"Conquérir le monde" à partir de boîtes d’allumettes

Hô Chi Minh-Ville, ville jeune et dynamique, est certainement la terre propice pour les entreprises du pays. Là-bas, 3XU est une jeune start-up qui fabrique uniquement des souvenirs artisanaux.
"Conquérir le monde" à partir de boîtes d’allumettes ảnh 1Un cadeau artisanat reformé à partir de boîtes d’allumettes de la marque 3XU. Photo : 3XU/CVN

Hô Chi Minh-Ville (VNA) - Hô Chi Minh-Ville, ville jeune et dynamique, est certainement la terre propice pour les entreprises du pays. Là-bas, 3XU est une jeune start-up qui fabrique uniquement des souvenirs artisanaux. Son histoire est une source d’inspiration pour toutes les petites entreprises du pays dans leur intégration au marché international.

Nous arrivons vers midi à l’atelier de la jeune entreprise saigonaise, 3XU, dans le 1er arrondissement de Hô Chi Minh-Ville.

Nous observons les artisans qui travaillent avec minutie les dernières étapes de la production des cadeaux et souvenirs : ils coupent, ils collent, ils colorent, ils sèchent… les dernières créations. La salle d’une vingtaine de mètres carrés est remplie de papiers et de morceaux de bois.

L’histoire commence il y a 12 ans, en 2009, lorsque Phan Ai "Cheeng" Hông Trang, Đào Nguyên "Xù" Thach Anh et sa sœur cherchaient à vendre quelque chose lors des foires locales. Elles ont alors eu l’idée de ramasser les tissus, les boîtes d’allumettes, les papiers, les clous… qui trainaient dans leurs maisons pour les transformer en petits souvenirs.

"À ce moment-là, nous plaisantions en disant que nous pratiquions le métier de +đồng nát 3 xu+ (le terme indique en vietnamien les personnes qui récupèrent les déchets dans les rues). De là est né le nom de notre groupe, 3XU", rappelle Cheeng.

"Groupe" puisque pendant longtemps, ces trois jeunes filles ont fabriqué tous les objets pour plutôt se divertir. Petit à petit, elles ont participé à de nombreuses foires antiques et artisanales à Hô Chi Minh-Villes, où elles ont aussi vendu des colliers, des vêtements, des couvertures de passeport… Leur clientèle grandissait rapidement, jusqu’au moment où Hoàng "Chic" Thu Trang leur a proposé un marché qui s’avère être le point tournant de leur histoire.

"Un jour, en 2015, Chic m’a demandé si elle pouvait vendre nos objets aux États-Unis. Aux États-Unis !, s’exprime Xù. Avant, nous travaillions uniquement avec des Vietnamiens amoureux de l’artisanat. Mais, maintenant, nous recevons même des commandes de l’étranger. Incroyable !"

Un artisanat modernisé

Les revenus générés par les ventes à l’étranger ont permis aux jeunes entrepreneures de voir plus loin. Le nombre de commandes et d’articles ont augmenté très rapidement, de sorte que le recrutement d’artisans extérieurs ne suffisait même plus à assurer la production.

Constatant l’absence de marques de produits artisanaux au Vietnam, Chic a décidé de retourner au Vietnam et de rejoindre les trois amies en tant que co-gestionnaire de 3XU. Cette fois, elle voulait amener une vraie nouveauté et 3XU devrait être le leader en cette matière.

"Fin 2016, nous avons dû mettre en place des machines à imprimer et à couper le papier. Cela garantit à la fois l’uniformité des articles et la réduction du temps de production. Par contre, l’assemblage et la coloration des pièces doivent toujours se faire à la main", précise-t-elle.

À 3XU, tous les objets sont étudiés de manière approfondie : quel matériau est le plus approprié, combien d’étapes à réaliser, faut-il recourir aux machines, combien de temps pour avoir un produit fini, et quel est le coût total de la fabrication.

"On étudie aussi le goût des clients, afin de faire des collections selon chaque vogue ou chaque événement populaire. Notre avantage : le design est fait tout à la main c’est pourquoi il se modifie facilement selon le besoin de chaque commande", souligne Xù.

"Conquérir le monde" à partir de boîtes d’allumettes ảnh 2Cheeng, Chic et Xù dans leur atelier, dans le 1er arrondissement de Hô Chi Minh-Ville, en juin 2020. Photo : Dang Duong/CVN

Les clients actuels de cette start-up sont des particuliers qui désirent offrir des cadeaux originaux. Mais il y a aussi les entreprises ou des organisations internationales qui désirent créer des souvenirs à titre de marketing ou à l’occasion d'un événement particulier.

Malgré le prix élevé, les objets de 3XU attirent les clients de tout âge : élèves, étudiants, jeunes employés, parents et parfois des personnes âgées. Depuis peu, l’entreprise vend en plus des pins, des signets, des maquettes et même des jeux de société. Les boîtes d’allumettes et les couvertures de passeport sont toujours les produits les plus vendus chez 3XU.

Son secret ? Une créativité sans limite.

"La majorité de nos idées nous viennent par hasard, fait savoir Cheeng. Tous les jours, nous cherchons à créer de nouveaux modèles puisque personne, y compris les consommateurs et nous les designers, n’aime les créations répétées. Les inspirations doivent être à la fois innovantes et proches à la vie quotidienne".

