Quang Liêm : “Les échecs vietnamiens ont un grand potentiel”

Lê Quang Liêm, le plus grand maître national, reconnaît le potentiel énorme des échecs au Vietnam. Il partage ses expériences et exprime le souhait d’introduire ce jeu dans le cursus scolaire.

Quang Liêm souhaite que le jeu d’échecs soit bientôt intégré dans les écoles au Vietnam. Photo: VNA
Quang Liêm souhaite que le jeu d’échecs soit bientôt intégré dans les écoles au Vietnam. Photo: VNA

Hanoï (VNA) - Lê Quang Liêm, le plus grand maître national, reconnaît le potentiel énorme des échecs au Vietnam. Il partage ses expériences et exprime le souhait d’introduire ce jeu dans le cursus scolaire.

Lê Quang Liêm est depuis longtemps un symbole et la fierté des échecs vietnamiens. Quand on évoque ce sport, son nom vient immédiatement à l’esprit. Né en 1991, il a été sacré champion du monde de Blitz en 2013, champion d’Asie en 2019, et a remporté de nombreux autres tournois prestigieux. Actuellement, il est le seul Vietnamien classé dans le Top 20 mondial, occupant la 16e place, et il est également entraîneur en chef de l’équipe d’échecs de l’Université Webster, une institution américaine réputée pour ses programmes dédiés aux échecs.

Des efforts continus

Pour atteindre le succès et la position qu’il occupe aujourd’hui, Lê Quang Liêm a suivi un parcours exigeant, animé par sa passion et des efforts constants. Son entrée dans le monde des échecs a été totalement fortuite. “À l’âge de 6 ans, mon frère, de deux ans mon aîné, a trouvé un livre sur les échecs appartenant à notre père. Comme nos parents étaient souvent occupés par leur travail, mon frère m’a appris à jouer pour que nous puissions nous amuser ensemble. Au début, nous jouions seuls, sans recevoir de véritable enseignement. Après un certain temps, nous avons commencé à participer à des compétitions au niveau scolaire et au niveau de notre arrondissement”, partage-t-il. Plus tard, leurs parents les ont inscrits à des cours avec des enseignants à l’École de formation des talents de la ville, ce qui a marqué le débutde leur participation à des tournois nationaux et internationaux.

Avec son expérience, Lê Quang Liêm prodigue des conseils aux jeunes pour souligner l’importance des efforts dans le développement de leurs compétences : “Si vous aimez les échecs, commencez par jouer sans vous fixer des objectifs trop ambitieux. Rêver est une bonne chose, mais viser trop haut peut parfois sembler abstrait”. À son avis, les passionnés d’échecs devraient se fixer des objectifs progressifs, comme remporter des tournois scolaires, de district, nationaux, puis régionaux, avant d’envisager des compétitions internationales. Par ailleurs, il est essentiel de résoudre des exercices d’échecs chaque jour, sans se soucier du temps investi. Dans tout ce que l’on fait, même aux échecs, si l’on agit avec plaisir et passion, les difficultés paraissent plus légères.

Le Grand Maître estime que les jeunes doivent d’abord nourrir leur passion, sans se fixer des objectifs irréalistes. “Il est primordial de se concentrer sur le processus plutôt que sur le résultat. Ne laissez pas les victoires ou les défaites influencer votre motivation. Au début, on perd plus souvent qu’on ne gagne, mais avec le temps, les victoires deviennent plus fréquentes”, souligne-t-il.

Il conseille aux pratiquants de ne pas se focaliser sur les résultats immédiats. “Jouer aux échecs est un processus continu. Si vous jouez mieux aujourd’hui qu’hier, ou si vous obtenez de meilleurs résultats dans un tournoi actuel par rapport à un précédent, c’est un signe de progrès”, explique Lê Quang Liêm. Il est ensuite important pour les sportifs de réfléchir à ce qu’il faut faire pour continuer à progresser, et cela passe par des discussions avec leur entraîneur pour identifier leurs faiblesses et les axes d’amélioration.

Il partage également une expérience personnelle : “En 2010, j’étais le premier Vietnamien à atteindre un classement Elo de 2.700. Cependant, lors des Jeux asiatiques de 2010 à Guangzhou (Chine), j’ai connu une contre-performance majeure, marquant seulement un demi-point après cinq parties. Cela ne m’était jamais arrivé auparavant. Après ce tournoi, j’ai perdu 25 points Elo, et j’étais profondément choqué de ne pas comprendre les raisons de cet échec”. Il était découragé et a envisagé d’abandonner les échecs. Mais après quelques semaines, sa passion pour ce jeu a surpassé sa déception. Il a alors analysé les causes de son échec, tiré des leçons de ses erreurs, et poursuivi son chemin.

Une pyramide

De nombreuses personnes affirment que le développement des échecs au Vietnam ressemble à une pyramide, avec un nombre décroissant de joueurs à mesure que l’on atteint des niveaux plus élevés. Lê Quang Liêm partage son analyse : “Il faut reconnaître que les échecs vietnamiens possèdent un grand potentiel. Nous avons de jeunes joueurs talentueux qui obtiennent régulièrement des résultats remarquables dans les compétitions régionales, asiatiques et mondiales. Cependant, nous n’avons pas encore exploité pleinement ce potentiel. Par exemple, le Vietnam compte seulement 12 ou 13 Grands Maîtres, ce qui est relativement faible par rapport à nos capacités”.

Il cite l’exemple de l’Inde, où les échecs ont connu une progression spectaculaire ces dernières années. Ce pays compte désormais une génération de joueurs extrêmement talentueux, avec six joueurs ayant un classement Elo supérieur à 2.700, dont Gukesh D, un prodige de 18 ans qui vient d’être sacré champion du monde.

Il espère que davantage de politiques seront mises en œuvre pour promouvoir le développement des échecs au Vietnam. “À l’avenir, j’aimerais que les échecs soient intégrés dans les programmes scolaires comme matière optionnelle, afin de favoriser à la fois l’expansion de ce sport et la découverte de nouveaux talents capables de briller dans les compétitions internationales”, conclut Lê Quang Liêm. -CVN/VNA

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