Quand le ravivage des estampes populaires devient une passion

Un groupe de jeunes lance un projet visant à faire revivre la peinture folklorique, un trésor du patrimoine national et une part incontournable des Beaux-arts du Vietnam.
Quand le ravivage des estampes populaires devient une passion ảnh 1Le groupe S River. Photo : TN/CVN

 Hanoi, 25 février (VNA) - La peinture folklorique est un trésor du patrimoine national et une part incontournable des Beaux-arts du Vietnam. Cependant, la plupart des écoles populaires sont aujourd’hui tombés dans l’oubli. Un groupe de jeunes lance un projet visant à faire revivre cet art national.

L’imagerie populaire vietnamienne combine valeurs culturelles et techniques anciennes, développées grâce au travail des générations passées. Elle est divisée en divers courants, en fonction des lieux où elles sont produites, chacun possédant son propre style. Parmi les plus célèbres estampes figurent Hàng Trông (Hanoï), Kim Hoàng (à Hoài Duc en banlieue de Hanoï), Dông Hô (à Bac Ninh) et Sình (à Huê).

À leur âge d’or, les peintures folkloriques ont été créées pour répondre aux demandes spirituelles des habitants, notamment à l’occasion du Têt. Elles font partie depuis des temps immémoriaux de la vie du peuple vietnamien.

Ces peintures folkloriques sont souvent synonymes de vœux de bonne année, mais évoquent aussi des personnages historiques, des activités quotidiennes, répondant à un réel besoin de spiritualité des Vietnamiens. Elles peuvent aussi servir pour la décoration des maisons pendant le Têt (Nouvel An lunaire)…

"Une peinture folklorique suspendue sur le mur de la maison à l’occasion du Têt était quelque chose d’élégant, et une belle coutume du vieux Hanoï. Cependant, pour l'instant, acheter une authentique peinture folklorique Dông Hô sur les trottoirs des rues de la ville est mission impossible et elles sont absentes de la plupart des foyers vietnamiens d’aujourd’hui", a partagé Pr Phan Huy Lê, président de l'Association des sciences historiques du Vietnam.

Par conséquent, un groupe de jeunes vietnamiens, appelé S River, a décidé de remettre au goût du jour les écoles de peinture populaire, en particulier celle nommée Hàng Trông.

Le groupe est composé de jeunes qui travaillent dans des secteurs professionnels différents mais qui partagent la même passion pour les beaux-arts et la culture vietnamienne. Ils sont âgés de 23 à 33 ans. La moitié d'entre eux sont des graphistes.

Une école réputée

"En tant que passionnés de peintures Hàng Trông et de la beauté de l’art populaire, nous nous sommes réunis pour former S River. Notre première création - le livre- +Hoa Sac Viêt+ (Couleurs et motifs du Vietnam) a été conçue pour conserver et maintenir ces valeurs traditionnelles", a partagé Trinh Thu Trang, architecte et fondatrice du groupe.

"Nous essayons d’utiliser des matériaux traditionnels pour créer des motifs modernes susceptibles utilisés dans la mode ou dans la décoration intérieure. C'est ainsi que nous espérons faire revivre les valeurs folkloriques afin qu'elles ne dorment pas en permanence dans les musées".

Les estampes de Hàng Trông ont été reconnues comme l'une des peintures folkloriques les plus typiques de Hanoï. L'image populaire de Hàng Trông a connu son apogée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Cet art est aujourd'hui tombé dans l'oubli. Mais on ne sait à quelle époque précise cet art artisanal est apparu à Hàng Trông ou rue des Tambours dans le Vieux quartier de Hanoï. Le Musée d'histoire du Vietnam conserve encore certaines planches de bois destinées à l'estampillage de ces fameuses images populaires de Hàng Trông.

Sensibiliser les jeunes dans la préservation des valeurs traditionnelles

Le 1er projet de S River (le livre Hoa Sac Viêt) repose sur le potentiel de la peinture folklorique Hàng Trông en particulier et des beaux-arts vietnamiens en général. Dans ce livre ont été recueillis les motifs réalisés avec des matériaux traditionnels. Ils seront en mesure de créer des dessins qui pourront être concevoir des rideaux, des draps ou même des vêtements.

"Notre obstacle était le manque de ressources. La peinture populaire est un art qui se meurt et il est difficile de trouver du matériel sur le marché, donc  nous les avons cherché dans d’autres pays comme le Japon et la Corée du Sud. Nous avons également reçu des conseils et des documents précieux des derniers artisans qui connaissent cette école, tels que Lê Dinh Nghiên et le chercheur Phan Ngọc Khuê".

"Lê Dinh Nghiên dispose de 70 peintures de Hàng Trông et nous avons emprunté sa précieuse collection pour la copier numériquement dans notre livre. Le processus a été entièrement réalisé par ordinateur et nous avons utilisé le logiciel Illustrator pour numériser la couleur et les motifs des peintures originales", a informé Trinh Hông Vân, un membre de l'équipe.

À l'heure actuelle, S River sollicite le soutien des internautes sur le site Web de Comicola afin de pouvoir terminer le projet à l'heure prévue. "La culture nationale est comme une rivière alimentée par des milliers de gouttes artistiques. C'est l'esprit de S River", a souligné Hông Vân.

"Quand nous avons commencé ce projet, nous espérions pouvoir inspirer des jeunes de tous les horizons du pays, afin qu'ils fassent germer leurs propres idées et mettre en place des projets qui permettent de faire revivre la culture populaire nationale", a-t-elle ajouté. –CVN/VNA

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