Photo: VNA

Les investissements doivent viser les volets essentiels du Programme cible national

Pour la période 2026-2030, le vice-Premier ministre Hô Quôc Dung a insisté sur la nécessité de donner la priorité aux ressources destinées aux minorités ethniques, aux régions montagneuses, frontalières et insulaires, en se concentrant sur des domaines essentiels tels que l’eau potable, les terres agricoles, les soins de santé, l’éducation et le logement, tout en évitant les investissements fragmentés.

Vue d’ensemble du projet du Musée de Truong Sa. Photo: VNA

Approbation du projet de construction du Musée de Truong Sa

Les autorités de Khanh Hoa ont approuvé le projet de construction du Musée de Truong Sa, un ouvrage destiné à renforcer l’éducation patriotique et la sensibilisation à la défense de la souveraineté maritime et insulaire du Vietnam. Entièrement financé par Vinhomes, le projet devrait être achevé au premier trimestre 2028.

Photo: vnexpress.net

En pleine forêt d’U Minh Ha, une expérience touristique bourdonnante

La forêt de mélaleucas d’U Minh Ha, d’une superficie d’environ 35 000 hectares dans la province de Ca Mau (Sud), est un lieu où les abeilles à miel viennent nicher en grand nombre à chaque saison de floraison. L’écosystème caractéristique de cette zone humide constitue la source du célèbre miel forestier du delta du Mékong.

20 types de bases de données nationales

20 types de bases de données nationales

La décision n° 11/2026/QD-TTg du 28 mars 2026 du Premier ministre promulgue la liste des bases de données nationales. Celle-ci comprend 20 types de bases de données nationales.

Le vice-ministre des Sciences et de la Technologie, Lê Xuân Dinh, prononce le discours d'ouverture, à Hanoi, le 21 avril. Photo : VNA

Le concours d’innovation scientifique s’ouvre aux Vietnamiens de l’étranger

En réponse à la Journée mondiale de la créativité et de l’innovation 2026, ce concours offre une plateforme aux individus et aux équipes de tout le pays passionnés par la recherche, la créativité et l’application pratique des sciences, tout en promouvant un mouvement de recherche scientifique au sein de la communauté, en particulier chez les jeunes.

La bibliothèque du lycée Kim Lien. Photo: VNA

Diffuser les valeurs du livre et poser les bases d’une société apprenante

À l’occasion de la Journée du livre et de la culture de la lecture (21 avril), le Vietnam intensifie ses efforts pour promouvoir l’habitude de lire et bâtir une société apprenante. Des initiatives variées, portées par les écoles, les éditeurs et les communautés, contribuent à ancrer durablement la lecture dans la vie quotidienne, malgré des défis persistants face à l’ère numérique.

Image du site web de l’Agence météorologique japonaise montrant l’alerte au tsunami après le séisme, le 20 avril 2026. Photo: Kyodo/VNA

Séisme au Japon : la communauté vietnamienne confirmée en sécurité

S’agissant de la communauté vietnamienne au Japon, les opérations de suivi et d’assistance ont été mises en œuvre sans délai. Selon Phan Tien Hoang, premier secrétaire et chef du bureau de gestion du travail de l’ambassade du Vietnam au Japon, des contacts ont été établis avec plusieurs syndicats dans les zones touchées, confirmant que tous les travailleurs vietnamiens étaient en sécurité.

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président de la République, To Lam, et les députés de la 16e législature issus des minorités ethniques. Photo: VNA

Le dirigeant To Lam appelle à renouveler en profondeur la pensée sur le travail ethnique

La grande union nationale constituait une ligne stratégique constante et une source déterminante de toutes les victoires, a souligné le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président de la République, To Lam, lors d’une rencontre tenue le 20 avril à Hanoï avec les députés de la 16e législature issus des minorités ethniques.

Des participants au programme "Le vietnamien au cœur de Kyushu, au Japon". Photo: VNA

Au Japon, la communauté vietnamienne s’engage pour transmettre sa langue aux jeunes générations

Malgré l’augmentation rapide du nombre d’enfants d’origine vietnamienne au Japon, l’usage du vietnamien tend à reculer. Beaucoup d’enfants comprennent la langue, mais répondent systématiquement en japonais. À Hiroshima, Kumamoto ou Okinawa, les parents constatent avec inquiétude que la langue maternelle devient progressivement une "langue secondaire" au sein même du foyer.