Hanoi (VNA) – Des collectionneurs de timbres ou de vieux livres, ça, on connaît… Des collectionneurs de figurines, en revanche, c’est déjà plus rare. Alors un collectionneur de figurines professionnel, là, c’est à la limite du surréaliste…Eh bien figurez-vous que non ! Il en existe au moins un, et au Vietnam, en plus de ça. Il s’appelle Tô Quôc Nghi.

Un metier dont vous ignorez peut-etre l’existence hinh anh 1Tô Quôc Nghi. Photo : VNP


Une chemise à carreau, un jean bleu, des cheveux longs lissés à l’arrière… À première vue, Tô Quôc Nghi, 31 printemps aujourd’hui, ressemblerait plutôt à un artiste un peu bohème... Mais il exerce un métier peu commun: collectionneur de figurines. Eh oui, c’est son gagne-pain. Il y en a qui sont médecins, coiffeurs, enseignants, journalistes… Eh bien Tô Quôc Nghi, lui, collectionne des figurines...   

«On a tous été fans de dessins animés quand on était petit… Alors en général, quand on grandit, on nourrit d’autres passions. Eh bien pas moi, et ça, j’assume!... J’adore les figurines qui représentent des personnages de dessins animés. En bois, en plastique, en métal… Je prends tout ce que je trouve… Ça a commencé dans les années 2000, mais à l’époque, c’était assez difficile de faire des collections de ce genre-là, ici, au Vietnam», raconte-t-il.  

Un metier dont vous ignorez peut-etre l’existence hinh anh 2Une de ses figures. Photo : Kenh14.vn

Issu d’une famille d’enseignants, Tô Quôc Nghi est lui aussi professeur. «Était», devrait-on dire… Après avoir obtenu un diplôme à l’Université nationale de Hô Chi Minh-ville, il a en effet enseigné le dessin pendant deux ans dans une école primaire… avant de finalement tout laisser en plan pour se consacrer à son unique passion: les figurines.

D’accord, lui ont dit ses parents, mais à condition qu’au bout de trois ans, tu réussisses à devenir autonome…

Pari gagné! Aujourd’hui, Tô Quôc Nghi est collectionneur et fier de l’être. 

«Les temps changent», constate-t-il. «Aujourd’hui, être collectionneur de figurines est aussi banal qu’être collectionneur de timbres ou de vieux journaux. On n’est plus regardé comme l’hurluberlu de service… De toutes façons, des collectionneurs de figurines, il y en a quand même plusieurs de par le monde, et en plus, ils ont la bonne idée de communiquer entre eux, ce qui facilite les affaires. Et puisqu’on parle d’affaires, eh bien moi, j’ai ouvert ma propre boutique de figurines, et ma foi, ça marche plutôt pas mal.»      

Un metier dont vous ignorez peut-etre l’existence hinh anh 3La figure de Trân Hung Dao. Photo : fmshop

«Plutôt pas mal»… Un doux euphémisme. En fait de boutique, Tô Quôc Nghi est à la tête d’un bâtiment de cinq étages en plein cœur du 10e arrondissement de Hô Chi Minh-ville: autant dire qu’il a pignon sur rue. Qui l’eût cru, pourtant ? Lorsqu’il s’est lancé, il n’avait que 5 millions de dôngs en poche…

Aujourd’hui, il possède une collection de plus de 600 pièces venues des quatre coins du monde, une collection dont la valeur marchande est estimée à plus de 300 millions de dôngs. Mais son rêve ne s’arrête pas là.  

«J’ai commencé à créer des figurines à partir de personnages historiques du Vietnam», nous explique-t-il. «La toute première, c’était Trân Hung Dao… Pour les prix, ça ne dépasse pas les cent mille dôngs, en général : c’est plutôt abordable... Moi, j’aimerais montrer qu’au Vietnam aussi, on est capable de faire des figurines avec des héros de l’Histoire.»   

Cette idée, de créer des figurines en se basant sur l’Histoire du Vietnam, a enthousiasmé Hông Duc Thinh, un autre collectionneur.

«J’ai toujours aimé des figurines...», dit-il. «Mais avec le tourbillon de la vie moderne, j’ai un peu délaissé cette passion-là… C’est grâce à Nghi que j’y suis revenu… Pour ce qui est de son projet de créer des figurines sur des personnages historiques,  je suis à fond pour! Je suis sûr que beaucoup de gens vont mieux pouvoir connaître notre Histoire, comme ça.»

Parallèlement à ce projet de figurines historiques, Tô Quôc Nghi songe à ouvrir une deuxième boutique, mais à Hanoi, cette fois. Et puis peut-être une troisième à Dà Nang… Et puis, qui sait? – VOV/VNA