Hanoï (VNA) - Chaque jour, Hanoï produit plus de 7.500 tonnes de déchets ménagers. Ce volume, qui ne cesse de croître au fil des années, a des effets désastreux sur l’environnement et la santé humaine. Un cri d’alerte a été lancé ce lundi dans le cadre de «Réduisons!», une exposition lancée par Paris Région Expertise, l’agence de représentation de la Région Île-de-France, qui accompagne le Vietnam et Hanoï dans la lutte pour un environnement plus sain.

Si vous visitez l’Institut français de Hanoï, ne soyez pas surpris de voir le centre culturel transformé en un dépotoir suspendu. En effet, il s’agit de «La vague déferlante», l’une des installations de l’exposition «Réduisons!». Elle représente une vague de déchets qui déferle au-dessus de nous. L’installation représente six mois de déchets jetés par une famille vietnamienne de quatre personnes.

«Voir des tas de déchets, des poubelles au quotidien à Hanoï et ailleurs dans le monde, des déchets au sol, on en voit tous les jours. Cependant, les retrouver “upside down”, renverser les déchets et les voir au-dessus de nous et dans un endroit où l’on ne s’y attend pas, c’est plus intéressant et j’espère que ça aura un impact sur le public. L’important pour cette exposition, c’est de voir les déchets et souhaiter de ne plus les voir», explique Amélie Codugnella-Cerise, chargée de la scénographie, du graphisme et de l’illustration de l’exposition.

«Réduisons!» met en avant le lien entre ce que nous jetons, notre environnement et notre santé. Lorsqu’on jette un déchet, il ne disparaît pas. Soit il reste dans la nature et il pollue, soit il est traité, mais même dans ce cas, il pollue aussi. L’incinération des déchets a de graves conséquences, car les gaz dégagés comme la dioxine et le furane sont dangereux pour la santé. Ils affaiblissent notre système immunitaire et favorisent les cancers et les problèmes de procréation.

 

«Le message est “Il y a beaucoup trop de déchets”. Si en France comme au Vietnam, on continue à produire, à consommer ou à gaspiller comme on le fait actuellement, et si on ne fait rien, on va devant un grave désastre écologique. Il est nécessaire d’en parler et de partager l’information et surtout d’agir », indique Marie Lan Nguyen Leroy, commissaire de l’exposition. «Réduisons!» propose également des alternatives au plastique. «On veut montrer cette question sous un angle positif. Il y a beaucoup de choses que chacun peut faire tous les jours au quotidien de manière très simple. Par exemple: une gourde, ça m’évite d’acheter une bouteille en plastique. Quand je choisis un produit, ça doit être le moins emballé. L’idée va au-delà de ça. C’est de réfléchir “Comment fonctionne-t-on dans notre vie?”. Aujourd’hui, on est dans une société où l’on achète et on jette. On est incité par les publicités et ça nous fait rentrer dans un flot continu d’achats, puis d’abandons. En continuant ce mode de vie, on met en péril notre santé et celle des futures générations », précise-t-elle.

 

Dans un coin réservé aux enfants se trouvent des scènes et des vidéos basées sur le livre «Les héros du zéro déchet», réalisé par Zéro Waste France, une ONG française spécialisée dans le zéro déchet. Adapté au jeune public, ce coin incite à la réflexion sur la question environnementale.

«On pose la question aux adultes, mais on éduque aussi les enfants. C’est une génération qui est modelée par les questions d’aujourd’hui. Les jeunes sont dans une vision plus consommatrice, dans la demande, dans l’instinct. Je pense qu’il est important d’avoir un espace spécialisé pour que les enfants comprennent que c’est aussi une question qui les concerne. Et qu’ils agissent dans leur quotidien en refusant d’avoir un paquet de chips ou de bonbons qui ont un suremballage qui sera jeté, c’est dommage!», explique Amélie Codugnella-Cerise.

Sylvie Deschiens, l’élue de la région Île-de-France, a assisté au vernissage de «Réduisons à Hanoï».«Tous ces objets en plastique à usage unique seront interdits dès l’année prochaine en France et en Europe. Le maire de Hanoï a annoncé sa décision d’interdire d’ici fin 2020 tous les sacs en plastique dans les magasins. C’est un excellent début parce que ces sacs en plastique sont extrêmement néfastes pour la nature. Et si la ville de Hanoï souhaite aller au-delà de ça, la région Île-de-France est là pour l’aider», affirme-t-elle.

N’attendez pas la fin de 2020! Commencez dès aujourd’hui! Réduisons! - VOV/VNA