​Bac Ninh: ​ Pour que le quan ho résonne à jamais

​Bac Ninh: Pour que le quan ho résonne à jamais

En 2009, l’UNESCO inscrivait le quan ho, chants alternés traditionnels de la région du Kinh Bac, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
​Bac Ninh: Pour que le quan ho résonne à jamais ảnh 1Photo: internet

Bac Ninh (VNA) - En 2009, l’UNESCO inscrivait le quan ho, chants alternés traditionnels de la région du Kinh Bac, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Dix ans ont donc passé. Qu’est devenu ce fleuron de l’art populaire ?

En matière de préservation et de valorisation du quan ho, tous les engagements pris envers l’UNESCO ont été honorés, a assuré Nguyên Tu Quynh, président du Comité populaire de la province de Bac Ninh (Nord). Non contente d’assurer la promotion et la transmission du quan ho, de reconstituer ou de remettre en état nombre d’espaces de représentation traditionnels, Bac Ninh est l’unique province du pays à proposer une allocation mensuelle aux maîtres de quan ho considérés comme des trésors vivants, a-t-il fait savoir.

« Le quan ho a retrouvé ses lettres de noblesse. Plus qu’un chant, c’est le mode de vie typique de la région du Kinh Bac dont notre province, Bac Ninh, constitue le noyau. Grâce aux efforts inlassables de toute la communauté du quan ho, des chercheurs, des collectionneurs et des artistes, la population prend de plus en plus conscience des valeurs de ce patrimoine culturel », a indiqué Nguyên Tu Quynh.

S’il y a 10 ans, la province de Bac Ninh ne comptait que 49 villages de quan ho et 34 clubs, ce chant est désormais pratiqué dans 369 villages et 381 clubs regroupant une bonne dizaine de milliers de membres. Ceux-ci témoignent de la participation active et de l’enthousiasme grandissant des habitants. Chaque club dispose d’un(e) artisan(e) qui joue le rôle de mentor, chargé de transmettre ce chant populaire à la jeune génération. Chaque habitant sait chanter au moins quelques chansons du répertoire.

Le quan ho est une forme d'art qui combine divers éléments, notamment musique, paroles et costumes, et présente la culture des habitants de la région anciennement appelée « Kinh Bac », ancien nom d’une région située au Nord, englobant la totalité des provinces de Bac Giang, Bac Ninh et une petite partie des localités voisines. Il s’agit d’une contrée riche en valeurs historiques et traditionnelles dont Bac Ninh constitue le noyau.

Il existe différents sous-genres, dont hat chuc, hat mung (qui signifie chanter des chants de salutation), hat tho (chants rituels), hat canh (compétition de chants entre chorales de différents villages) et hat hoi (festival chantant).

Après sa reconnaissance en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité, les autorités provinciales se sont davantage attachées à préserver cet art. Concrètement, les artistes ont bénéficié d’un traitement préférentiel, des classes ont été ouvertes, des efforts ont été réalisés pour collecter et compiler plus de 500 airs anciens.

Dix ans après sa reconnaissance par l’UNESCO en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le quan ho y reste préservé et se développe pour l’essentiel au sein de quatre environnements : la communauté, les écoles de l’ensemble de la province, le Centre de la culture et le Théâtre des chants populaires quan ho de Bac Ninh, qui vient d’être inauguré (première phase) en mai dernier. Parmi les mesures prises, l’une des plus efficaces est son enseignement depuis l’année scolaire 2011-2012 dans toutes les écoles allant de la maternelle au lycée. Les élèves ont ainsi l’occasion d’apprendre non seulement les mélodies mais aussi l’histoire de ce chant populaire.

De plus, la province a chargé son Service de la culture, des sports et du tourisme d’organiser régulièrement, depuis 2017, des représentations de quan ho en barque. Cette idée a permis d’attirer l’attention et l’intérêt de nombreux habitants. À cela s’ajoute l’investissement de Bac Ninh dans la rénovation, la mise en place d’institutions culturelles, la construction de locaux en faveur des clubs. En particulier, la province dispose d’une planification détaillée d’un complexe culturel dédié à ce chant alterné, d’une superficie de plus de 247.000 m², dans la commune de Hoà Long.

En outre, un théâtre au service des représentations de quan ho a été bâti sur 19.400 m², également à Hoà Long, pour un coût de plus de 178 milliards de dôngs. L’ouvrage sera non seulement un lieu de préservation de ces chants populaires, mais également une attraction pour les touristes nationaux et étrangers. -VNA

Voir plus

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

« La Résolution n°80 a été adoptée à un moment particulièrement opportun, alors que le pays entre dans une nouvelle étape de son développement national. À l’ère de l’essor de la nation, cette résolution a posé un nouveau cadre idéologique, au sein duquel la culture est appelée à jouer de toute urgence un rôle transversal, en soutien à la science et à la technologie, à l’intégration internationale, à l’innovation, à la réforme institutionnelle, au développement de l’économie privée, ainsi qu’aux secteurs de l’éducation et de la santé.

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Photo diffusée par la VNA

Le Vietnam défend la mise en œuvre du traitement préférentiel pour les pays en développement

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO, a proposé de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, le partage d’expériences, le renforcement de la coopération internationale et la mise en œuvre des recommandations adoptées en ce qui concerne l’article 16 de la Convention sur le «traitement préférentiel pour les pays en développement».

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.