Dà Lat, le "petit Paris" devenu royaume des fleurs

Au Vietnam, qui dit fleurs dit Dà Lat, une charmante ville des hauts plateaux du Centre. Les fleurs y ont façonné son identité.

Hanoi, 27 décembre (VNA) - Au Vietnam, qui dit fleurs dit Dà Lat, une charmante ville des hauts plateaux du Centre. Les fleurs y ont façonné son identité.

Dà Lat, le "petit Paris" devenu royaume des fleurs ảnh 1Touristes accueillis par les parfums et les couleurs des fleurs à Dà Lat, province de Lâm Dông (hauts plateaux du Centre). Photo : VNA


Pour les habitants de Dà Lat, province de Lâm Dông (hauts plateaux du Centre), tout se rattache de près ou de loin aux fleurs. Ces dernières, domestiques et exotiques, s’épanouissent un peu partout dans cette contrée de rêve, et ce toute l’année. Très variées en espèces, les fleurs abondent dans les champs, dans les jardins, le long des rues, sur les pans de collines, dans les terrains entourant les villas, et aussi sur les fenêtres des maisons…

Surnommée à juste titre "le royaume des fleurs", Dà Lat totalise aujourd’hui plus de 9.000 ha dédiés à la floriculture, soit un tiers du total national. Cette filière est une branche économique importante de la ville. La production d’orchidées pour l’exportation, à elle seule, a atteint plus de 3 milliards de tiges par an, générant un chiffre d’affaires annuel de 49 millions de dollars.

Le "petit Paris de l’Indochine"


Il y a plus d’un siècle, le médecin français Alexandre Yersin, lors d’une expédition dans la chaîne de montagnes de Lang Biang, découvrit à 1.500 m d’altitude une contrée au climat tempéré, idéale pour échapper à la touffeur estivale de la plaine. Dans la première moitié du XXe siècle fut créée ex nihilo une station climatique qui devint rapidement un lieu de villégiature agréable pour les élites coloniales, avec villas, offices, hôtels, écoles, gare ferroviaire…

Dès le début de la conquête française de l’Indochine apparut la nécessité de permettre aux soldats européens de maintenir leur santé sous des climats auxquels ils n’étaient pas habitués. Avec le temps, Dà Lat devint le centre de tourisme et d’éducation de toute l’Indochine, surnommée "le petit Paris".

Les colons français, nostalgiques de leur région d’origine, y introduisent peu à peu des fleurs et légumes originaires de pays tempérés. Les conditions pédoclimatiques particulières de cette terre d’altitude permirent ainsi le développement de plantes venues d’autres contrées.

À Dà Lat, nombre de villages floricoles virent le jour, dont certains aux noms déjà connus à Hanoï comme Hà Dông, Thai Phiên, Van Thành… Selon les populations locales, vers le début du XXe siècle, Dà Lat a connu une forte immigration de Hanoïens venus de villages floricoles de la capitale comme Ngoc Hà, Nghi Tàm… S’accoutumant rapidement à cette localité en hauteur, et forts de leur flair et savoir-faire professionnel, ces immigrés venus du Nord y formèrent leurs propres villages floricoles aux alentours de la ville. Les champs de fleurs ne cessèrent de s’étendre, jusque sur les pentes des collines et montagnes, créant un tableau magnifique.

Dà Lat, le "petit Paris" devenu royaume des fleurs ảnh 2La "vallée de l’amour" est au cœur du royaume des fleurs. Photo : VNA


Chaque saison a ses fleurs. Celle des régions tempérées sont particulièrement nombreuses. On pourrait citer la lavande, le pissenlit, la tulipe, le lis, le glaïeul, l’œillet, la pensée, la violette, la marguerite, le bégonia, le mimosa, la fleur de cerisier, le flamboyant violet… Pas étonnant donc que Dà Lat fleurisse toute l’année. 

Dà Lat est par ailleurs l’unique ville d’Asie du Sud-Est à organiser un Festival floral international bisannuel. Au sein de la ville, existent bon nombre de parcs et jardins de fleurs dont une vingtaine auréolés d’une renommée nationale : le parc près du lac Hô Xuân Huong rassemblant quelque 300 espèces de fleurs rares,  le jardin Van Thanh qui est aussi une pépinière de fleurs, celui de Minh Tâm qui offre aussi des services de convalescence, le jardin Thai Phiên qui est un grand fournisseur de fleurs destinés à des floralies partout dans le pays, ou encore le jardin au pied de la chute d’eau de Prenn. Celui de Dang Thai Thân compte quant à lui plus de 350 espèces ! 

Premier exportateur de fleurs en Asie du Sud-Est


Ces derniers temps, Dà Lat est aussi devenue une grande exportatrice de fleurs fraîches. "La quantité de fleurs exportées ne représente actuellement que 10% de la production annuelle", informe Nguyên Van Bao, directeur en chef adjoint de Dalat Hasfarm, première compagnie exportatrice de fleurs du Vietnam. 

La recherche de semences de bonne qualité et la culture de fleurs standardisées exportables sont au cœur de la stratégie de Dalat Hasfarm. Le groupe importe des semences de fleurs rares, et crée par croisement de nouvelles variétés. La compagnie a ainsi réussi à créer 350 variétés de calimero de couleurs différentes, et est capable de fournir sur le marché domestique des centaines de millions de jeunes plantes et de tiges par an. En 2021, Dalat Hasfarm compte expédier à titre d’essai sur le marché japonais environ 1,3 million de tiges de calimero. D’ici 2022, cette fleur sera exportée largement vers différents marchés d’Asie - Pacifique. Déjà présente dans dix pays du monde, Dalat Hasfarm a été choisie par la revue américaine Flowers Tech comme "le premier exportateur de fleurs en Asie du Sud-Est".

La compagnie Rung Hoa Dà Lat (littéralement "Forêt de fleurs de Dà Lat") est surnommée "la Banque de semences de fleurs du Vietnam". Son laboratoire, équipé d’une chaîne de production moderne française, est capable de produire in vitro quelque 24 millions de pieds par an, dont une grande quantité exportée.  
 
Dà Lat ambitionne de devenir un grand exportateur de fleurs fraîches de la région d’Asie du Sud-Est. Un rêve tout à fait réalisable à l’avenir.- CVN/VNA   
 

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