Un village montagnard et ses bambous géants à Quang Nam

Nichée sur la montagne de Ngok Cung, province de Quang Nam, la "gigantesque bambouseraie" ne s’est faite connaître que ces derniers temps. Un petit miracle bien défendu par les autochtones.

Hanoi, 16 juin (VNA) - Nichée sur la montagne de Ngok Cung, province de Quang Nam, la "gigantesque bambouseraie" ne s’est faite connaître que ces derniers temps. Un petit miracle bien défendu par les autochtones.

 Un village montagnard et ses bambous géants à Quang Nam ảnh 1Un bambou géant qui vient d’être coupé.

Photo: Manh Cuong/CVN

Le village de Long Riêu, du district de Nam Trà My, province de Quang Nam (Centre), est niché sur le sommet d’une montagne de la cordillère de Truong Son. Habité par une vingtaine de familles d’ethnie minoritaire, il se trouve écarté des autres villages et des centres urbains. Néanmoins, "la vie des autochtones n’y est pas difficile du tout. Ce village est fier d’avoir des  greniers  à riz toujours pleins, des jardins de ginseng Ngoc Linh, une forêt de canneliers séculaires, et surtout des bambous gigantesques qu’ils protègent jalousement", révèle Hô Van Duong, chargé des affaires culturelles de Nam Trà My. 

Des bambous de plus de 30 m de haut

Selon M. Duong, ces bambous extraordinaires que les autoch-tones surnomment "bambous du génie Giong" (un génie légendaire ayant utilisé des bambous à la place d’armes pour repousser les agresseurs étrangers) ne poussent que sur le territoire du village de Long Riêu. 

La visite de la bambouseraie débute au petit matin. Du centre de Nam Trà My, on prend la direction de Kon Tum (une province des hauts plateaux du Centre). Puis, après une vingtaine de kilomètres à moto sur un chemin cahoteux, à travers des forêts luxuriantes, on arrive au village. Le périple se poursuit, à pied cette fois, par monts et par vaux. "La forêt de bambous est là!", s’exclame Duong. De hauts massifs de bambou apparaissent en effet le long d’un ruisseau, formant un rempart naturel extraordinaire. Chaque touffe compte 250-300 "troncs" de couleur dorée, aux mensurations extraordinaires: plus de 30 m de haut, 20-25 cm de diamètre, 60-70 cm de périmètre, et 70-80 cm de distance entre deux nœuds. Des chiffres quadruplés voire quintuplés par rapport aux bambous ordinaires.

 Un village montagnard et ses bambous géants à Quang Nam ảnh 2Des objets confectionnés à partir de bambous.


Aux pieds des bambous géants apparaissent d’innombrables jeunes pousses d’un rouge vif (au lieu du jaune ordinaire). "Une pousse suffit à faire une soupe pour tous les villageois", plaisante Duong, avec un brin de fierté. 

Les villageois de Long Riêu sont hospitaliers. Hô Van Thach, patriarche, accueille les visiteurs avec un large sourire. Autour d’un verre d’alcool de riz, il vante: "depuis toujours, Long Riêu est vu comme un  grenier à riz du district de Nam Trà My. Jamais la famine ne survient ici. Les familles érigent leurs dépôts de riz sur les pentes des montagnes, sans avoir besoin de les garder".

Parlant de la forêt de bambous gigantesques, le patriarche ne cache pas son orgueil. "C’est un don du Ciel. Les bambous sont vus comme le génie protecteur des villageois. À part Long Riêu, on ne peut trouver cette variété nulle part ailleurs dans la province de Quang Nam". Selon lui, les autochtones ont convenu depuis toujours de garder secret l’existence de cette forêt, de peur que des étrangers ne viennent l’exploiter, voire la détruire.

 Un village montagnard et ses bambous géants à Quang Nam ảnh 3Ces bambous géants servent à de multiples usages.