Adaptation au marché international

Aujourd'hui, les foires sont de plus en plus rares à Hô Chi Minh-Ville. 3XU n’est pas peut-être la première entreprise qui vend de l’artisanat vietnamien à l’étranger, mais elle est certainement l’une des leaders dans la promotion de ces produits via plusieurs plateformes en ligne, y compris les réseaux sociaux et les marchés d'e-commerce.

Au Vietnam, les objets de 3XU peuvent être facilement trouvés dans plusieurs boutiques locales, ou dans la chaine de produits artisanaux The Craft House. Les clients à l’étranger peuvent de leur côté uniquement faire des commandes en ligne. À ce jour, les articles de 3XU sont déjà présents en Europe, en Asie, en Amérique, en Afrique, ou encore au Moyen-Orient...

"À l’étranger, tout le monde adore l’artisanat. De temps en temps, on reçoit également des commandes de célébrités. Et il y a parfois des clients qui commandent depuis des lieux dont on n'a jamais entendus parler et que l'on ne peut même pas prononcer", dit Chic, tout en souriant.

"Nous sommes en réalité un groupe de designers… Notre chance est de pouvoir voyager, observer, comparer et comprendre comment fonctionne le marché international actuel", indique Chic.

Mais ce n’est que le début de l’histoire. L’identité culturelle est le fil rouge qui définit les inspirations et qui reste toujours le dernier objectif que poursuivent ces jeunes entrepreneures.

"Nous sommes fières d'être Vietnamiennes. Je suis très émue de trouver un produit vietnamien dans les boutiques à l'étranger. C'est pour ça, nous estimons que nos souvenirs artisanaux seraient adorés par les amis des quatre coins du monde. Un petit rêve de +conquérir le monde+, qui l’eut cru ?", confie Xù.-CVN/VNA

Voir plus

L’Orchestre se produira sous la direction de Victor Jacob dans le concert "Florilèges français" à l’Opéra Hô Guom, à Hanoi

De grands musiciens se produiront au concert «Florilèges français» à Hanoi

Les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles interpréteront un programme de 90 minutes mêlant solistes, duos et œuvres orchestrales. Le concert accueillera également le ténor Julien Behr (Don José dans Carmen) et les artistes Fanny Valentin (soprano), Camille Taos Arbouz (mezzo) et Alexandre Adra (basse).

Des étudiants de l'Université Hung Vuong à la découverte des œuvres d'art célèbres présentées à l'exposition. Photo : VNA

Flux de la culture, un pont entre les cultures vietnamienne et sud-coréenne

À travers des œuvres artistiques, le public découvre les cultures et les peuples des deux nations, contribuant ainsi à la paix, à la coopération et au développement. L’exposition permet également aux jeunes générations de mieux comprendre le dynamisme du Vietnam et la richesse culturelle de la République de Corée.

La ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme, Lâm Thi Phuong Thanh, fournit des éclaircissements sur certains points soulevés par les députés. Photo : VNA

Le Vietnam va dépenser au moins 2% du budget de l’État pour le développement culturel

La résolution stipule que le financement du développement culturel comprendra au moins 2% des dépenses budgétaires annuelles totales de l’État, en plus des ressources sociales mobilisées. Le ministère travaille en coordination avec le ministère des Finances du Vietnam et les organismes compétents afin de définir la structure de cette allocation et d’en garantir une utilisation efficace.

Lors de la séance de travail. Photo : VNA

Khanh Hoa appelée à devenir la ville de la photographie du Vietnam

Le 21 avril dans l'après-midi, une délégation du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, conduite par le vice-ministre Ta Quang Dong, s'est entretenue avec le Comité populaire de Khanh Hoa. Au cœur des échanges : le déploiement du projet « Construction et promotion de la marque nationale - Ville de la photographie du Vietnam » au sein de cette magnifique province.

Les entraîneurs des équipes vietnamienne et australienne lors d'une conférence de presse en Indonésie le 21 avril, avant la demi-finale du Championnat d’Asie du Sud-Est de football des moins de 17 ans. Photo : VFF

Championnat d’Asie du Sud-Est U17 : Vietnam-Australie, une demi-finale à enjeu

L’Australie possède une équipe solide, riche d’une vaste expérience internationale, et dotée d’une grande force physique et d’une discipline tactique exemplaire. Néanmoins, le Vietnam a étudié avec soin ses adversaires et élaboré des stratégies pour neutraliser leurs points forts tout en optimisant ses propres performances.

Un numéro artistique est présenté par la Troupe d'art des marionnettes de Hai Phong à la maison communale de Truc Cat, quartier de Le Chan. Photo : VNA

Exploitation de « la mine d’or » des industries culturelles : tout commence par la culture

À l’heure où la culture s’impose comme une ressource stratégique, le Vietnam entend transformer son riche patrimoine en levier de croissance et d’influence, en articulant créativité, technologie et identité. Entre préservation et innovation, les industries culturelles se dessinent ainsi comme un moteur clé d’un développement à la fois économique, durable et profondément enraciné dans les valeurs nationales.

L’artiste Le Huu Hieu. Photo : VNA

Un "ver à soie" vivant au cœur de l’art contemporain

Pour la première fois de son histoire, le Vietnam sera présent avec un pavillon à la 61e Biennale d’art de Venise, l’un des rendez-vous majeurs de l’art contemporain mondial avec l’installation « Tằm » (Baco da seta ou Ver à soie) de l’artiste Le Huu Hieu. Cette oeuvre s’impose comme un point focal — à la fois par sa force visuelle et par la profondeur de sa pensée.