Une doctoresse au chevet des malades d’Alzheimer

Depuis des années, la doctoresse Oanh Le Meyer consacre beaucoup de temps à étudier les modalités de prise en charge des malades d’Alzheimer.
Une doctoresse au chevet des malades d’Alzheimer ảnh 1La doctoresse Oanh Le Meyer et sa mère. Photo: NVCC/CVN
Hanoï (VNA) – Depuis des années, la doctoresse Oanh Le Meyer consacre beaucoup de temps à étudier les modalités de prise en charge des malades d’Alzheimer. Elle souhaite apporter son soutien aux Américains d’origine asiatique souffrant de cette pathologie.

La maladie d’Alzheimer, de par son ampleur, ses conséquences sur la vie des malades et de leurs proches, est un véritable enjeu de société. Dans l’optique de sensibiliser les Américains d’origine asiatique à cette maladie et à ses implications au quotidien, Oanh Le Meyer, une Viêt kiêu des États-Unis, a publié en 2015 une étude sur les structures de prise en charge des malades ainsi que sur la façon d’apprendre à vivre avec eux.

Oanh Le Meyer est professeure assistante à l’Université de Californie et du département de neurologie au Centre de la maladie d’Alzheimer de l’UC Davis. Sa mère est touchée par cette maladie. "Tout d’abord, ma mère a commencé à poser les mêmes questions encore et encore. Puis les repas complexes qu’elle cuisinait sont devenus plus simples. Et puis un jour, un  médecin a diagnostiqué sa maladie. Le processus continue. C’est juste une maladie qui envahit son cerveau", a-t-elle confié.

Des dispositifs pour aider les aidants

Depuis, Oanh Le Meyer consacre son temps à aider les personnes qui s’occupent de proches atteints de cette maladie. Elle étudie également leurs expériences et la façon dont les programmes pourraient les aider, ce qui, selon elle, bénéficierait aux Américains d’origine asiatique. Les barrières culturelles, linguistiques et le manque de sensibilisation au sein de cette communauté rendent en effet la gestion de la démence extrêmement difficile à la fois pour les patients et pour les aidants. Oanh Le Meyer s’est consacrée à la recherche des meilleurs moyens pour les aider.
Une doctoresse au chevet des malades d’Alzheimer ảnh 2Au colloque sur les malades d’Alzheimer d’origine vietnamienne organisé en Californie. Photo: Alzheimer’s Association/CVN


Son étude, publiée en août 2017 dans la revue Dementia, explore une intervention qu’elle a développée avec ses collègues pour réduire le stress et améliorer la santé des personnes qui s’occupent de proches atteints de démence et d’Alzheimer. L’intervention comprend à la fois une éducation à la culture de la démence et des maladies associées, et à la manière d’obtenir des soins médicaux appropriés, des techniques de gestion du stress, ainsi que des stratégies pour mieux anticiper et gérer les comportements des malades. Ainsi équipés, les proches et aidants peuvent faire face à diverses pressions.

Source d’inspiration pour les soignants
Une doctoresse au chevet des malades d’Alzheimer ảnh 3La ville de San Jose, en Californie, où vivent plus de 100.000 personnes d’origine vietnamienne. Photo: CTV/CVN
"Comme elle-même prend en charge un proche, la doctoresse Oanh Le Meyer a également inspiré certains soignants américano-vietnamiens", a souligné Stephanie Nguyên, directrice exécutive de l’organisation à but non lucratif Asian Resources, basée à Sacramento, en Californie, qui fait partie de l’équipe de recherche d’Oanh Le Meyer. Et de continuer: "En tant qu’aidant et scientifique, elle apporte ses expériences pratiques et son expertise pour soutenir la communauté vietnamienne".

Pour l’heure, Oanh Le Meyer et ses camarades, dont la doctoresse Mary Mittelman de l’Université de New York, en collaboration avec des organisations non gouvernementaux, sont en train de réaliser des programmes visant à soutenir les aidants. Dans l’avenir, elle a intention de multiplier ces programmes, d’abord à San Jose, en Californie, où vivent plus de 100.000 personnes d’origine vietnamienne, puis dans d’autres régions du pays.

Elle veut aussi de mener une étude approfondie à grande échelle pour expliquer pourquoi les Vietnamiens ont l’incidence la plus élevée de la maladie d’Alzheimer au sein de la communauté américaine d’origine asiatique. "J’espère que les résultats de mes recherches et les programmes destinés aux aidants se multiplieront partout, pas seulement pour aider les personnes d’origine vietnamienne mais aussi les personnes d’origine asiatiques", a-t-elle dit. -CVN/VNA

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