Déambulations à Thuy Xuân, village encensé à proximité de Huê

Le village de Thuy Xuân, à 7 km de la ville de Huê (Centre), est connu non seulement pour ses anciens temples mais aussi pour la fabrication de bâtonnets d’encens, un artisanat séculaire.
Huê (VNA) – Situé au pied de la colline de Vong Canh, à 7 km de la ville de Huê (Centre), le village de Thuy Xuân est connu non seulement pour ses anciens temples mais aussi pour la fabrication de bâtonnets d’encens, un artisanat séculaire.
Déambulations à Thuy Xuân, village encensé à proximité de Huê ảnh 1La confection des bâtonnets d’encens est un travail minutieux, exigeant une grande dextérité. Photo: DT/CVN

La fabrication de bâtonnets d’encens à Thuy Xuân existe depuis des siècles mais personne ne sait exactement quand cet artisanat est apparu. Il se transmet de génération en génération et se développe de plus en plus. Les bâtonnets d’encens du village de Thuy Xuân sont même devenus un label reconnu dans et hors du pays.

Pour les cérémonies bouddhistes, lors des visites au temple ou pour l’autel des ancêtres, les Huéens n’utilisent que les bâtonnets d’encens  de Thuy Xuân en raison de leur parfum si particulier, que n’ont pas les bâtonnets chinois ou thaïlandais.

La confection des bâtonnets d’encens est un travail minutieux, exigeant une grande dextérité qui doit passer par de nombreuses étapes. Pour les meilleurs d’entre eux, le choix des matières premières est important.

Des secrets de fabrication bien gardés

L’encens est obtenu à partir de substances végétales odoriférants (substance produite par la résine d’un groupe d’arbres de la famille des Burséracées), lesquelles sont réduites en poudre et mélangées avec de la poudre de cannelle, de l’eau, des aromates et de la sciure de bois pour faciliter la combustion, selon une proportion déterminée.

La fragrance et la durabilité de l’encens reposent essentiellement sur le mélange de pâte et d’eau, dont la recette est tenue secrète et jalousement gardée par chaque famille.

Les supports sont des baguettes en bambou venant des forêts Nam Dông, Binh Diên et Phong Son. Et les artisans, de leurs mains habiles, coupent les tiges en trois ou quatre morceaux, selon la dimension de chaque bâton d’encens, normalement une longueur de 30-40 cm pour 2-3 mm de diamètre. Une fois séchées au soleil, les baguettes de bambou  sont teintées de rouge, de jaune, de violet…

Ensuite, elles sont enduites aux trois-quarts d’une couche d’encens (de couleur jaune ou noir) qui peut brûler de 20 à 30 minutes. Enfin, étalés sur des planches,  les bâtonnets d’encens sont durcis au soleil, pendant deux ou trois jours, pour garder leur teinte et leur senteur. Toutes les étapes de fabrication sont manuelles, à l’exception d’une machine assez rudimentaire qui permet de fixer l’encens sur le bâton de bambou.

Il y a trois sortes de bâtonnets d’encens. Les grands sont utilisés dans les pagodes, les moyens dans les temples ou maisons communes et les petits dans les familles.

Un métier traditionnel préservé
Déambulations à Thuy Xuân, village encensé à proximité de Huê ảnh 2Les bâtonnets d’encens du village de Thuy Xuân sont devenus un label reconnu dans et hors du pays. Photo: BDT/CVN
 
Depuis 1999, le village de Thuy Xuân approvisionne non seulement les marchés Dông Ba, An Cuu, Bên Ngu, Tây Lôc à Huê mais encore ceux de Hanoï et Hô Chi Minh-Ville. Ses produits sont présents aussi au Laos et en Thaïlande.

Pour cette raison, la ville de Huê attache de l’importance à la préservation et au développement de ce métier artisanal. Actuellement, une cinquantaine de foyers de Thuy Xuân le pratiquent. Une travailleuse gagne, en moyenne, 4 à 5 millions de dôngs par mois. Le travail s’anime surtout quelques mois avant la cérémonie célébrant l’anniversaire de la naissance de Bouddha ou le Têt traditionnel.

