Tennis : De la générosité et du talent

Grâce au soutien de mécènes, quelques enfants défavorisés ont la chance de pouvoir s'adonner au tennis. Le décollage de leur carrière professionnelle permet même de subvenir aux besoins de leur entourage.
Hô Chi Minh-Ville, 21 mai (VNA)  -  Au Vietnam, le tennis reste un sport de privilégiés. Mais grâce au soutien de mécènes, quelques enfants défavorisés ont la chance de pouvoir s’y adonner. Le décollage de leur carrière professionnelle permet même de subvenir durablement aux besoins de leur entourage.
Tennis : De la générosité et du talent ảnh 1Nguyên Van Phuong (gauche) écoute des conseils de son entraîneur suédois Marcus Akerstrom. Photo : TP/CVN

Nguyên Van Phuong, Trân Minh Hiêu (club Bexamex Binh Duong) et Vo Hoàng Hùng (club de Hô Chi Minh-Ville) sont des étoiles montantes du tennis vietnamien. Leur parcours est atypique dans un sport qui laisse, il est vrai, peu de place aux personnes défavorisées, milieu dont ils sont issus. Ce qui leur a permis d’en arriver là ? Le talent et surtout la bonne volonté de leurs parrains. En effet, non contents de ne devoir payer qu’une somme symbolique pour les frais d’équipement et s’attacher les services d’un coach, leur coup de raquette permet à leur famille de vivre des jours meilleurs.

La première raquette de Nguyên Van Phuong

Originaire de Bac Giang (Nord), Nguyên Van Phuong, 16 ans, a vécu une enfance placée sous le signe de la précarité. Son père, Nguyên Van Long, est cuisinier. Il a décidé de s’installer à Hô Chi Minh-Ville en espérant une vie meilleure. Ayant toutes les peines du monde à joindre les deux bouts, jamais M. Long et son épouse n’auraient songé à débourser de l’argent pour que son fils puisse pratiquer un sport. Leur situation était telle qu’ils ont dû renoncer pendant 14 années consécutives à retrouver les leurs pendant le Têt traditionnel...

Mais rien ne pouvait barrer la route de Nguyên Van Phuong et son rêve de jouer au tennis. Il a eu pour la première fois une raquette entre ses mains à l’âge de six ans. Le coup de foudre a été immédiat, et il trimbalait partout avec lui la raquette de son père. C’est un voisin - aujourd’hui son père adoptif - qui a découvert son talent après quelques séances d’entraînement avec lui.

«Ses parents travaillaient près d’un terrain de tennis dans l’arrondissement de Tân Binh, où je faisais souvent du sport. En regardant l’éclat de son regard, j’ai su que sa passion était intense. Au début, je ne voulais que l’aider à pratiquer son sport favori. Mais après quelques séances d’entraînement, j’ai vite vu qu’il avait des dispositions pour ce sport», se souvient Bao Chân, son père adoptif.

Il s’est même rendu chez lui pour persuader ses parents de l’autoriser à s’entraîner dans un club à Hô Chi Minh-Ville. Deux ans plus tard, Van Phuong prend part aux Championnats de la province de Binh Duong, où il révèle son potentiel. Ses performances suscitent immédiatement l’attention du coach Trân Duc Quynh, qui convainc ses parents de le laisser intégrer le camp de formation Becamex Binh Duong, considéré comme le meilleur au Vietnam.

La Rolls des clubs vietnamiens

La clairvoyance du coach Trân Duc Quynh permet au Becamex Binh Duong d’intégrer un nouveau tennisman plein de promesses. En deux ans, grâce à ses prédispositions, sa persévérance et la volonté de ses entraîneurs de le sublimer, Van Phuong se constitue un bien joli palmarès au niveau national, mais aussi du Sud-Est asiatique. À son actif, le champion thaïlandais en titre, qu’il bat sur ses terres lors des Championnats de tennis U10 d’Asie 2011, disputés à Bangkok.

Comme son coéquipier Nguyên Van Phuong, Trân Minh Hiêu est né dans une famille pauvre. C’est son oncle maternel, entraîneur de tennis, qui l’a envoyé au centre de formation. Il n’a qu’une envie : aider son neveu à pratiquer leur sport préféré. Et pourquoi pas une révélation au bout du compte ? Trân Minh Hiêu est aujourd’hui l’un des piliers du club Becamex Binh Duong.

Nguyên Van Phuong et Trân Minh Hiêu ne sont pas des cas isolés, plusieurs tennismen vietnamiens ont reçu le soutien de généreux mécènes, à commencer par Vo Hoàng Hùng du club de Hô Chi Minh-Ville. Sans domicile fixe, analphabète, son avenir était promis à un sombre avenir avant d’intégrer l’organisation caritative Hope Tennis Charity il y a quatre ans. L’Américaine Tricia Lee Iverson l’a pris sous son aile et a chapeauté son entraînement.

En 2015, Vo Hoàng Hùng a remporté à la surprise générale la médaille d’argent du tournoi de tennis U14 d’Asie dans le groupe II. L’année dernière, il est monté sur la plus haute marche du podium des Championnats du Vietnam U16. Une ascension qui promet beaucoup, même si le plus dur reste devant lui. – CVN/VNA

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