Chaque dimanche matin, les philatélistes de Hanoï se réunissent au café sis 160, rue Triêu Viêt Vuong.

Hanoi (VNA) - Depuis 15 ans, chaque dimanche matin, les philatélistes de la capitale se donnent rendez-vous dans un petit café de la rue Triêu Viêt Vuong. Rassemblés sur le trottoir, ils boivent du thé et du café tout en échangeant des timbres.

L’initiative de la création de ce "marché aux timbres" revient à Pham Hào, un enseignant à la retraite. Cet homme d’une soixantaine d’années a toujours en mémoire ce dimanche de décembre 2002 où le marché s’est ouvert la première fois. Il est devenu au fil des années un lieu singulier, à la fois d’échanges de timbres et de camaraderie, connu de tous les philatélistes hanoïens.

Chaque dimanche matin, à partir de 09h00, le petit café du 160, rue Triêu Viêt Vuong, se transforme en un "marché aux timbres". De nombreux philatélistes de Hanoï, de tous âges et de différentes catégories socioprofessionnelles, viennent y présenter leurs albums, contempler ceux des autres, échanger ou acheter des timbres, et ce tout en devisant gaiement et en sirotant du café ou du thé à petites gorgées.

La plupart ont au moins une décennie de pratique. Certains jours, ils sont une quarantaine de passionnés, à quoi s’ajoutent les curieux. Parfois des philatélistes venus d’autres localités du pays, voire des étrangers, s’incrustent parmi les habitués. Bien entendu, ils sont reçus à bras ouverts.

Un lieu d’échanges et de camaraderie

"Un groupe de collectionneurs de timbres, dont moi, d’abord échangé à distance. Puis nous avons décidé de choisir un lieu pour nous rencontrer régulièrement", a informé Pham Hào, fondateur du "marché". Celui-ci se tient à même le trottoir. Ses participants "historiques" se sont cotisés pour acheter des tables en bambou sur les quelles poser leurs épais albums, ainsi que des bâches pour se protéger de la pluie, qui ne manque pas de jouer les trouble-fête à certaines périodes de l’année.

La plupart de ces passionnés pratiquent la philatélie thématique. Comme son nom l’indique, ce type de philatélie désigne l’action de collectionner les timbres par thème. Et ces thématiques sont très variées : animaux, métiers, personnages célèbres (dont l’Oncle Hô), plantes, voitures, trains… Le collectionneur choisit le thème en fonction de ses goûts et de ses envies. D’autres pratiquent la philatélie mondialiste et cherchent à collectionner tous les timbres du monde, tel est leur pari! Mais la tâche est immense, voire impossible. C’est pour quoi ces passionnésre définissent les limites de leur collection. Ils peuvent se concentrer sur une période historique précise ou sur une zone géographique donnée.

Selon Pham Ngoc Son, membre de l’Association des philatélistes de Hanoï, le timbre se divise en deux catégories: timbre-poste oblitéré et timbre-poste neuf. "Chaque timbre a sa propre histoire, a-t-il expliqué. Ses valeurs sont à la fois culturelles et artistiques. La transaction peut prendre la forme d’un échange ou d’une vente. Cela peut aller de quelques dizaines de milliers à des millions de dôngs. Le prix du timbre oblitéré est supérieur à celui du timbre neuf".

Dans ce petit café traditionnel sans prétention, aux tabourets en bois et en plastique, les collection neurs parlent avec enthousiasme de timbres, bien sûr, mais pas seulement. Car en 15 ans de rencontres hebdomadaires, des liens d’amitié solides se sont formés et les discussions dépassent largement le cadre philatélique.

"Collectionner des timbres est ma passion. Mais parfois, je viens ici seulement pour rencontrer mes amis, c’est si convivial! Ce marché est unique dans la capitale, a confié Nguyên Tiên Dat, 63 ans, qui vient ici depuis l’ouverture du marché. En 15 ans, ce marché a réussi à préserver son authenticité et son originalité. Les philatélistes de la capitale, dont certains sont étrangers, sont de plus en plus nombreux à venir ici".

Une ouverture sur les autres cultures

Pour Trân Viêt Anh, "chaque timbre est une œuvre à part entière. Collecter, estimer la valeur, contempler, cela contribue à enrichir mes connaissances et ma vie tout simplement. Le philatéliste doit apprécier la valeur de chaque timbre, le considérer comme un bien inestimable". Ce jeune homme apprécie ses discussions avec des collectionneurs expérimentés qui lui permettent de progresser plus vite que s’il restait seul dans son coin.     

"Quelque soit le temps, je passe ici chaque week-end. Le timbre est une sorte de passerelle entre moi et d’autres passionnés, entre moi et le reste du monde", a-t-il partagé.

D’après Pham Hào, "la collection de timbres ne doit pas se faire tous azimuts. Il faut resserrer son champ de recherche en fonction de ses goûts. Et il faut consacrer du temps pour avoir une collection de valeur". -CVN/VNA