Un botaniste engagé pour protéger la forêt

Pham Van Thê est botaniste professionnel. À côté de ses recherches, il milite aussi pour la préservation de la flore et des milieux naturels. Un engagement enraciné au quotidien.

Hanoi (VNA) - Pham Van Thê est botaniste professionnel. À côté de ses recherches, il milite aussi pour la préservation de la flore et des milieux naturels. Un engagement enraciné au quotidien.

 Un botaniste engagé pour protéger la forêt ảnh 1Pham Van Thê lors d’une excursion en forêt. Photo: TN/CVN


Pham Van Thê se qualifie lui-même d’«homme étrange» parce qu’il passe plus de temps en forêt que chez lui. Ce n’est cependant guère surprenant pour un biologiste de terrain. Ses recherches ont permis de découvrir de nombreuses espèces végétales, certaines menacées. Il a publié plus de 50 travaux de recherche, un ouvrage en anglais et des dizaines de rapports scientifiques dans des revues internationales.

Lui et ses collègues de l’Institut d’écologie et des ressources biologiques (relevant de l’Académie des sciences et des technologies du Vietnam) ont découvert et répertorié 13 espèces de plantes nouvelles. Thê a même eu le privilège de donner son nom à plusieurs d’entre elles comme Gastrodia theana (famille des Orchidacées),  Tupistra theana (famille des Asparagacées) ou Theana vietnamica (famille des Orchidacées). Pour un biologiste, il n’y a rien de plus excitant que de trouver une nouvelle espèce ou de donner son nom à celle-ci (celui qui décrit une espèce ne peut la nommer à son nom, il faut que ce soit un collègue qui le fasse, ndlr).

Une passion qui remonte à l’enfance

Pham Van Thê est né dans une région montagneuse et forestière de la province de Hai Duong (Nord). «Lorsque l’on est enfant, on a un intérêt spontané pour la nature, les animaux. En ce qui me concerne, petit à petit, les plantes ont pris le dessus. Elles m’ont toujours fasciné : silencieuses, immobiles, inattendues et pourtant si prodigieusement vivantes ! C’est comme cela que je me suis spécialisé dans l’étude des arbres et des forêts», confie-t-il. À cet intérêt s’est ajoutée une sensibilité exacerbée face aux actions dévastatrices de l’homme.

Après sa maîtrise en sciences botaniques à l’Université de foresterie dans le district de Chuong My en banlieue de Hanoi en 2003, Thê a intégré l’Institut d’écologie et des ressources biologiques. La botanique est une science compliquée, particulièrement sous les tropiques. À ses débuts, Thê a rencontré beaucoup de difficultés pour identifier les espèces, tant la flore vietnamienne est diversifiée. Il existe 12.000 espèces de plantes vasculaires, et c’est sans compter les découvertes réalisées chaque année. «La personne qui m’a inspiré et aidé le plus est mon professeur, le Docteur Nguyên Tiên Hiêp, qui a décrit tant de nouvelles espèces d’orchidées», informe Thê.

«Il m’a aidé dans un premier temps à déterminer les familles des plantes, et ensuite à utiliser les clés dichotomiques pour parvenir à l’espèce», ajoute-t-il.

Dans l’imaginaire collectif, la forêt a souvent été représentée comme l’enfer vert, où le danger est omniprésent. Or «elle n’est pas si hostile!», s’amuse Thê, qui a cependant connu quelques déboires lors de ses pérégrinations par monts et par vaux, mais heureusement sans conséquence fâcheuse. Son premier incident eut lieu dans une forêt du district de Huong Son, province de Hà Tinh (Centre) en 2004. Il tomba tête la première dans un buisson épineux et s’en tira avec des griffures et une fièvre.


 Un botaniste engagé pour protéger la forêt ảnh 2"Gastrodia theana" (famille Orchidacée) est l’une des espèces végétales auxquelles Pham Van Thê a donné son nom. Photo: TN/CVN


Une autre fois, dans la province septentrionale de Bac Kan, il glissa au bord d’une falaise et évita de justesse la chute fatale. Pendant cette expédition, il découvrit une herbe médicinale utilisée dans la pharmacopée locale pour arrêter les saignements.

Et quid des serpents, crainte numéro un des coureurs de bois ? «J’en ai rencontrés plusieurs fois. Je ne les crains pas car ils se cachent la journée et ont en général peur de l’homme. Ils attaquent si l’on est agressif envers eux».

Un militant écologiste

«La forêt est mon terrain de recherche mais c’est aussi un monde merveilleux où je passe des moments inoubliables, avoue Thê. Chaque sortie m’apporte des émotions particulières. Je suis toujours curieux, il y a tant à découvrir !».

Thê et ses collègues ont prospecté de nombreuses forêts à travers le pays. Lorsqu’ils découvrent des espèces rares voire menacées de disparition, ils essaient d’apporter leur contribution à leur sauvegarde. Le cyprès doré vietnamien (Xanthocyparis vietnamensis) mérite à ce titre une mention particulière. Ce conifère n’a été découvert qu’en 2002, dans la province de Hà Giang (Nord). Il figure parmi les plantes les plus menacées du pays. Constatant que l’espèce avait de grandes difficultés à se reproduire en raison de la quasi-disparition des arbres mâtures, les experts ont fait multiplier la plante en conditions artificielles pour ensuite la réinstaller dans son milieu naturel. Les jeunes arbres font actuellement entre 3 et 5 m de haut. «Nous avons remis des plants à des habitants locaux ; ils ont la charge pour eux de les planter», se félicite Thê.

Thê est aussi fondateur et coadministrateur du site biodivn.com où lui et ses collègues publient des rapports et des informations sur la faune et la flore, notamment les espèces récemment repérés. «La protection des plantes, des animaux et de leurs milieux naturels ne peuvent être la tâche d’un seul individu ou d’une organisation. Il faut l’implication de toute la communauté», considère-t-il.

