Pour la durabilité de la culture de la canne à sucre

En mars et avril dernier, la salinité a atteint 15‰ en de nombreux endroits du delta du Mékong. La productivité s’en est trouvée fortement réduite. Il est donc temps d’agir pour surmonter cette situation.

Hanoi (VNA) - En mars et avril dernier, la salinité a atteint 15‰ en de nombreux endroits du delta du Mékong. Des milliers d'hectares de canne à sucre des provinces de Soc Trang, Hâu Giang et Cà Mau ont été détruits. La productivité s’en est trouvée fortement réduite. Il est donc temps d’agir pour surmonter cette situation délicate.

Pour la durabilité de la culture de la canne à sucre ảnh 1La canne à sucre doit être cultivée à grande échelle. Photo: VNA

Selon les statistiques de la province de Soc Trang, plus de 7.000 ha de canne à sucre ont été totalement détruits à cause de la salinité. De plus, la teneur en sucre des plants rescapés est inférieure à celle des mois précédents. Enfin, les cours ont baissé, affectant fortement les revenus des agriculteurs. Beaucoup sont passés à des cultures de rendement plus élevé et davantage résistantes à la sécheresse et à la salinité.

Ces évènements ont eu une incidence directe sur les sucreries. Si la récolte 2015-2016 de canne à sucre a pris fin en mai dernier, beaucoup de sucreries du delta du Mékong sont ébranlées parce que le risque de pénurie de matières premières pour les futures productions est prévue.

L’Association de l’industrie sucrière a signalé que, lors de la dernière récolte, les sucreries du pays avaient transformé 12,9 millions de tonnes pour 1,23 million de tonnes de sucre, soit un recul de plus de 1,5 million et 183.000 tonnes par rapport à la saison précédente. Si la superficie des canne à sucre n’est pas augmentée, les plans de production pour la saison 2016-2017 seront remis en cause.

Une conjoncture aussi médiocre pour les sucreries n’est pas nouvelle, elle remonte déjà à quelques années.

Les entreprises au secours des agriculteurs

Tô Van Huân, du Département de culture du Sud, explique : «La canne à sucre dans le delta du Mékong est cultivée à petite échelle. Cela désavantage l’emploi de machines. Par ailleurs, les sucreries sont éloignées des champs de matières premières, ce qui rend les coûts de transport élevés. Enfin, le prix d'achat des matières premières par les entreprises ne satisfont pas les agriculteurs».

Pour la durabilité de la culture de la canne à sucre ảnh 2Une industrie sucrière en pleine modernisation. Photo: VNA

Toujours selon lui, la productivité de canne à sucre du Vietnam est inférieure à celle de nombreux pays comme la Thaïlande, en raison du manque de variétés de canne à sucre résistantes à diverses conditions comme la sécheresse et la salinité, ainsi que le teneur en sucre de variétés vietnamiennes ne répond pas aux besoins des entreprises et des agriculteurs. Par conséquent, l'État et les entreprises doivent investir dans la recherche et la fourniture de bonnes variétés de canne à sucre aux agriculteurs. D'autre part, le rôle des entreprises et des sucreries est important en termes de direction de la production de canne à sucre, en particulier dans la coopération entre les agriculteurs, l’organisation des activités d’enchère, la promotion de l'agriculture, et les transferts de technologies aux agriculteurs. "En plus de l'amélioration de la teneur en sucre, il faut créer des sucreries à proximité des zones de culture. L'État doit aussi investir dans des infrastructures comme les digues pour empêcher la salinisation des terres, constituer des réserves d'eau douce, créer des réseaux d'irrigation efficace, et élaborer de nouvelles variétés de cannes à sucre", suggère-t-il.

Pour sauver les sucreries, les entrepreneurs doivent également soutenir activement la recherche de mesures urgentes et de long terme : achat de canne à sucre, aide financière pour les agriculteurs (acquisition de semences et de machines) et/ou la modification de leurs calendriers de production plus appropriés aux moissons touché par les changements climatiques.

Truong Huu Hanh, directeur de la sucrerie de Soc Trang, a déclaré : «Nos usines ont soutenu le secteur en mettant à disposition des moyens de transport et du personnel pour assurer les moissons. En avril et mai, alors que les récoltes touchaient à leurs fins, nous nous sommes efforcés de poursuivre nos achats le plus tard possible afin d’acquérir toutes les récoltes des cultivateurs. En outre, pour les cultivateurs en difficulté due à l’échec des moissons, notre entreprise a également pris des politiques de la sécurité sociale pour qu’ils en bénéficient».

Pham Quang Vinh, vice-directeur de la Compagnie par actions de canne à sucre Cân Tho, a prévu pour sa part que les matières premières pour la saison 2016-2017 diminueront de 5% à 10%.

Pour faire face à cette situation, les mesures indispensables sont de renforcer le transfert de technologies agricoles aux cultivateurs, de surveiller la croissance des cannes à sucre, ainsi que d’ajuster le calendrier d’ensemencement et d’achat des matières premières pour acheter les récoltes des cultivateurs au meilleur prix pour eux.

Enfin, les relations entre production et écoulement reste un problème difficile pour l’agriculture, y compris dans l'industrie sucrière. Une planification régionale rationnelle, associée à une coopération stricte entre les trois acteurs «entreprise-scientifique-cultivateur», est nécessaire afin d’assurer le développement et la durabilité de cette industrie. -CVN/VNA

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