Avec les Dao rouges de Diên Biên, la danse s’embrase

Diên Biên abrite 6.000 Dao, lesquels sont répartis en différents groupes. Nous nous intéressons aujourd’hui aux Dao rouges et à leur danse rituelle qui se pratique sur des braises ardentes.

Diên Biên (VNA) – La province septentrionale de Diên Biên abrite 6.000 Dao, lesquels sont répartis en différents groupes, en fonction notamment de leurs costumes traditionnels. Nous nous intéressons aujourd’hui aux Dao rouges et à leur danse rituelle qui se pratique sur des braises ardentes.

Avec les Dao rouges de Diên Biên, la danse s’embrase ảnh 1La danse du feu. Photo: VOV


Huôi Sâu est un village rattaché au district de Nâm Pô. Ses 430 habitants, tous des Dao rouges, portent le même patronyme, Chao. Au début ou à la fin de l’année, ils choisissent un jour qui leur paraît faste pour organiser leur danse du feu.

Au premier chant de coqs, les villageois allument les lumières de leurs maisons. Les femmes arborent leurs costumes traditionnels et les hommes préparent les offrandes. Autrefois, la danse du feu était une affaire familiale et ne se déroulait que chez le chef de chaque lignée familiale. Aujourd’hui, c’est une fête communautaire qui se tient au milieu du village, comme nous l’explique Chao Siêng Ta, le patriarche de Huôi Sâu.

«Au cours de cette fête, nous prions les ancêtres, les divinités et leur armée de protéger nos récoltes, de chasser les mauvais esprits et les maladies, mais aussi d’éclairer l’esprit de nos enfants pour qu’ils réussissent dans les études», précise-t-il.

Les offrandes comprennent une tête de porc ou un petit cochon, un brûle-encens, de l’eau, de l’alcool et cinq tasses, du papier do qui tient lieu d’argent votif, deux pièces en argent, du riz emballé dans du tissu et un morceau de bambou fendu en deux. La cérémonie, qui se déroule au son des gongs, est conduite par un chaman.

Juste avant la cérémonie, les villageois allument un énorme feu de bois dans la cour du village. À peine les prières du chaman se sont-elles arrêtées que l’amas de bois s’est transformé en braises ardentes. Ceux qui veulent danser sur ces braises ont pris soin de s’asseoir derrière le chaman. Ils attendent que celui-ci obtienne pour eux l’autorisation des divinités. Et il le fait avec le morceau en bambou fendu que nous avons évoqué tout à l’heure. S’il obtient la permission des divinités, et c’est souvent le cas, les jeunes villageois assis derrière lui se mettront tous à sauter, pieds nus, sur les braises aussi ardentes que leur cœur enchanté. Ils poursuivront cette danse enflammée jusqu’à ce que les braises refroidissent sous leurs pieds noircis. Chao San Phin a plusieurs fois participé à cette danse.

Avec les Dao rouges de Diên Biên, la danse s’embrase ảnh 2Photo: VOV

«Nous dansons comme si notre corps avait été investi par des divinités, comme des somnambules qui sursautent au contact des braises ardentes. Ça nous réveille et nous conforte», raconte-t-il.
 
Mais attention, tous les hommes ne sont pas autorisés à danser sur les braises. Il y a bien des tabous à respecter, comme nous l’explique Chao Kiêm Phin, un habitué de ces rites.

«Chaque danse sur braises ne peut compter que huit participants qui tous, ont reçu la bénédiction des divinités. Ils doivent être en bonne santé et quelques jours avant la cérémonie, ne pas manger de chien et rester chastes», précise-t-il.

Après la danse sur braises, viennent d’autres danses effectuées par un autre danseur, Chao Kiêm Phin en l’occurrence, des danses qui rendent hommage à l’armée divine et reproduisent la vie quotidienne des villageois.

Par la suite, le chaman brûle l’argent votif qu’il envoie ainsi aux divinités et aux ancêtres en lisant des prières pour la paix et le bien-être des villageois. La fête se termine par une ronde et des chants collectifs par lesquels les villageois enchantés expriment leur foi en les divinités. – VOV/VNA

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