Hanoï (VNA) - Pour une croissance économique à deux chiffres, le tourisme est appelé à devenir un espace d’accumulation de ressources à long terme. Pour concrétiser cette ambition, les infrastructures touristiques doivent impérativement précéder le développement du secteur.
Après la phase de relance post-Covid-19, le tourisme vietnamien entame un nouveau cycle avec des exigences accrues tant en quantité qu’en qualité. Néanmoins, de nombreuses destinations atteignent aujourd’hui un "plafond" de développement en raison de la saturation des infrastructures, du manque de connectivité régionale ou d’une croissance fragmentée. Dans ce contexte, l’infrastructure est le facteur déterminant de la capacité d’accumulation des ressources. Au-delà des réseaux routiers, aéroportuaires ou portuaires, elle constitue désormais un écosystème complet incluant les transports, l’urbanisme, les services publics, l’énergie, l’environnement et l’infrastructure numérique. Ce n’est que lorsque cet écosystème fonctionnera de manière fluide que le tourisme pourra s’affirmer comme un secteur économique de synthèse capable de dynamiser d’autres domaines.
Conscient de ce rôle stratégique, plusieurs résolutions du ressort central ont instauré des bases politiques solides. La Résolution n° 08-NQ/TW du Bureau politique visant à faire du tourisme un secteur économique de pointe souligne la nécessité de prioriser les investissements dans les infrastructures touristiques, en particulier les infrastructures de transport assurant la connectivité entre les grands pôles touristiques et les zones à fort potentiel. Parallèlement, la Résolution annuelle n°01/NQ-CP du gouvernement souligne l’importance d’accélérer le décaissement des investissements publics pour en faire un moteur de croissance.
La réalité montre que l’investissement public ouvre la voie pour l’essor touristique. Les projets tels que l’autoroute Nord-Sud, l’aéroport de Long Thanh ou l’extension des aéroports de Noi Bai, Tan Son Nhat et Cam Ranh ne se contentent pas de réduire les temps de trajet, ils redessinent la carte touristique nationale. Néanmoins, les investissements publics restent insuffisants. Le rôle de l’investissement privé, en particulier dans le développement des infrastructures de services, de la logistique touristique et des infrastructures numériques, devient de plus en plus déterminant. Lorsque les flux de capitaux privés sont libérés, les infrastructures touristiques ne se contentent plus de servir les visiteurs, mais génèrent également une valeur ajoutée pour l’immobilier, le commerce, les services et le marché du travail.
De nombreuses localités abandonnent désormais l’exploitation brute des ressources naturelles au profit d’une approche fondée sur l’infrastructure et les services. Ce modèle permet de prolonger la durée de séjour et d’augmenter les dépenses des visiteurs. À l’échelle macroéconomique, l’investissement dans les infrastructures touristiques constitue non seulement un canal efficace d’absorption des capitaux dans un contexte de relance de la croissance, mais aussi un socle pour le développement d'autres secteurs de l’économie. -VNA