Hanoi (VNA) – Vu Duy Thuc figure sur la liste des 40 hommes d’affaires de moins de 40 ans les plus remarquables de la Silicon Valley, publiée par le Silicon Valley Business Journal. Il est cofondateur et PDG d’OhmniLabs, une entreprise spécialisée dans la fabrication de «robots de famille» Ohmni.

Le journal américain Silicon Valley Business Journal a dévoilé récemment sa liste des 40 hommes d’affaires de moins de 40 ans les plus remarquables de la Silicon Valley - berceau de l’industrie de pointe américaine où se trouvent quelques-unes des plus grandes firmes américaines des hautes technologiques. Le Vietnamien Vu Duy Thuc, 35 ans, apparaît sur cette liste. 

Vu Duy Thuc et le robot Ohmni. CTV/CVN

Vu Duy Thuc s’est fait un nom au sein de la diaspora vietnamienne aux États-Unis en raison de son succès dans les études puis dans le monde de la start-up. Ancien élève du Lycée d’élite relevant de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville, il a remporté plusieurs prix et concours d’informatique organisés au Vietnam et aux États-Unis.

Un parcours scolaire de haute volée

Diplômé de la célèbre université américaine Carnegie Mellon avec Mention très bien et après avoir obtenu le Prix d’étudiant excellent de l’Association américaine d’étude d’informatique (CRA), il a déposé sa candidature pour une bourse de doctorat dans quelques-uns des établissements universitaires les plus prestigieux des États-Unis.

Son dossier de candidature a été accepté peu de temps après par sept universités, dont MIT, Stanford, Carnegie, Mellon et Berkeley. Il a donc poursuivi un doctorat en technologies de l’information (TI) à l’Université Stanford avec une bourse complète. En 2010, à 28 ans, il est devenu le plus jeune docteur vietnamien de cet établissement.
 
Passionné par les TI, Duy Thuc a jeté son dévolu sur la Silicon Valley pour lancer sa start-up. Il a co-créé l’entreprise de logiciel Katango et l’application de la messagerie Tappy - toutes deux acquises par le géant Google - ainsi que la plate-forme de création et gestion de présence en ligne Weeby.

Vu Duy Thuc (4e à gauche) est cofondateur et PDG d’OhmniLabs, une entreprise spécialisée dans la fabrication de «robots de famille» Ohmni. Photo : CTV/CVN

À maintes reprises, la presse américaine a honoré le talent et la créativité inédite de ce Vietnamien. Avec OhmniLabs, entreprise spécialisée dans la fabrication de «robots de famille» Ohmni, Duy Thuc contribue à relever la valeur spirituelle des produits technologiques. Ces robots d’OhmniLabs et du Docteur Duy Thuc ont même fait les gros titres du New York Times, de CNN, CNBC et ABC - des groupes de médias dont la réputation n’est plus à faire. Par ailleurs, ces robots sont très appréciés par les spécialistes, notamment sur le plan social. D’autant plus qu’ils permettent aux membres de la famille de rester en contact et de participer à distance aux activités qu’ils organisent.

«Le nombre de personnes âgées aux États-Unis augmente de plus en plus. La plupart souffrent de la solitude et de l’isolement. Et dans cette Amérique vieillissante, nous manquons de personnel pour les prendre en charge», a partagé Duy Thuc dans le journal The New York Times. C’est en pensant spécialement à l’environnement familial que le robot Ohmni a été conçu. Il fait la part belle aux solutions de chat déjà existantes telles que Skype, Google Hangouts pour lesquelles certaines expériences ou interactions de groupe ne conviennent pas toujours.

En contact avec la famille

«Nous avons créé un robot que les gens peuvent utiliser tous les jours pour communiquer mais aussi vivre ensemble. Les possibilités sont infinies. J’utilise Ohmni avec ma grand-mère au Vietnam et c’est surprenant de voir à quel point notre interaction est naturelle», s’est-il réjoui.
 
Ce robot a été créé à partir de pièces imprimées en 3D. La simplicité est ce qui le caractérise le mieux car il suffit d’un niveau basique de connaissances techniques pour l’utiliser. Le robot est en effet contrôlé à distance à partir d’une station d’accueil.

Livré déjà assemblé, il suffit juste de le connecter à une borne wifi comme n’importe quel appareil. Tel un ordinateur, il peut être contrôlé à partir d’une souris ou d’un pavé tactile. Sa technologie cloud peut s’intégrer à un compte Google ou Facebook pour identifier chaque utilisateur.

Le robot Ohmni peut marcher, regarder des films avec les personnes âgées sans pour autant interrompre leurs propres affaires et se connecter avec les membres de leur famille.​

Le robot Ohmni permet aux membres de la famille de rester en contact et de participer à distance aux activités qu’ils organisent. Photo : CTV/CVN

«Ce robot particulier contribue à renforcer la vie spirituelle des adultes. Il convient tant aux jeunes qu’aux seniors», a souligné Joseph Coughlin, directeur de la société AgeLab relevant de l’Institut américain de technologie du Massachusetts - MIT.

Dans un futur proche, Duy Thuc a l’ambition d’ajouter quelques compétences à son robot, dont la consultation médicale à distance, la mesure du rythme cardiaque et de la température corporelle, le ramassage des objets et le nettoyage de la maison.

«Je souhaite présenter un jour ces robots au Vietnam, notamment ceux ayant la capacité de réaliser des consultations médicales à distance pour aider les habitants vivant dans les régions reculées où les installations médicales sont moins développées», a déclaré Duy Thuc.

La route du jeune PDG d’OhmniLabs vers le succès n’a toutefois pas été un long fleuve tranquille, lui et ses collègues ayant essuyé d’innombrables échecs. Néanmoins, avec son éternel optimisme, Duy Thuc a pris chaque revers comme une leçon, et continue sans relâche à poursuivre son rêve de créer de l’innovation.

Depuis 2012, Duy Thuc travaille comme professeur assistant et chercheur à l’Institut John von Neumann de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville.

Bien qu’il soit occupé par son double travail de PDG et de conférencier, Duy Thuc consacre toujours du temps et des ressources financières au soutien des étudiants défavorisés au Vietnam.

Vietseeds - la fondation caritative fondée par Duy Thuc - a accordé des centaines de bourses aux étudiants pauvres d’une valeur de 4.000 dollars chacune.

Selon Duy Thuc, ce mécénat n’est rien d’autre qu’un juste retour des choses par rapport à tous les soutiens dont il a pu bénéficier pour ses études. Une manière pour lui de s’acquitter de cette «dette». L’éducation est la meilleure base, et la connaissance, la meilleure garantie pour un bon avenir, peu importe le point de départ. – CVN/VNA