Selon Thê, il est tout à fait possible de concilier développement économique, société moderne et conservation de la biodiversité et des écosystèmes. C’est juste une question de volonté politique, au plus haut sommet de l’État. -CVN/VNA

Voir plus

Contrairement aux variétés cultivées, le riz sauvage possède un génome plus stable car il n'a pas été affecté par le processus de domestication. Photo: VNA

Le delta du Mékong protège le riz sauvage en voie de disparition

Des études récentes montrent que la superficie du riz sauvage, décrite comme un véritable trésor de ressources génétiques rares, diminue de façon dramatique. Les principales causes sont l’expansion des cultures, de l’aquaculture et des infrastructures de transport.

Dans la grotte de Chac Den, récemment découverte dans le parc national de Phong Nha-Ke Bàng, dans la province de Quang Tri. Photo : VNA

Une grotte peut en cacher une autre dans le parc national de Phong Nha-Ke Bang

Parmi ces nouvelles découvertes figurent plusieurs grandes grottes aux structures complexes et d’une grande valeur scientifique, notamment la grotte de Thiên Cung (4.206 mètres), la plus longue identifiée lors de l’étude, la grotte de Nuoc Lan (2.721 mètres), la grotte de Ma Dom (1.257 mètres) et la grotte de Cha Ngheo (583 mètres).

Des baleines géantes ont été aperçues près des côtes de Mui Ne et Liên Huong, dans la province de Lâm Dông. Photo : Nguyen Minh

Des baleines géantes font surface au large des côtes de Lâm Dông

Selon les habitants, les baleines sont de plus en plus fréquentes dans les eaux côtières de Lâm Dông ces derniers temps. Un groupe d’une centaine d’individus a été aperçu en surface, suscitant une grande surprise. La présence régulière de baleines est considérée comme un signe positif, indiquant l’abondance des ressources marines et l’amélioration de l’état de l’environnement côtier.

Le Nord connaît des averses et des orages en raison d'un front froid, ce qui entraîne une légère baisse des températures. Photo : Tintuc

L’air froid rafraîchit déjà le Nord, la chaleur se maintient sur le Centre

Dans les localités du Nord, y compris Hanoi, Quang Ninh et Hai Phong, l’arrivée d’air froid tôt jeudi 23 avril a provoqué des averses et des orages généralisés. En revanche, le Centre, notamment les régions de Thanh Hoa à Dà Nang et l’est de Quang Ngai, est touché par une vague de chaleur généralisée.

La tortue olivâtre de 60 kg relâchée à la mer à Ca Mau. Photo: VNA

Ca Mau : une tortue olivâtre de 60 kg remise à la mer après sauvetage

L’événement a débuté le 19 avril vers 23 heures, lorsque Nguyen Van Nghia, un pêcheur résidant dans la commune de Tan An, a découvert la tortue de 60 kg prise dans ses filets.Avec l’aide d’autres pêcheurs présents sur place, il a immédiatement organisé le sauvetage de l’animal.

Photo : comité d'organisation

Lancement de l'événement photographique international Vietnam BirdRace 2026

Du 8 au 10 mai, le parc national de Cat Tien (Dong Nai) prêtera son écrin verdoyant à l'édition 2026 du Vietnam BirdRace. Ce concours de photographie d'oiseaux sauvages mobilisera une large communauté – experts en conservation, photographes et public international – autour d'une ambition commune : magnifier le patrimoine naturel tout en sensibilisant à l'urgence environnementale.

Le Premier ministre Le Minh Hung. Photo : VNA

Énergie en Asie : le PM vietnamien propose trois axes de coopération

Le 15 avril, sur invitation de son homologue japonaise Takaichi Sanae, le Premier ministre Le Minh Hung a pris part au Sommet virtuel élargi de la Communauté asiatique à zéro émission nette (AZEC) sur l'autonomie énergétique, placé sous l'égide de la cheffe du gouvernement nippon."

Le Comité populaire municipal révise actuellement le schéma directeur de drainage en fonction des scénarios de changement climatique. Photo: hdnd.hochiminhcity.gov.vn

Hô Chi Minh-Ville se protège contre les inondations avant la saison des pluies

Hô Chi Minh-Ville se concentrera en 2026 sur le traitement de 29 points d’inondation majeurs. En parallèle, 24 projets seront déployés pour un investissement total de près de 38.000 milliards de dôngs. Ces chantiers revêtent une importance capitale pour augmenter la capacité d’évacuation des eaux et soulager les zones vulnérables.

Les Co Tu entretiennent un lien étroit avec la forêt, qu’ils considèrent comme la source de leur culture. Photo : vietnamnet.vn

Tout là-haut dans les montagnes de Dà Nang, le «royaume d’arbres de pơ mu»

Le « royaume d’arbres de pơ mu » est le nom donné par les habitants locaux à une forêt d’environ 450 hectares située au sommet du Zi’liêng, considéré comme une montagne sacrée par les Co Tu. À plus de 1.200 mètres d’altitude, la zone est enveloppée de brume toute l’année, avec un climat froid et humide, des conditions idéales pour le développement de cette espèce en une formation exceptionnelle.

Des habitants achètent de l’essence dans une station-service de la province de Ninh Binh. Photo : VNA.

Sécurité énergétique, clé de l’autonomie dans la transition verte

Dans un contexte marqué par l’évolution complexe de la situation géopolitique au Moyen-Orient, la sécurité énergétique s’impose comme une préoccupation majeure pour les économies d’Asie du Sud-Est, dont le Vietnam, engagé dans une transition vers un modèle énergétique plus vert et durable.