Hanoi, 13 janvier (VNA) - Ces dernières années, la sensibilisation de la population à la protection des patrimoines a été renforcée. Elle a participé plus activement à leur rénovation et à leur mise en valeur.

La vieille ville de Hôi An au soir.

Le patrimoine constitue un bien qui appartient à l’ensemble de la collectivité. En effet, le patrimoine est le résultat des actions passées conduites par l’ensemble de la société. Sa conservation par les habitants locaux  s'est  révélée être le moyen le plus efficace et durable de préserver celui-ci ainsi que de promouvoir le tourisme local.

Grâce à la coopération entre autorités et communauté, maints vestiges sont devenus des produits touristiques attrayants.

Une des localités les plus exemplaires en la matière  est la province centrale de Quang Nam, où les habitants locaux ont travaillé ensemble pour préserver et valoriser l’ancienne cité de Hôi An qui, en 1999, a été reconnue par l’UNESCO patrimoine culturel mondial.

Ainsi, de nombreux projets d'investissement visant à restaurer d’anciennes maisons, des monuments, à moderniser les infrastructures et à embellir  le paysage urbain ont été déployés. 

Les habitants, acteurs de la conservation 

Les propriétaires de maisons anciennes ont accompli un travail remarquable en préservant l'apparence de leurs habitats et aussi leurs habitudes de vie. En dépit des nécessaires travaux de réfection, l’âme des quartiers résidentiels est demeurée. La province a également mené des enquêtes et des recherches sur le patrimoine culturel. Tout cela a contribué à changer la physionomie de Hôi An, dont les rangées de maisons anciennes se dégradaient, et qui est devenue au fil des années une attraction touristique majeure. Les villages de métiers traditionnels ont aussi été dynamisés.

 

Lanternes à Hôi An, province de Quang Nam (Centre).

 

L’image de cette ancienne ville, douce, avec ses vieilles maisons le long de la romantique rivière Hoài, ses monuments historiques séculaires et l’hospitalité de sa population laissent dans le cœur des visiteurs un sentiment inoubliable.

En 1999, Hôi An n’avait accueilli que 160.000 visiteurs et comptait 17 établissements d’hébergement. En 2017, on dénombrait 3,2 millions de visiteurs (dont près de 1,8 million de touristes internationaux) et plus de 540 établissements d'héberge-ment de tous types (villas, hôtels, auberges, homestays).

Hôi An a été évaluée par les responsables de l'UNESCO comme un exemple en matière de conservation du patrimoine. L’expérience de Quang Nam a montré que des politiques appropriées et l’attention des autorités étaient nécessaires pour promouvoir le rôle de la communauté dans la sauvegarde du patrimoine. Les autorités doivent notamment faire en sorte que les habitants retirent des bénéfices concrets de la conservation, valorisation du patrimoine et de la promotion du tourisme qui l’accompagne.

L’espace culturel des gongs revivifié


La province de Dak Nông (hauts plateaux du Centre ou Tây Nguyên) est aussi une localité modèle dans la préservation du patrimoine, notamment  de l’espace culturel des gongs du Tây Nguyên, reconnu en 2005 par l’UNESCO comme patrimoine immatériel et oral de l’Humanité. Cet  espace culturel englobe les cinq provinces de ces hauts plateaux du Centre (Kon Tum, Gia Lai, Dak Lak, Dak Nông et Lâm Dông), et concerne huit minorités ethniques: Ba Na, Êdê, Co Tu, M’nông, Gia Rai, Xo Dang, Chu Ru et Ma. Ces ethnies considèrent les gongs comme des trésors, des symboles de pouvoir et de prospérité. 

Les gongs sont considérés par les habitants de Dak Nông comme des symboles de pouvoir et de prospérité. Photo : VNA


Il y a 15 ans, il ne restait plus guère d’ensembles de gongs dans la province de Dak Nông. Face à cette situation, les autorités locales en ont achetés des centaines auprès d’artisans du village des bronziers de Phuoc Kiêu, dans le district  de Diên Bàn (province de Quang Nam), spécialisé dans cet artisanat depuis des siècles.

Les autorités ont également accordé toute l’attention voulue à la mobilisation de joueurs de gongs expérimentés pour enseigner leur art aux jeunes des villages. Ils ont également été encouragés à composer de nouvelles mélodies et des danses inspirées du folklore des ethnies minoritaires M’nông, Ma et Êdê.

En outre, afin de vivifier cet espace culturel, les gongs sont toujours joués lors des rituels et fêtes traditionnelles, et même dans la vie quotidienne par le biais d’activités parascolaires, de concours, de manifestations culturelles, de programmes touristiques…

Selon le Professeur Luu Trân Tiêu, président du Conseil national du patrimoine culturel, "les patrimoines historiques et culturels ont des siècles d’existence mais ont toujours leur place dans la vie contemporaine". Il a cité la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003, qui reconnaît que "les communautés, en particulier les communautés autochtones, les groupes et, le cas échéant, les individus, jouent un rôle important dans la production, la sauvegarde, l’entretien et la récréation du patrimoine culturel immatériel contribuant ainsi à l’enrichissement de la diversité culturelle et à la créativité humaine". "Impliquer les communautés est la clé pour la conservation du patrimoine culturel", a-t-il conclu. - CVN/VNA