Hanoi (VNA) - Les découvertes relatives à des momies conservées par fumigation au Vietnam et dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est ont été reconnues par la communauté scientifique internationale comme l’une des dix découvertes archéologiques majeures de l’année 2025.
Elles apportent un éclairage inédit sur les pratiques funéraires et la vie spirituelle des populations préhistoriques de la région. Des sites archéologiques bien connus tels que Côn Cô Ngua et Mai Da Diêu (province de Thanh Hoa), Hang Mang Chiêng (province de Ninh Binh) et Hon Hai Cô Tiên (province de Quang Ninh) sont depuis longtemps considérés comme des références majeures pour l’étude de la préhistoire vietnamienne.
Toutefois, à la lumière d’une nouvelle étude archéologique multinationale, ces sites ont été réinterprétés comme pouvant conserver des traces de momies traitées par fumigation, et non de simples inhumations en position fléchie, comme on le pensait auparavant.
L’étude, dirigée par la Dre Hsiao-chun Hung (Université nationale australienne) et le Pr Hirofumi Matsumura (Université médicale de Sapporo, Japon), avec la participation de chercheurs vietnamiens et internationaux, a analysé 54 sépultures préhistoriques provenant de 11 sites archéologiques répartis en Asie du Sud-Est et dans le sud de la Chine. Les résultats ont été publiés en 2025 dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).
Selon les auteurs, il s’agit de la première recherche en Asie de l’Est à proposer un cadre d’interprétation archéologique complet sur le phénomène de la momification par fumigation, fondé à la fois sur des données de terrain et sur des analyses scientifiques en laboratoire (analyses ostéologiques, isotopiques, traces de fumage, etc.). L’étude démontre que cette technique ne visait pas uniquement à préserver les corps dans un environnement tropical chaud et humide, mais traduisait également des croyances spirituelles profondes et révélait des liens culturels étroits entre les populations anciennes d’Asie du Sud-Est et les communautés autochtones actuelles de Nouvelle-Guinée et d’Australie.
Fait notable, les résultats démontrent que les momies fumées découvertes en Asie de l’Est sont antérieures de plusieurs millénaires aux célèbres momies d’Égypte ou d’Amérique du Sud, remettant ainsi en question les connaissances établies sur l’histoire mondiale des pratiques de momification.
L’Institut archéologique américain a salué cette étude pour sa haute valeur scientifique et son apport à l’ouverture de nouvelles perspectives sur les conceptions anciennes de la vie et de la mort. Pour les chercheurs vietnamiens, cette reconnaissance internationale est le fruit d’une coopération scientifique étroite et efficace, ainsi que de la mise en valeur d’un patrimoine archéologique national particulièrement riche et précieux. Elle contribue à renforcer la place de l’archéologie vietnamienne sur la scène scientifique mondiale. - VNA