mercredi 16 août 2017 - 20:26:27

Apprendre le vietnamien en Grande-Bretagne

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Tous les samedis matin, les enfants Viêt kiêu (Vietnamiens d’outre-mer) de 2e et 3e générations vivant dans l’arrondissement londonien de Lewisham se rendent à l’école vietnamienne. Créée il y a dix ans, elle est très appréciée par les Viêt kiêu de Grande-Bretagne.

L’Association des femmes vietnamiennes et les Vietnamiens vivant dans l’arrondissement londonien de Lewisham ont créé, il y a dix ans, une école vietnamienne afin de permettre aux enfants Viêt kiêu des 2e et 3e générations d’apprendre la langue de leur pays d’origine et de préserver leur identité culturelle traditionnelle. Malgré un budget limité, les professeurs réussissent à maintenir les cours grâce à l’aide de la communauté. Pour eux, enseigner cette langue est un moyen de la perpétuer au sein de la diaspora.

Des enseignants bénévoles

Quynh Giao, enseignante, estime que les Vietnamiens vivant à l’étranger sont très intéressés par l’apprentissage du vietnamien. Même s’ils sont nés ou sont arrivés dès leur plus jeune âge en Europe, la plupart des Vietnamiens de Grande-Bretagne restent attachés à leur langue d’origine. L’école vietnamienne de Lewisham permet donc à ces Viêt kiêu d’apprendre le vietnamien, ou d’approfondir leurs connaissances.

L’école propose trois cours de niveaux différents. Le premier est destiné aux enfants de moins de sept ans et à ceux qui ne savent pas parler vietnamien. «Notre objectif est d’aider ces enfants à faire connaissance avec la langue, via l’aide des volontaires», souligne Quynh Giao.

Le deuxième est réservé à des élèves qui ont déjà des connaissances en vietnamien. Mais leur niveau n’est pas encore suffisant pour qu’ils emploient la méthode Tiêng Viêt vui (le vietnamien en s’amusant), publiée par le ministère vietnamien de l’Éducation et de la Formation. Il s’agit donc d’une étape préparatoire pour qu’ils puissent intégrer le troisième cours, où la méthode Tiêng Viêt vui est utilisée.

La qualité de l’enseignement de l’école vietnamienne est citée comme exemple en Grande-Bretagne. Par ailleurs, les enseignants travaillent tous à titre bénévole.

«Les volontaires contribuent fortement au succès de l’école», insiste Quynh Giao. Il s’agit en grande partie de Vietnamiens étudiant en Grande-Bretagne, qui veulent transmettre leur patrimoine linguistique.

On demande à ces étudiants d’aider les élèves du premier cours. Ils leur apprennent à prononcer l’alphabète, à épeler les mots, à former des syllabes et à communiquer simplement. Leur seule motivation est leur attachement profond à la langue vietnamienne et leur volonté de la transmettre à leurs élèves. Les écoliers sont eux aussi motivés et se démènent pour apprendre cette langue difficile. En plus des matières comme vocabulaire, prononciation, grammaire, connaissances sur l’histoire et la culture vietnamiennes, les élèves interprètent également des chansons vietnamiennes.

«Mes fils veulent apprendre la langue de leurs parents. Ils apprécient l’atmosphère conviviale de cette école, partage Nhung Adams, mère de deux enfants suivant des cours à l’école vietnamienne. Tous les samedis, mes fils se lèvent très tôt et me demandent de les emmener à l’école pour qu’ils retrouvent leurs amis».

Beaucoup d’enfants demandent à leurs parents de les y inscrire. Parfois, les parents leur préparent le déjeuner. Des plats vietnamiens bien sûr.

Pénurie de manuels d’enseignement

Selon Quynh Giao, la méthode Tiêng Viêt vui s’est beaucoup améliorée. Elle permet aux enseignants de donner quatre compétences aux élèves, notamment dans les domaines de la compréhension orale et écrite. Pourtant, certains points de la méthode n’ont pas été renouvelés. Les enseignants doivent donc rédiger eux-mêmes des leçons pour les élèves. Il manque aussi de manuels, ce qui ne facilite pas l’apprentissage pour les jeunes élèves.

«Nous souhaitons une collaboration plus étroite entre le ministère des Affaires étrangères et celui de l’Éducation et de la Formation afin de poursuivre la publication de manuels destinés aux Viêt kiêu. Par ailleurs, il faut réfléchir à fournir des livres aux départements de vietnamien des universités et des écoles des pays d’accueil afin de favoriser l’enseignement sur place», propose Quynh Giao. -CVN/VNA
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