Aujourd’hui, grâce à une machine permettant de pétrir la pâte et fixer l’encens sur le bâton de bambou, le rendement est plus élevé qu’autrefois. "Il y a cinq ans, ma famille ne fabriquait que 2.000 bâtonnets d’encens par jour. Actuellement, cette machine nous aide à en produire jusqu’à 20.000", explique Tôn Nu Ngoc Hanh, 37 ans, artisane de Thuy Xuân.

Cette année, le prix des baguettes d’encens est stable, entre 60.000 et 200.000 dôngs le paquet de 100 bâtonnets. "À l’occasion du Têt traditionnel, ma famille de quatre personnes peut fabriquer de 20.000 à 30.000 bâtonnets d’encens,  nous permettant d’encaisser chacune 200.000 dôngs par jour", indique  Nguyên Thi Bich Loan, 50 ans, artisane de Thuy Xuân.   
Ces dernières années, le tourisme s’est beaucoup développé à Huê. La ville accueille un grand nombre de voyageurs vietnamiens et étrangers. En dehors des sites reconnus comme la Citadelle ou la rivière des Parfums, ils n’oublient pas de visiter le village de métier de Thuy Xuân où se situent également beaucoup d’anciens temples, notamment le tombeau du roi Tu Duc (1829-1883).

Il y a quelques années, une organisation japonaise a accordé une aide non remboursable de 550 millions de dôngs au projet "Développement du tourisme communautaire et augmentation du revenu des paysans de Thuy Xuân, ville de Huê". Ce projet a permis d’organiser des circuits touristiques, publier et distribuer des cartes et prospectus, et de créer une page web pour promouvoir le tourisme dans ce village de métier. – CVN/VNA

Voir plus

Ta Xua : quand l’identité culturelle devient un atout touristique

Ta Xua : quand l’identité culturelle devient un atout touristique

Célèbre pour ses mers de nuages au cœur des montagnes du Nord-Ouest, Ta Xua est devenue une destination touristique prisée. Pour inciter les visiteurs à prolonger leur séjour et assurer un développement durable, la région diversifie son offre touristique en valorisant la culture Mong et en créant de nouvelles sources de revenus pour les habitants.

Situé dans la province de Son La, au cœur de la réserve naturelle et de la forêt à usage spécial de Tà Xua, le hameau H'mông de Làng Sang se cache loin de l'effervescence du centre-commune. Un écrin préservé, marqué par la majesté des reliefs montagneux, des forêts primaires intactes et l'hospitalité de ses habitants. Photo: VNA

Tà Xua, le réveil touristique d’un paradis caché des nuages

Surnommé le « paradis des nuages », Tà Xua s’est imposé ces dernières années comme l’une des destinations de montagne les plus prisées des jeunes voyageurs, séduits par sa spectaculaire mer de nuages s’étirant sur les sommets du Nord-Ouest.

A Da Nang, Ba Na Hills figure parmi les étapes suggérées avec son réseau de téléphériques traversant les forêts, son Pont d'Or et son espace architectural de style européen. Photo : VNA

Da Nang, seule ville vietnamienne parmi les meilleures destinations mondiales de 2027

Située au cœur du pays, Da Nang bénéficie d’un atout rare : ses chaînes de montagnes côtoient un long littoral qui borde directement son espace urbain. La ville vient d’être sélectionnée par Lonely Planet parmi les 50 destinations et expériences incontournables à découvrir dans le monde en 2027, dans le cadre de son classement annuel « Best in Travel 2027 ».

Les pêcheurs du village côtier participent au festival de la Prière pour une pêche abondante, dans l’espoir de bénéficier de conditions météorologiques favorables et d’une pêche fructueuse. Photo : VNA

Lâm Dong valorise ses festivals pour développer le tourisme

Les festivals traditionnels de Lâm Dong contribuent à valoriser le patrimoine culturel des communautés ethniques, à diversifier l’offre touristique et à attirer davantage de visiteurs, tout en favorisant la préservation des traditions locales et le développement socio-économique de la province.

Le quai de Nha Rong est situé au bord de la rivière de Saïgon. Photo: VNA

Hô Chi Minh-Ville mise sur le tourisme à forte valeur ajoutée

Avec des recettes touristiques en hausse de 43,4 % sur les neuf premiers mois de 2026 et trois distinctions aux World Travel Awards, Hô Chi Minh-Ville entend capitaliser sur la haute saison du quatrième trimestre pour accélérer sa croissance et renforcer son attractivité internationale.