Au chevet des coraux de Dà Nang

Depuis deux ans, les membres du groupe de sauvetage des êtres marins Sasa travaillent assidûment dans les eaux maritimes de Dà Nang. Objectif : faire revivre des récifs coralliens en danger de mort.
Hanoi, 15 novembre (VNA) - Depuis deux ans, les membres du groupe de sauvetage des êtres marins Sasa travaillent assidûment dans les eaux maritimes de Dà Nang. Objectif : faire revivre des récifs coralliens en danger de mort.
Au chevet des coraux de Dà Nang ảnh 1Sasa Team Marine Animals Rescue s’occupe des récifs coralliens dans les eaux de la péninsule de Son Trà, à Dà Nang (Centre).

À 05h00 du matin, le soleil pointe son nez à la surface de la mer. Sur une plage de la péninsule de Son Trà de la ville de Dà Nang (Centre), le groupe de volontaires de Sasa, bien équipés, s’apprêtent à plonger.

Ils sont 16 jeunes bénévoles, vietnamiens et étrangers, dirigés par Lê Chiên, 35 ans, ex-membre d’une ONG spécialisée dans les écosystèmes marins. Il a créé en 2017 le groupe Sasa (Sasa Team Marine Animals Rescue), qui s’occupe des récifs coralliens dans les eaux de la péninsule de Son Trà. "Nous avons une mission bien chargée à accomplir, fixée par notre groupe lui-même. Cette mission sacrée s’échelonne sur plusieurs étapes, toutes localisées au fond de la mer", confie Lê Chiên.

Des filets assassins


Il précise : nettoyer l’environnement de vie des colonies de coraux, amener les coraux lésés vers le rivage, implanter ces coraux sur des planches nutritives avant de les réinstaller en mer, construire puis installer des grandes assises en acier au milieu des colonies avant d’y placer des "pyramides" de coraux lésés. "Une fois attachés aux assises, les coraux pourront se développer comme il faut. Et chaque pyramide en acier se transformera en une colonie solide, espère le chef du groupe Sasa.           

Aujourd’hui, l’équipe ramasse les "filets fantômes" qui, depuis longtemps, sont accrochés aux colonies, ainsi qu’une multitude d’objets plastiques, jetés par des personnes peu scrupuleuses, dont des touristes. "Les filets fantômes et les ordures peuvent anéantir l’environnement de vie de ces êtres vivants. Nombreux sont les récifs coralliens qui sont en danger de mort. La situation s’est aggravée ces derniers temps, avec l’apparition  d’un cimetière blanc au fond de la mer", explique le chef du groupe.

Le projet de sauvetage des récifs coralliens est une initiative de Lê Chiên. Lorsqu’il était membre d’une ONG spécialisée en écosystème marin, Lê Chiên a fait des études  poussées sur la situation des récifs coralliens de la côte du Centre, en vue de l’établissement de projets de sauvegarde, voire de restauration.

Mais, voyant qu’aucune mesure concrète n’a été mise en place, Lê Chiên a décidé de lancer son propre projet et de faire revivre les colonies coralliennes dévastées. Le projet est soutenu par des jeunes passionnés de vie sous-marine qui sont conscients de la disparition progressive des coraux. Le groupe Sasa a vu le jour dans la foulée, fort de 16 jeunes volontaires travaillant dans divers secteurs d’activité à Dà Nang.

"Notre projet est déployé d’abord dans la partie Sud de la zone maritime de la péninsule, où existent 104,6 ha de récifs coralliens", informe Lê Chiên. Il explique qu’ici les coraux sont victimes des filets fantômes et d’une exploitation touristique irraisonnée. En effectuant des plongées sur les récifs, les touristes non informés peuvent les briser. D’autre part, chaque ancrage de bateau peut racler 40 m de récifs.

Deux pyramides pour les coraux
Au chevet des coraux de Dà Nang ảnh 2L'objectif du groupe Sasa Team Marine Animals Rescue est de faire revivre des récifs coralliens en danger de mort.  Photo : CVN

Lê Chiên informe que l’équipe ramasse des filets tous les deux jours. "Plonger pour repêcher ces filets n’est pas facile du tout, c’est même dangereux. Cela demande une technique et une expérience professionnelles. Les filets sont emmêlés et il est facile d’y resté coincé si l’on n’y prend pas garde", confie-t-il. Faute de bouteille d’oxygène, le plongeur ne peut travailler que pendant une minute, avant de remonter à la surface pour s’oxygéner. En deux ans, le groupe a pu repêcher 10 tonnes de filets.

Autre mission des plongeurs: ramasser les coraux lésés, aux tentacules brisées, et les amener sur le rivage. "Dans l’ensemble, les coraux sont dans un état pitoyable, leurs tentacules perdent de leurs couleurs et ne peuvent plus bouger", déplore Lê Chiên.

Les coraux blessés sont implantés sur des planches nutritives avant d’être remis au fond de la mer. Petit à petit, en l’espace d’un mois ou deux, ils se régénèrent. Ce processus de renaissance est suivi de près par les membres de Sasa. "Nous sommes contents de voir les tentacules grandi et gagner parfois 2 mm en un mois. C’est un rythme de croissance prodigieux. Normalement, la tentacule ne s’allonge que d’un centimètre par an", vante-t-il. Il précise que jusqu’ici, son groupe a réussi à placer huit planches nutritives au fond de la mer.

Une fois que les coraux ont repris "du poil de la bête", les planches nutritives sont retirées de l’eau puis fixées sur des treillages en acier. Entretemps, le groupe procède à la construction puis à l’installation d’une grande assise en acier au fond de la mer, dans le secteur des récifs coralliens. "Cette assise colossale en forme de pyramide doit servir de base à une nouvelle colonie", explique Nguyên Van Dung, 28 ans, originaire de Hanoï.

Le montage de l’assise, qui pèse  deux tonnes, est très compliqué, selon Dung. Les plongeurs la transportent en pièces détachées vers l’endroit choisi, avant de l’assembler sous l’eau. Plongeant en apnée, ils doivent revenir à la surface chaque minute. De plus, ils doivent acheminer 2 à 3 tonnes de pierres pour ancrer solidement la structure. "Les plongeurs doivent faire des centaines d’aller-retour, de la rive aux récifs coralliens", précise Nguyên Van Dung.

Les efforts du groupe Sasa ont porté leurs fruits et les deux assises qu’ils ont installées sont couvertes de coraux. "Quelle joie d’imaginer qu’un jour elles porteront des colonies prospères", s’enthousiasme Christopher Reeves, un Sud-Africain professeur d’anglais à Dà Nang, membre de la première heure du groupe Sasa. - CVN/VNA

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