Une mégapole en cote d’alerte

La pollution de l’air et de l’eau à Hô Chi Minh-Ville atteint aujourd’hui un niveau critique. La ville dépense chaque année 21.000 milliards de dôngs pour enrayer la situation.

Hô Chi Minh-Ville (VNA) - La pollution de l’air et de l’eau à Hô Chi Minh-Ville atteint aujourd’hui un niveau critique. La ville dépense chaque année 21.000 milliards de dôngs pour enrayer la situation, mais les efforts restent encore largement insuffisants.

Une mégapole en cote d’alerte ảnh 1Ramassage des ordures sur la canal Nhiêu Lôc- Thi Nghè. Photo : Manh Linh/VNA

Entre la poussière, les gaz d’échappement et le bruit, Hô Chi Minh-Ville a gagné sa place dans le classement des dix villes les plus polluées au monde. Avec comme toujours, les mêmes coupables : les transports et les industries.

Selon les experts, depuis 2010, la ville n’est plus capable de prévoir exactement la qualité de l’air en raison du manque de capteurs. Les quelques rares placés en ville relèvent une concentration moyenne de particules fines et un niveau de bruit bien plus élevés que les normes autorisées dans dix points cruciaux de Hô Chi Minh-Ville, dont le carrefour d’An Suong ou l’arrondissement de Go Vâp.

La lourde contribution des industries

Pointées du doigt, les entreprises sont jugées comme en partie responsables de la situation. Elles rejettent quotidiennement dans l’air près de 32 tonnes de poussières, 487 tonnes de dioxyde de soufre et de 27 tonnes de dioxyde d’azote. Plus de 55% des entreprises de Hô Chi Minh-Ville ne sont pas équipeés de système de traitement des rejets atmosphériques et des eaux usées.

La mégapole du Sud brûle quotidiennement 28 tonnes de déchets médicaux qui produisent, entre autres, du dioxyde de soufre et du dioxyde d’azote, de l’acide chlorhydrique (HCL) pouvant causer de graves problèmes de santé, notamment chez les patients atteints de maladies respiratoires et cardio-vasculaires.

Et à ceci s’ajoutent 24.000 m3 d’eaux usées rejetées par l’activité industrielle. Le rapport du Service des ressources naturelles et de l’environnement a pointé que 60% à 70% des 76 km du système des canaux intra-muros sont pollués, et cité entre autres ceux de Nhiêu Lôc-Thi Nghè, Kênh Dôi-Kênh Te, Tân Hoa-Lo Gôm, Rach Tra-Thây Cai ou encore d’An Ha. Alors qu’il fournit les habitants en eau pour leur vie quotidienne, le fleuve Saïgon n’est pas épargné et affiche une qualité des plus médiocres.

Un pas vers l’amélioration

Une mégapole en cote d’alerte ảnh 2De 60% à 70% des 76 km du système des canaux intra-muros de Hô Chi Minh-Ville souffrent d’une grave pollution. Photo : Hoàng Hai/VNA

Ces dernières années, la ville a mis en place une série de solutions pour protéger l’environnement pour près de 21.000 milliards de dôngs par an. Mais cette somme n’est réservée qu’à la construction d’infrastructures au service de la surveillance de l’environnement, de la qualité de l’air et des eaux souterraines.

D’après Cao Tung Son, directeur du Centre d’observation et d’analyse de l’environnement (Service municipal des ressources naturelles et de l’environnement), la ville va débloquer pour 2017 près de 79 milliards de dôngs. En outre, Hô Chi Minh-Ville envisage d’investir 495 milliards de dôngs d’ici 2020 dans 27 observatoires automatiques et 225 semi-automatiques.

Nguyên Thi Thanh My, directrice ajointe du Service municipal des ressources naturelles et de l’environnement, explique qu’actuellement, son équipe travaille avec les investisseurs des usines de traitement des déchets pour implémenter des technologies modernes afin de limiter le volume de déchets enterrés. Concernant les eaux usées, la capacité actuelle des usines de la ville ne répond qu’à 13% du volume total rejeté dans l’environnement. Ainsi, la ville a-t-elle lancé plusieurs appels aux investisseurs, et va déterminer la responsabilité de la gestion de la qualité des eaux dans les canaux.

Phùng Chi Sy, directeur adjoint de l’Institut de la technique tropicale et de la protection de l’environnement, estime que la ville doit investir davantage dans le domaine. Pourtant, avec des crédits aussi limités, la municipalité doit revoir les cibles des investissements selon lui. Il juge nécessaire de mettre l’accent tout d’abord sur les infrastructures pour contrôler la qualité de l’environnement et ensuite dans les usines de traitement des eaux usées. Il souhaite des règlements plus stricts sur la protection de l’environnement visant les habitants et les entreprises, et ce, par des sanctions concrètes. «En outre, les activités de communication et de prévention sont devenues primordiales», finit-il par conclure. -CVN/VNA

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