Delta du Mékong : les crues bienfaitrices de plus en plus rares

Depuis toujours, le Mékong offre beaucoup de privilèges aux habitants de son delta. Malheureusement, ces dernières années, ses eaux baissent, ce qui entraîne une diminution des ressources piscicoles.
Delta du Mékong : les crues bienfaitrices de plus en plus rares ảnh 1Pêche lors de la saison des crues à An Giang.
Photo : Bnews/CVN


Hanoï (VNA) - Depuis toujours, le Mékong offre beaucoup de privilèges aux habitants de son delta. Malheureusement, ces dernières années, ses eaux baissent, ce qui entraîne une diminution des ressources piscicoles. Solutions.

La commune de Phu Hôi, district d’An Phu, province d’An Giang, est l’une des zones de pêche les plus fréquentées du delta du Mékong pendant la saison des crues, mais cette année, seules quelques petites barques s’y sont aventurées.

Nguyên Van Ràng, originaire de la commune de Phu Hôi, explique qu’en temps normal, les crues commencent en septembre et se terminent en novembre ou décembre. Elles permettent d’apporter des alluvions, des poissons dans les rizières, de dépolluer les sols, tout en éliminant les parasites.

Pourtant, cette année, la saison des inondations est arrivée début juillet. L’eau est plus élevée qu’au cours des deux dernières années, mais le niveau reste bas et les poissons ainsi que les crevettes sont de moins en moins présentes.

Vie liée aux crues

À 04h00 du matin, dans un champ rempli d’eau, M. Ràng rejoint les autres avec des lampes de poche, de l’eau jusqu’à la taille, pour essayer de gagner sa vie.

Nguyên Van Hai, 51 ans, un autre habitant, travaille avec son fils de 15 ans. Il nous a expliqué qu’il commençait sa journée de travail à 03h00 ou 04h00 du matin et la terminait vers 10h00.

Petit, déjà sa vie était intimement liée à la saison des inondations. Il est agriculteur, mais son revenu principal, c’est la pêche pendant la période des crues.

“Les habitants locaux accueillent ces inondations comme un ami, apportant de nombreux cadeaux. Les poissons des crues les nourrissent et les font vivre depuis des dizaines d’années. Sans l’eau, ils ressentent comme un grand vide”, partage M. Hai.

“Lorsque l’eau est haute et que nous attrapons beaucoup de poissons, nous gagnons quelques centaines de milliers de dông. Mais, si l’eau est basse, l’approvisionnement est juste suffisant pour nourrir la famille pendant une journée”, ajoute-t-il.

Chaque saison, le marché de Kênh Ruôt dans la commune de Phu Hô ouvre au début de la saison des crues et ferme lorsque l’eau se retire. C’est le plus grand marché aux poissons de la région.

Triste marché aux poissons

Le commerçant Nguyên Van Nghia, originaire de la commune de Nhon Hôi, explique que ce marché existe depuis plus de 20 ans, spécialisé dans l’achat de poissons, crevettes et d’autres spécialités de saison, récoltés par les pécheurs dans les eaux du district d’An Phu pour ensuite les revendre aux clients des villes de Châu Dôc et Long Xuyên (province d’An Giang), de Cân Tho et de Hô Chi Minh-Ville. Le marché est ouvert tous les jours de 05h00 à 09h00.

D’après M. Nghia, les années précédentes, des centaines de petites et grandes barques venaient chaque nuit pour acheter et vendre du poisson. Mais maintenant, il n’y en a qu’une vingtaine.

Une grande migration des habitants s’est faite pour Hô Chi Minh-Ville, pour la province de Binh Duong (Sud) ou pour d’autres endroits, dans la quête d’un nouvel emploi.

Transition professionnelle

La commune de Phu Hôi compte plus de 2.600 ménages. Entre 30% et 40% sont des pêcheurs. Dans le seul hameau de Phu Thuân, environ 170 des 657 ménages ont quitté la région.

Nguyên Van Hâu, était l’un d’entre eux. Cependant, après la pandémie de COVID-19, il a décidé de revenir dans sa ville natale et de reprendre son activité. Il gagne environ 400.000 à 500.000 dôngs (17 à 20 USD) par jour.

La saison des eaux est arrivée plus tôt cette année, alors lui et beaucoup d’autres pêcheurs étaient heureux. Pourtant, à long terme, il sera difficile de continuer à travailler car la montée des eaux est irrégulière et de ce fait la production de poissons et de crevettes ne sera pas assez importante.

Doàn Phu Tri, vice-président du Comité populaire de la commune de Phu Hôi, informe que le niveau des eaux de cette année était plus élevé que l’année dernière et qu’en 2020, mais il reste cependant inférieur à la moyenne des années précédentes. La quantité de poissons, de crevettes, de crabes et d’escargots a augmenté dans la même proportion.

Pour les locaux, la vie est devenue précaire, alors la plupart d’entre eux changent d’emploi ou s’exilent vers d’autres horizons.

Le Comité populaire de la commune coopère avec la Banque des politiques sociales du district d’An Phu pour soutenir les ménages démunis en leur proposant des prêts à taux préférentiel afin acheter du matériel pour la pêche. Cependant, les familles sont moins attachées à la profession et donc pas très intéressés.

Face à cette réalité, le district a mis en place de nombreux modèles de production espérant stabiliser la vie des gens, tels que le modèle de culture maraîchère, l’élevage de crabes, d’anguilles et la culture du riz en combinaison avec la pêche…

Ces nouvelles idées devraient changer les habitudes et ainsi développer une économie durable.-CVN/VNA

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