Statue d’argile – Mœurs du Kinh Bac d’antan

Passion, enthousiasme, autant d’émotions présentes lors des deux séances de l’atelier "Statue d’argile - Mœurs du Kinh Bac d’antan" organisées au mois de juillet à Hanoï.
Statue d’argile – Mœurs du Kinh Bac d’antan ảnh 1Les statues d’argile du village Hô, dans la province septentrionale Bac Ninh, sont largement connues dans la région septentrionale d’antan.

Hanoï (VNA) - Passion, enthousiasme, autant d’émotions présentes lors des deux séances de l’atelier "Statue d’argile - Mœurs du Kinh Bac d’antan" organisées au mois de juillet à Hanoï. Une belle occasion offerte aux jeunes désireux de découvrir les secrets de ce métier artisanal menacé de disparition.

Cet évènement, organisé par Centre d’information TOTO, relevant de la SARL TOTO Vietnam, en collaboration avec l’atelier de dessin Hông Xiêm, avait pour but de présenter au public une facette de la culture vietnamienne au travers des jouets folkloriques dont la fameuse statue d’argile. "Cet atelier fait partie de la série d’activités que nous voulons offrir à la communauté des amoureux de l’art. Nous espérons coopérer davantage avec des artisans, afin de présenter les particularités culturelles ainsi que les arts traditionnels au public", a expliqué Thu Hà, chargée de marketing du Centre.

"En une vingtaine d’années de présence au Vietnam, nous avons privilégié l’échange culturel entre les peuples. En particulier, nous souhaitons nous focaliser  sur la préservation de la quintessence de la culture du pays où nous nous implantons. C’est pour cette raison que nous avons décidé d’organiser cet atelier, dans le but de faire revivre un métier ancestral menacé de disparition", a affirmé M. Shiozawa, directeur des affaires de la SARL TOTO Vietnam, lors de son discours d’ouverture de l’atelier.

L’atelier a permis de rencontrer le dernier artisan qui préserve encore à ce jour le métier artisanal de fabricant de statue d’argile : Phùng Dinh Giap. Les statues d’argile du village de Hô, province septentrionale de Bac Ninh, une partie du Kinh Bac d’autrefois, étaient largement connus dans la région. Ces jouets étaient souvent offerts à diverses occasions telles que fête de la mi-automne ou Têt traditionnel, notamment.

L’artisan Phùng Dinh Giap (droite) guide au plus jeune participant à modeler un petit objet à partir  de dât tho, une sorte d’argile utilisée pour fabriquer les statues du village de Hô.

Retour à l’enfance

Le septuagénaire a présenté aux participants les caractéristiques de ce jouet traditionnel, fabriqué à partir du dât tho, une sorte d’argile extraite à une profondeur de 2,5 à 3 mètres. C’est grâce à cette matière que les statues ne doivent pas passer par le processus de cuisson, la température ambiante étant suffisant pour les solidifier.

"À la différence des produits en céramique où il faut respecter différentes températures de séchage, mes statues d’argile dépendent de la température naturelle", a expliqué M. Giap, en ajoutant qu’"au fil du temps, ces objets deviennent plus solides et luisants, ce qui crée leur particularité".
 
Cet atelier divisé en deux séances a offert un billet de retour à l’enfance aux nombreux  participants, dont des gens attachés à ce jouet folklorique. Ils se sont retrouvés dans un espace paisible, exhalant l’odeur de l’argile, comme l’odeur des villages septentrionaux d’antan. Les artisans amateurs ont mis la main à la pâte en suivant les instructions de M. Giap.

"Cet atelier est vraiment intéressant. Nous avons eu l’occasion de rencontrer le dernier artisan qui exerce encore ce métier de fabricant de statues d’argile. Je suis impressionné par ce jouet traditionnel  fabriqué à partir des matériaux naturels. Ce métier  original recèle les mœurs de nos ancêtres, ce qui captive l’attention des jeunes", a confié Thu Ly, désigner indépendant, présent à l’atelier.

Pour sa part, Huê Phuong, créatrice de l’atelier de dessin Hông Xiêm, aussi organisatrice de cet évènement, n’a pas caché son émotion devant l’enthousiasme des participants. "Tenir ces petits objets d’argile me rappelle mes jours d’enfance, comme si je pouvais revoir mes grands-parents qui étaient paysans et dont la vie est attachée à la campagne. Je suis aussi heureuse de pouvoir me retrouver ici, au milieu d’une petite communauté amoureuse de la culture folklorique et désireuse de sauvegarder les valeurs traditionnelles", a partagé la jeune femme.

Une façon de protéger les métiers artisanaux en voie de disparition

Ces dernières décennies, les statues d’argile ont disparu de la liste des jouets pour enfants. Mais ces statues  disposent encore d’une vitalité, car elles reflètent la vie rurale d’antan par le biais d’animaux domestiques, d’enfants qui s’amusent ou même d’objets quotidiens.

Toutefois, il n’existe plus de nos jours que le vieil artisan Phùng Dinh Giap à exercer ce métier. "Je suis de la 3e génération de la famille à préserver les techniques professionnelles et mon fils essaie de poursuivre ce métier", a confié M. Giap. Ce dernier s’inquiète de  l’avenir d’une tradition ancestrale. Mais grâce aux divers évènements comme cet atelier, il se montre optimiste devant cette belle évolution de ce métier artisanal  avec de plus en plus de jeunes qui s’intéressent aux statues d’argile du village de Hô.

Dans les temps à venir, le Centre d’information TOTO ambitionne de poursuivre sa série d’évènement culturel, avec une forte focalisation sur les métiers artisanaux, en vue de relier les jeunes aux valeurs traditionnelles du pays. - CVN/VNA

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