Dông Thap (VNA) – Le Parc national de Tram Chim, niché au cœur de la commune éponyme, représente l'une des rares zones humides intérieures encore préservées de l'historique Plaine des Joncs (Dông Thap Muoi). Il joue un rôle absolument essentiel dans la préservation de la biodiversité et dans le développement d'un écotourisme durable.
Reconnu en 2012 comme le 2.000ᵉ site Ramsar mondial et le 4ᵉ du Vietnam, Tram Chim attire chaque année le retour de plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs, grâce à l'exceptionnelle richesse de ses écosystèmes aquatiques et terrestres. Pour la province de Dông Thap, la conservation du parc constitue un axe stratégique majeur, conciliant de front la protection de l’environnement et la croissance verte.
Selon le docteur Duong Van Ni, ancien directeur du Réseau des universités sur les zones humides du bassin du Mékong, la biodiversité du parc est d'une densité remarquable, abritant 349 espèces de phytoplancton, 139 espèces de plantes supérieures, 67 espèces de poissons, et pas moins de 104 espèces d’oiseaux.
D'après Doàn Van Nhanh, directeur adjoint du Centre de conservation et de coopération internationale du parc, les autorités provinciales ont consulté des experts pour mettre en œuvre un plan de restauration des écosystèmes, dans le cadre du projet de conservation de la grue antigone de l'Est (Grus antigone sharpii) – un symbole ornithologique de la région.
Le directeur du parc, Nguyên Van Lâm, a souligné que la gestion du niveau d’eau est un facteur clé pour le maintien des habitats naturels et le retour de la grue antigone de l'Est (Grus antigone sharpii). Fort des résultats encourageants des travaux de restauration de l'écosystème au cours des deux dernières années, le parc a amorcé une stratégie de valorisation. Il collabore désormais avec des entreprises et les populations locales pour mettre en place de nouveaux circuits et développer des produits et services touristiques. L'objectif est d'enrichir l'expérience des visiteurs tout en soutenant financièrement les efforts de conservation.
Selon Pham Duc Hoa, directeur de la zone touristique de Tràm Chim, la restauration des écosystèmes génère non seulement une valeur scientifique, mais également une valeur culturelle et spirituelle. Le parc est en passe de devenir un modèle intégré réussi, alliant harmonieusement conservation de la nature, écotourisme et éducation environnementale.
La période la plus propice pour admirer Tràm Chim s'étend de septembre à décembre, pendant la saison des crues, lorsque le paysage aquatique et les forêts de cajeput offrent un spectacle naturel paisible et coloré.
La restauration des habitats naturels permet aujourd'hui de développer des produits écotouristiques durables, mêlant découverte de la nature et sensibilisation à la protection de l'environnement.
Selon la représentante de l'entreprise WildTour, Bùi Minh Nguyêt, le parc et ses partenaires s'engagent dans le développement d'une offre touristique diversifiée. Celle-ci comprend des circuits éducatifs axés sur la conservation et des circuits expérientiels, à l'image du programme « Une journée dans la peau d'un fermier ».
Sur le front de la conservation, les efforts portent déjà leurs fruits : en deux ans, le parc a restauré près de 100 hectares d'Eleocharis atropurpurea, la principale source de nourriture de la grue antigone. En 2024, Tràm Chim a pu accueillir sept individus de cette espèce emblématique. Ce retour est perçu comme un signe très encourageant de la résilience et de la vitalité retrouvée de tout l'écosystème.-VNA