Re.socks, la marque des chaussettes à partir de bouteilles en plastique recyclées

Et si vous vous mettiez à porter des vêtements recyclés ? La marque Re.socks propose des chaussettes fabriquées à partir de bouteilles en plastique recyclées.
Re.socks, la marque des chaussettes à partir de bouteilles en plastique recyclées ảnh 1Les chaussettes faites à partir des bouteilles en plastique. Photo: CVN

Hanoï (VNA) - Et si vous vous mettiez à porter des vêtements recyclés ? La marque Re.socks propose des chaussettes fabriquées à partir de bouteilles en plastique recyclées. Répondant aux critères environnementaux les plus stricts, les produits sont en vente au Vietnam et bientôt à l'étranger.

Chaque mardi matin, Hoàng Quy Binh (26 ans) part en bus du 1er arrondissement de Hô Chi Minh-Ville vers une usine située dans le district de Hoc Môn de cette ville pour surveiller la production des chaussettes dont il est le créateur. Mais ces chaussettes sont un peu particulières puisqu’elles sont fabriquées exclusivement à partir de bouteilles en plastique recyclées.

Recycler pour ne pas polluer

Né dans la province de Hai Duong (Nord), Binh a eu la malchance de perdre son père de bonne heure. C’est sa mère seule qui l’a élevé et qui lui a appris en priorité l’ordre et la propreté. En grandissant, il a pris l’habitude par exemple de laver des sacs en plastique et de les réutiliser ou encore de faire des bouteilles en plastique et en verre des pots de fleurs.

En 2014, lorsqu’il était étudiant du Département de mécanique de l'Université des sciences et technologies de Hanoï, Binh a pris conscience que ses bonnes habitudes étaient loin d'être partagées par le reste de la population. C’est pour cela que quelques temps plus tard, il a créé avec ses amis étudiants le club Green Life dans l’optique d’échanger du papier et piles utilisés contre des petits arbustes. En parallèle, le projet a construit aussi de nombreuses bibliothèques scolaires.

Lors de ses recherches sur Internet, il a découvert par hasard qu'il était possible de fabriquer des fibres textiles synthétiques pour chaussettes à partir du plastique. Cette méthode était alors appliquée aux États-Unis et en Australie mais pas encore au Vietnam. "C'est la bonne solution pour le traitement d'une grande quantité des bouteilles en plastique jetées chaque jour", partage Quy Binh. Récemment, il a décidé de rejoindre des amis et de déménager à Hô Chi Minh-Ville pour mettre en œuvre son projet nommé Re.socks. Ses collaborateurs sont des étudiants de 2e ou 4e années qui souhaitent eux aussi changer la perception des gens sur l'importance du recyclage au quotidien pour protéger l'environnement.

Des chaussettes déjà aux normes internationales

Si l’idée a été appliquée à l'étranger, les étudiants se heurtèrent à plusieurs difficultés au début. Notamment ils eurent du mal à trouver une usine pour fabriquer les chaussettes. Selon Binh, il était en effet difficile pour eux de trouver une usine qui accepte de mettre à l’essai une chaine de fabrication de nouveaux produits. Finalement, ils ont trouvé la perle rare dans le district de Hoc Môn, l’usine s’engageant à soutenir le projet de Quy Binh.

L'étape de fabrication de la chaussette est néanmoins la dernière d’un long processus qui commence bien sûr avec la collecte des bouteilles en plastique. Après avoir été lavées, ces dernières sont coupées en petits morceaux puis cuites pour obtenir des granulés de plastiques. Ensuite, ces granulés sont transférés à l’usine afin de fabriquer les fibres textiles.

"Les premiers produits avaient bien la forme de la chaussette mais sa qualité laissait à désirer. La fabrication demande une technique perfectionnée afin d’obtenir le produit que l’on souhaite", souligne Quy Binh. Jusque maintenant, ce sont 10.000 paires de chaussettes qui sont sorties de l’usine. À raison de trois bouteilles en plastique par chaussette… il est aisé d’imaginer le nombre de bouteilles que la jeune équipe a déjà pu recycler.

Comme un vrai professionnel du secteur, Binh sait vendre son produit : "Les chaussettes en fibre polyester synthétique à partir des bouteilles en plastique sont très aérées et mais limitent l'absorption de la sueur. Elles ne sont ni froissés ni étirés lors du lavage", ajoute-t-il.

Comme Binh fait tout bien et vite, il s’est déjà penché sur les opportunités d’exportation de son produit vers l’étranger. Ils se sont mis par exemple en contact avec quelques magasins en Grande-Bretagne et Australie. Ils ont également fait le dossier pour demander la certification Global Recycled Standard (GRS) pour la Nouvelle-Zélande, une norme internationale spécifique aux produits recyclés. Tout le processus de production est passé à la loupe par des experts tiers indépendants, y compris les pratiques sociales et environnementales (consommation d’eau, traitement des eaux usées, etc.) et les niveaux de composition chimique.

Apres plusieurs mois d’attentes, les bonnes nouvelles sont arrivées : les chaussettes Re.socks ont été certifiées GRS et certains magasins contactés ont accepté de les vendre.

Pour Binh et son équipe, les innovations techniques sont aussi au cœur de ce projet. Ils ambitionnent par exemple d’ajouter des fibres de café pour fabriquer des chaussettes au tissu antibactérien absorbant mieux la transpiration. L’équipe de Re.socks projette aussi de produire des fibres textiles à partir des produits agricoles (fibre d'ananas, marc de maïs, marc de café) afin de développer d’autres types de vêtements.

Le prix d’une paire de chaussette varie entre 35.000 à 45.000 dôngs. La moitié des bénéfices sont reversés aux activités de protection de l'environnement de l’association.-CVN/VNA

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