Photo: Manh Cuong/CVN


La "zone sacrée" s’ouvrira aux touristes


Bien entendu, cette forêt est considérée comme une "zone sacrée". Personne n’ose y  toucher. Les bambous du génie Giong ne sont utilisés que dans le cadre des affaires communautaires, à l’occasion des fêtes notamment. À l’arrivée du Têt (fête de Nouvel An lunaire) ou autres événements festifs du village, avec la permission du patriarche, des jeunes hommes viennent abattre un seul pied. Il l’amène au village pour en faire des objets et articles au service de la cérémonie cultuelle, par exemple  rigole (destinée au culte du génie du Ruisseau), perche rituelle, articles ornementaux, hottes, paniers à riz, corbeilles de fruits…

"Il s’agit de besognes sacrées auxquelles tout le monde a l’honneur de participer, avec une ferme confiance en le génie protecteur qui apportera paix, prospérité, santé, récoltes abondantes, chance et bonheur", affirme le patriarche. La fête terminée, les articles en bambou sont distribués comme cadeaux à des familles.  

Hô Quang Buu, président du Comité populaire de Nam Trà My, informe que le district encourage les habitants locaux à étendre la superficie de cette espèce végétale très recherchée afin de développer le tourisme vert. "Une fois que la bambouseraie aura été élargie, le district financera la construction d’un bon chemin menant au village. Les visiteurs pourront alors découvrir une nature préservée mais aussi la culture et la gastronomie originales de ces montagnards", prévoit le dirigeant de Nam Trà My.

Un avenir prometteur attend les villageois de Long Riêu. - CVN/VNA

Voir plus

Le Vietnam accueillera le concours internationale Miss Monde 2026. Photo : TP

130 candidates seront en lice au Vietnam pour Miss Monde 2026

Le Vietnam a été officiellement désigné pays hôte de la 73e édition du concours Miss Monde lors de la demi-finale de Miss Monde Vietnam 2025, le 25 mars, organisée par Sen Vang Entertainment. C’est la première fois que le Vietnam accueille Miss Monde, l’un des concours de beauté les plus anciens et les plus prestigieux au monde.

Le programme s’ouvre par des performances artistiques, avant d’inviter les visiteurs à découvrir un espace d’exposition conçu comme un véritable « jardin de lumière », où cohabitent des centaines de créations aux dimensions et aux styles variés. Photos: baotintuc.vn

À Hanoi, le Temple de la Littérature convie les lumières en son jardin

Le programme « Jardin de lumière » a ouvert ses portes dans l’espace du Jardin Giam, au sein du site historique du Temple de la Littérature (Hanoï), offrant aux visiteurs une expérience immersive unique à travers des centaines de lanternes artisanales finement réalisées par des artisans et des villages de métiers traditionnels.

Développement de la « Silver Économie » au Vietnam : transformer le défi du vieillissement en levier de croissance

Faire du patrimoine le socle de l’identité de Hanoï

Hanoï, ville du patrimoine par excellence du Vietnam, abrite pas moins de  6.489 sites historiques et culturels, près de 1.793 éléments du patrimoine culturel immatériel, des milliers de villages d’artisanat et des centaines de trésors nationaux – un réservoir d’une valeur inestimable héritée du millénaire de Thang Long.

Le palais An Dinh, trésor architectural de la ville de Hue

Le palais An Dinh, trésor architectural de la ville de Hue

Construit en 1917, le palais An Dinh comptait à l’origine dix structures. Aujourd’hui, seules trois subsistent presque intactes : la porte principale, le pavillon Trung Lap et l'édifice Khai Tuong. Ce dernier se dresse avec élégance, tel un véritable château de style européen, au cœur de l’ancienne capitale impériale de Hue.

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président de la République, To Lam, et le Premier ministre slovaque, Robert Fico, au concert de l'amitié Vietnam-Slovaquie. Photo: VNA

Un concert d’amitié Vietnam–Slovaquie à Hanoï

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président de la République To Lam et le Premier ministre slovaque Robert Fico,a assisté à un concert de l’amitié Vietnam–Slovaquie à Hanoï, un événement symbolique illustrant le dynamisme des échanges culturels et le renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays.

Espace de représentation du chant Xoan dans la maison commune de Hung Lo, province de Phu Tho. Photo: VNA

Mettre en valeur le patrimoine dans la vie contemporaine

La Résolution n°80 établit une approche globale du patrimoine, en le considérant à la fois comme un héritage historique et comme une ressource importante pour le développement. Elle souligne la nécessité d’assurer un équilibre entre préservation et valorisation, afin que les éléments culturels puissent continuer à exister tout en répondant aux besoins de la société contemporaine.