Hanoï (VNA) – À l’invitation du président vietnamien Luong Cuong, le président du Conseil européen, António Costa, effectuera une visite officielle au Vietnam les 28 et 29 janvier. À la veille de cette visite, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Vietnam, Julien Guerrier, a accordé une interview à l’Agence vietnamienne d’Information (VNA), au cours de laquelle il a souligné l’importance, la portée et les perspectives futures de la coopération Vietnam–UE.
Selon l’ambassadeur, le choix du président du Conseil européen d’effectuer cette visite dans un contexte de fortes tensions géopolitiques mondiales revêt une portée symbolique particulière. Il a estimé que ce déplacement adressait un message clair à la communauté internationale : l’Union européenne souhaite renforcer ses partenariats avec des pays comme le Vietnam, attachés au respect du droit international et au multilatéralisme.
L’UE apprécie également que cette visite intervienne peu après la clôture réussie du 14ᵉ Congrès national du Parti communiste du Vietnam. En outre, la visite intervient à un moment où, après 35 ans d’évolution depuis les premières aides humanitaires des années 1990, les relations bilatérales ont atteint le niveau de développement le plus dynamique et le plus approfondi de la région. Selon l’ambassadeur, les relations bilatérales sont désormais mûres pour entrer dans une « nouvelle ère ».
À ce stade, les deux parties sont bien placées pour ouvrir un nouveau chapitre en élevant leur relation au rang de Partenariat stratégique global, a indiqué Julien Guerrier. Il a souligné qu’un tel rehaussement n’avait été réalisé qu’une seule fois auparavant par l’Union européenne, ce qui constitue un signal stratégique clair de la détermination commune à approfondir davantage la coopération et à souligner l’importance de cette relation auprès de leurs partenaires.
Si cette évolution se concrétise, le Vietnam deviendrait le premier pays d’Asie du Sud-Est à établir un Partenariat stratégique global avec l’Union européenne, confirmant que les relations Vietnam–UE figurent parmi les plus avancées au sein de l’ASEAN et constituent un modèle pour l’engagement plus large de l’UE dans la région.
L’ambassadeur a souligné que ce rehaussement proposé irait au-delà de la symbolique, en offrant un cadre plus solide pour une coopération concrète et pragmatique dans des domaines apportant des bénéfices directs aux deux parties, à leurs peuples et à leurs économies.
Dans le cadre de ce partenariat renforcé, l’UE entend consolider trois piliers clés de la coopération avec le Vietnam : le commerce, la transition verte, ainsi que la paix et la sécurité.
Depuis son entrée en vigueur, l’Accord de libre-échange Vietnam–UE (EVFTA) a permis une augmentation d’environ 40 % des échanges commerciaux bilatéraux au cours des cinq dernières années. Toutefois, a indiqué Julien Guerrier, les deux parties cherchent à renforcer davantage leurs relations commerciales, notamment dans un contexte de défis croissants pour le commerce mondial.
Ces derniers mois, les deux parties ont tenu une série de réunions de coordination, en particulier avec le ministère vietnamien de l’Industrie et du Commerce. Conformément aux orientations du 14ᵉ Congrès national du Parti, le Vietnam accélère le déploiement des énergies renouvelables tout en renforçant sa sécurité et son indépendance énergétiques dans un environnement international en mutation. L’UE, a-t-il affirmé, s’engage à intensifier son soutien aux efforts du Vietnam dans ce domaine.
La coopération en matière de sécurité s’est également élargie. Le Vietnam contribue actuellement par des officiers aux missions de maintien de la paix de l’UE en Afrique, et les deux parties étudient les moyens d’approfondir cette collaboration au-delà de ce cadre. Les domaines prioritaires comprennent la sécurité maritime, la gestion des crises, les questions liées à la Mer Orientale, ainsi que les efforts mondiaux visant à promouvoir la stabilité et à faire respecter le droit international.
Au-delà de ces piliers bien établis, les deux parties cherchent également à élargir leur coopération dans des domaines émergents où l’engagement est jusqu’à présent plus limité, notamment la transformation numérique, l’innovation, le développement des compétences, la science et la technologie, la recherche et l’éducation.
Selon l’ambassadeur, les échanges entre les peuples joueront un rôle central dans l’avancement de la coopération dans ces domaines, en particulier dans des secteurs d’intérêt commun tels que les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, les chaînes de valeur numériques et les matières premières critiques.
S’agissant de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), le Vietnam a accompli un travail considérable, notamment en matière d’installation de dispositifs de surveillance sur les navires de pêche de plus de 15 mètres, ainsi que de renforcement du cadre juridique. Selon l’ambassadeur, les services compétents à Bruxelles examinent actuellement les rapports actualisés transmis par le ministère vietnamien de l’Agriculture et de l’Environnement, en vue de l’organisation éventuelle d’une mission d’inspection sur le terrain.
Enfin, concernant la Mer Orientale – par laquelle transitent environ 40 % des importations de l’Union européenne –, il a indiqué que l’Union européenne attendait du Vietnam qu’il joue pleinement et de manière proactive un rôle en faveur de la paix et de la stabilité, non seulement au niveau régional, mais aussi à l’échelle mondiale.-VNA