Dà Nang: un protecteur des Doucs à Son Trà

La Réserve naturelle de Son Trà, ville de Dà Nang, connue pour sa riche biodiversité, abrite une importante population de Doucs à pattes rousses. Rencontre avec Bùi Van Tuân, un passionné de ce primate.

Hanoi, 30 septembre (VNA) - La Réserve naturelle de Son Trà, ville de Dà Nang (Centre), connue pour sa riche biodiversité, abrite une importante population de Doucs à pattes rousses. Rencontre avec Bùi Van Tuân, un passionné de ce primate.

Dà Nang: un protecteur des Doucs à Son Trà ảnh 1Bùi Van Tuân (droite) et un collègue étranger. Photo: ST/CVN

Né dans la province de Quang Nam (Centre), Bùi Van Tuân, 32 ans, est un amoureux du Douc à pattes rousses (Pygathrix nemaeus). Le Douc (sensu lato) se décline en trois espèces, reconnaissables par la couleur de leurs pattes (rousses, noires ou grises) et toutes sont présentes au Vietnam. Le Douc à pattes rousses est endémique de l’Indochine. On ne le trouve en effet que dans le Centre du Vietnam, le Nord du Cambodge et le Centre-Est du Laos. Une aire de répartition très limitée donc. "Il y a dix ans, j’ai appris que la péninsule de Son Trà abritait cette espèce classée dans le Livre Rouge du Vietnam et déclarée en danger d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (International Union for Conservation of Nature - IUCN). Une passion est née et qui ne s’est jamais démentie, a confié Bùi Van Tuân, du Centre de conservation de la biodiversité du Vietnam (GreenViet).

Tuân connaît comme sa poche la forêt de Son Trà, un vaste espace de 4.000 ha.  Les espèces végétales dont se nourrissent les Doucs, leur façon de rechercher les aliments et maints autres aspects de leur comportement n’ont plus de secrets pour ce coureur des bois.

"Les mâles sont très colériques. Un jour de pluie, j’en ai vu un gifler son petit qui tardait à se mettre à l’abri sous les feuillages!", a-t-il informé. Et d’ajouter que les femelles allaitent leurs petits pendant les six premiers mois, puis, lorsque le bébé a 2 ans, sa maman débute une nouvelle période de reproduction.

Une espèce méconnue et en danger

Dà Nang: un protecteur des Doucs à Son Trà ảnh 2Photo: Lê Lâm/VNA/CVN

C’est en 2007 que Tuân, alors étudiant en deuxième année de biologie et environnement à l’École normale supérieure de Dà Nang,  découvre dans le cadre de son cursus cette espèce. C’est le coup de foudre. Bien que vivant aux portes de la ville, le Douc est alors quasi-inconnu des gens de Dà Nang. "Lors d’un projet de recherche sur l’habitat des Doucs, j’ai fait un sondage. Résultat: cinq personnes sur dix ne connaissaient pas cette espèce", a-t-il déploré.

Pour les étudier, Tuân a passé des centaines d’heures sur le terrain. Lors du concours "Les étudiants mènent des recherches scientifiques", organisé par l’Université de Dà Nang, son projet sur le primate et sa protection a remporté le deuxième prix.

Après la sortie de l’université, Tuân a travaillé pour un projet de la Société zoologique de Francfort (Frankfurt Zoological Society - FZS). En 2012, Tuân et ses camarades ont créé le Centre de conservation de la biodiversité GreenViet qui regroupe des jeunes passionnés de la nature. Entre 2012 et 2017, ils ont commencé à étudier les Doucs dans leur habitat naturel à Son Trà. Ces études ont montré que les Doucs à pattes rousses devaient faire face à de nombreuses menaces. Ces dernières années, les activités anthropiques ont en effet gravement perturbé cette espèce. Les projets d’ “éco-tourisme”, la construction d’infrastructures de communication, le braconnage, le risque de transmission de maladies de l’homme aux animaux… sont autant de menaces réelles ou potentielles.

En mai 2017, GreenViet a informé que plus de 1.300 individus vivaient dans la péninsule. "Des effectifs largement supérieurs aux dernières données, qui tablaient sur 300-350 individus", a informé le spécialiste.

Sensibiliser et informer

Afin de contribuer à la protection de cette espèce, Tuân et ses camarades ont photographié les Doucs dans leur habitat naturel et ont présenté les clichés dans le cadre de nombreuses expositions à Dà Nang.

Le biologiste a aussi participé activement à la campagne baptisée "Son Trà verte" pour appeler les jeunes de Dà Nang, et tous les jeunes Vietnamiens plus largement, à s’investir davantage dans la protection de la nature.

En outre, GreenViet a organisé des circuits gratuits baptisés "J’aime Son Trà" où les visiteurs ont pu admirer cette espèce rare dans son habitat naturel. Début 2017, l’organisation a offert les cahiers de coloriage à l’effigie des Doucs pour les élèves des écoles primaires de Dà Nang.

L’écrivain Bùi Công Dung, qui vient de publier le livre Récit de Son Trà, s’est félicité des travaux de Bùi Van Tuân.

M. Dung a été impressionné par ses campagnes de protection de l’environnement ainsi que par ses belles photos des Doucs et de leur biotope.

"Nous avons confirmé que la Réserve naturelle de Son Trà abrite la plus forte population de doucs à pattes rousses du pays, a affirmé Tuân. Ce site s’affirme même comme le bastion de l’espèce dans toute son aire de répartition, d’où la responsabilité qui incombe au Vietnam de le pérenniser". - CVN/VNA

Voir plus

Se préparer à relâcher un groupe d'oiseaux dans leur milieu naturel. Photo : VNA

Lam Dong relâche des centaines d’animaux sauvages dans leur milieu naturel

Ces derniers temps, les autorités de la province de Lam Dong ont procédé à la remise en liberté de nombreux animaux sauvages, grâce notamment à la coopération volontaire des habitants. Une évolution positive qui témoigne d’une prise de conscience croissante de la population en matière de protection de la faune et de respect de la loi.

Trinh Quoc Phu (au milieu) remet volontairement l'oiseau sauvage rare aux autorités du quartier de Quy Nhon Nam. Photo : https://baogialai.com.vn/

Les garde-forestiers de Gia Lai reçoivent un oiseau rare

Le 9 janvier, les autorités forestières de Tuy Phuoc – Quy Nhon ont réceptionné un spécimen rare de Gorsachius, un oiseau sauvage de la famille des Ardeidae. Inscrite au Livre Rouge du Vietnam, cette espèce en danger critique bénéficie d'un statut de protection prioritaire absolue.

Plusieurs touristes sont ravis de découvrir la glace au sommet du mont Fansipan. Photo : VNA

Le toit du Vietnam sous la glace

Le givre est apparu dès le sommet, puis s’est étendu progressivement jusqu’à 2.700 mètres d’altitude, en s’atténuant au fur et à mesure de la descente.