Cap sur une aventure unique en pirogue dans les mangroves d’U Minh Ha

Lorsqu’il est temps de repartir, il reste cette envie tenace de revenir, de s’asseoir à nouveau dans une pirogue de bois, de glisser lentement entre les cajeputiers silencieux, et de se laisser porter par le rythme paisible et immuable de cette terre du Sud souvent évoquée dans la littérature et le cinéma.

Vue aérienne de la forêt d’U Minh Ha. Photo : DDDL
Vue aérienne de la forêt d’U Minh Ha. Photo : DDDL

Hanoi (VNA) – Il est des territoires où l’on ressent, dès les premiers instants, une différence profonde. L’air y est plus dense, le temps semble ralentir, la nature impose son propre rythme. La forêt inondée d’U Minh Ha, dans la province de Cà Mau, fait partie de ces lieux singuliers. Un paysage que l’on découvre une première fois avec curiosité, et que l’on quitte avec l’envie d’y revenir.

À bord d’une pirogue traditionnelle en bois, les visiteurs glissent lentement sur l’une des voies d’eau profondes serpentant au cœur de la forêt de cajeputiers. Autour, le silence n’est rompu que par le chant des oiseaux et le rythme régulier de la pagaie. En cette saison, les cajeputiers sont en fleurs, et la forêt s’étend à perte de vue, paisible et enveloppante.

Nous sommes en pleine saison des pluies. Les feuilles et les troncs en décomposition remontent à la surface, donnant à l’eau sa couleur sombre, mais limpide, et à la forêt cette odeur âcre et végétale si caractéristique.

Lorsque la pirogue s’engage dans le cours d’eau Ngoc Hoàng, un petit sanctuaire apparaît, à demi immergé. Entouré de roseaux et de graminées, il semble veiller silencieusement sur la forêt. C’est là que Pham Duy Khanh, batelier et habitant des lieux depuis près de trente ans, commence à raconter son U Minh Ha.

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Touristes explorant la forêt d'U Minh Ha. Photo : BCT

«Nous nous trouvons ici devant le sanctuaire dédié au génie de la forêt. Les habitants viennent y brûler de l’encens lorsqu’ils entrent en forêt, pour récolter des produits, pêcher, cueillir des plantes ou installer les cadres pour la récolte du miel. C’est une manière de demander protection et force pour le travail. La forêt ici est totalement naturelle. Les cajeputiers ont entre 50 et 70 ans. Le sol est recouvert de couches de feuilles mortes, les arbres s’enracinent lentement, il leur faut plus de vingt ans pour bien s’ancrer. Ma famille est ici depuis presque trente ans, et pourtant, on a l’impression que la forêt n’a jamais grandi», partage-t-il.

U Minh Ha porte aussi les traces de l’histoire. Durant la guerre contre les États-Unis, ces voies d’eau servaient de passages secrets menant à l’atelier d’armement de Ba LoRèn, où des milliers de tonnes d’armes artisanales furent produites pour la résistance. À la saison sèche, lorsque l’eau se retire, les cratères de bombes réapparaissent. Devenus des poches naturelles, ils abritent aujourd’hui poissons, anguilles et autres espèces typiques de la forêt inondée, constituant une ressource précieuse pour les habitants vivant sous le couvert forestier.

Installée depuis près de trente ans à U Minh Ha, la famille de Pham Duy Khanh s’est tournée, depuis une dizaine d’années, vers le tourisme communautaire. Une activité pensée comme un équilibre: cultiver la forêt, la protéger, et la partager.

«Pour nous, c’est une façon d’exprimer notre amour pour cette terre. Récemment, un projet d’élevage de poissons en milieu naturel a été lancé. Au début de la saison, les poissons se reproduisent en grande quantité. Nous les recueillons, les élevons, puis nous les laissons chasser naturellement avant de les relâcher dans la forêt. Ce modèle fonctionne très bien et permet à la fois de préserver la ressource et d’en vivre», explique-t-il.

Parmi les expériences proposées aux visiteurs, la pêche artisanale tient une place centrale. À l’aide d’outils simples, hérités des générations passées, les voyageurs s’initient aux gestes quotidiens des habitants. Plus tard, dans de petits abris sur pilotis, entourés de rangées de cajeputiers et de voies d’eau silencieuses, ils grillent leur prise du jour, savourant un moment suspendu hors du temps.

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En pirogue traditionnelle au cœur de la mangrove. Photo: baocamau.vn

Lê Nguyên Thuy Tiên est une touriste venue de Dông Thap. «Nous avons vraiment vécu le quotidien des habitants de Cà Mau. J’ai découvert des espèces que je n’avais jamais vues. Attraper des poissons, des anguilles, les cuisiner et les manger sur place, c’est totalement différent de ce qu’on connaît ailleurs. On se sent plus proche de la nature, et on comprend mieux pourquoi il faut préserver ces espaces verts», témoigne-t-elle.

Pour d’autres visiteurs et notamment pour Dô Nguyên Nhu Quynh, venue de Dông Nai, U Minh Ha évoque un retour aux sources.

«Ici, l’accueil est très chaleureux. On rame, on pêche, on relève les pièges à anguilles, on cuisine ensemble. On se sent comme en famille. Le paysage est simple, authentique, et cela donne vraiment l’impression de rentrer chez soi. Je ne pensais pas que la forêt serait aussi belle et offrirait autant d’expériences», confie-t-elle.

Souvent évoquée dans la littérature et le cinéma, la forêt d’U Minh Ha ne révèle pleinement sa beauté qu’à ceux qui prennent le temps de la parcourir. Et lorsqu’il est temps de repartir, il reste cette envie tenace de revenir, de s’asseoir à nouveau dans une pirogue de bois, de glisser lentement entre les cajeputiers silencieux, et de se laisser porter par le rythme paisible et immuable de cette terre du Sud. – VOV/VNA

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