La qualité de l'éducation du Vietnam s'améliore sensiblement. C'est un fait. Le Parti et l'Etat vietnamiens, soucieux de l'équité sociale, appliquent des politiques d'aides aux enfants issus des ethnies minoritaires, des familles démunies. Même si aujourd'hui, le Vietnam propose une éducation pour tous, il reste encore beaucoup à faire pour parvenir à une éducation de qualité.

Des propos tenus par le vice-ministre de l’Education et de la Formation, Nguyen Vinh Hien, lors de l’ouverture du séminaire national de la régulation par l’Etat de la qualité et de l’équité de l’Education, organisé par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en collaboration avec le ministère de l’Education et de la Formation du Vietnam à Hanoi, du 19 au 21 décembre.

Cet événement réunit des spécialistes français et près de 100 représentants des services de l’Education et de la Formation, des écoles pré-scolaires aux universités venus de différentes provinces et villes du pays.

L'éducation au Vietnam comme dans le monde connaît des mutations rapides dues au développement socio-économique, culturel et politique, dans le contexte de la mondialisation. Elle fait face à des besoins pressants qui nécessitent d'innover continuellement afin d'en améliorer la qualité et de répondre aux exigences du développement du pays.

Selon Nguyen Vinh Hien, l'Etat octroie chaque année un budget croissant pour le secteur éducatif. Néanmoins, la forte croissance des besoins exigent de mobiliser différentes ressources pour investir dans son développement.

Devant ce constat, le ministère de l’Education et de la Formation du Vietnam a posé quatre grandes problématiques. Primo : comment faire pour avoir une éducation de qualité pour tous ? Secundo : comment faire pour la considérer comme un «service public» ? Tertio : comment faire pour que l’Etat puisse réguler efficacement la qualité et l’équité dans l’éducation ? Et quarto : Comment faire pour mobiliser toutes les ressources, les initiatives de la communauté éducative pour s’orienter vers l’objectif de garantir une éducation de qualité pour tous ?

Le séminaire national de diagnostic qui s’est ouvert aujourd’hui devrait être l’occasion d’une concertation et d’un dialogue franc, sans tabous ni aucune censure entre les représentants des divers secteurs de l’éducation, relevant aussi bien du public que du privé, afin d’aboutir de manière participative et consensuelle à la définition d’un socle commun en matière d’équité et de qualité entre l’autonomie des établissements d’enseignement et le respect des orientations et critères de la politique éducative nationale, a fait savoir Mme Fadia Nassif, spécialiste du programme «Gestion et régulation du système éducatif» de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

A partir d’un état des lieux de la régulation par l’Etat de la qualité et de l’équité de l’éducation, du préscolaire au secondaire, y compris la formation technique et professionnelle, aussi bien dans le public que le privé, les participants au séminaire national devraient pouvoir établir un diagnostic de la régulation de la qualité et de l’équité en termes de forces et de faiblesses, a-t-elle ajouté.

D’après Mme Anissa Barrak, directrice du Bureau régional de l’Organisation internationale de la Francophonie pour l’Asie et le Pacifique, «L’éducation pour tous» que la communauté internationale s’est fixée parmi les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) n’est pas seulement un objectif quantitatif. Equité et qualité sont les conditions pour que les résultats attendus de la généralisation de l’enseignement soient effectifs en termes de développement et de droits humains.

Par ailleurs, dans un contexte de mondialisation de l’éducation où des opérateurs privés passent les frontières et agissent à l’échelle internationale, c’est une véritable chance qui est offerte aux apprenants de s’ouvrir à des cursus diversifiés et d’accéder à des enseignement d’excellence. A savoir, l’arrêté du Premier ministre entré en vigueur le 15 novembre dernier réglementant la coopération et l’investissement étranger dans le secteur de l’éducation au Vietnam exige la certification de la qualité de l’enseignement tout en ouvrant la possibilité d’investissement 100% étranger ou à participation mixte.

«La privatisation ou la libéralisation de l’enseignement, qu’il s’agisse d’opérateurs nationaux ou étrangers, ne signifie pas un désengagement de l’Etat ou un renoncement à la préservation de l’intérêt public. La régulation du système éducatif est une obligation pour atteindre l’équité et la qualité. Et il revient légitimement à l’Etat d’en être le garant», a souligné Mme Anissa Barrak.

Le Vietnam est l’un des huit membres de l’OIF participant à ce programme pour bénéficier de la recherche des mesures afin d'assurer une fourniture des services éducatifs publics et privés de qualité et équitables.

Selon, Mme Fadia Nassif : «Le projet que mène l’OIF vise à consolider la fonction régulatrice des Etats et leur capacité à intervenir dans le secteur de l’Education, qu’il s’agisse de l’enseignement privé ou public. Le fil conducteur qui sous-tend notre démarche est que les efforts de tous les acteurs éducatifs convergent vers les objectifs définis par la politique sectorielle de l’éducation, de manière à assurer une éducation de qualité pour tous, du préscolaire au secondaire».

Le séminaire s’inscrit dans le cadre du projet de l’OIF sur le rôle de l’Etat comme régulateur des services éducatifs qui, outre le Vietnam, concerne la Roumanie, le Burkina Faso, Haïti, le Maroc, Maurice, la République démocratique du Congo et le Rwanda. - AVI