Hanoi (VNA) - La province septentrionale de Nam Dinh est le berceau du culte des déesses-mères des Trois mondes, culte qui a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le chant utilisé dans les cérémonies de culte n’est autre que le van, qui est très prisé par la population locale, ce qui garantit à cet art ancestral une forte vitalité.

A Phu Dây, province de Nam Dinh. Photo: VNP

 
Les spécialistes du van ont recensé 13 modes de chant différents. Dans la province de Nam Dinh, 245 personnes le chantent et 162 instrumentistes accompagnent ces derniers. Mais certains sont à la fois chanteurs et musiciens, jouant de la cithare, du tambour et des castagnettes. Ils se produisent lors de cérémonies dans des temples et des sanctuaires. Chaque chant est un éloge rendu à une divinité vénérée dans le culte des déesses-mères des Trois mondes.

«Le chant van est à l’origine un chant rituel. Les chansons anciennes du répertoire rendent hommage à des personnages tantôt réels, tantôt légendaires», explique Kiêu Du, le directeur du Centre culturel du 3 février. «Trân Hung Dao est un héros qui a vraiment existé, alors que Mère Liêu Hanh et Cô Dôi sont des personnages purement légendaires. Leur point commun, c’est qu’ils ont tous apporté prospérité à la population.»

Nam Dinh compte 352 sites historiques et culturels liés au culte des Déesses-mères des Trois mondes. Le plus emblématique est Phu Dây, qui accueille chaque année, du 3e au 8e jour du 3e mois lunaire, la plus grande fête de cette croyance.

«Nous organisons chaque année, à l’occasion de la fête de Phu Dây, un concours de chant van. Nous ouvrons également des classes pour apprendre ce chant et la danse rituelle utilisée dans les cérémonies en l’honneur des divinités du culte des déesses-mères», ajoute Kiêu Du. «Nous souhaitons que cet art dépasse son cadre spirituel et trouve sa place dans la vie de tous les jours».

A Phu Dây, province de Nam Dinh. Photo: VNP
 

C’est justement dans cet objectif que de nombreux paroliers ont écrit de nouvelles paroles sur des mélodies anciennes, en prenant soin de choisir les plus joyeuses. Les nouvelles chansons rendent hommage au pays et encouragent la population à s’impliquer pleinement dans l’œuvre d’édification et de défense nationale. Kiêu Du lui-même a écrit des centaines de chansons sur des airs anciens, ou en s’inspirant de ces mélodies.

Six clubs de van ont d’ores et déjà vu le jour dans la province de Nam Dinh. Chacun compte de 20 à 50 membres. Thanh Lan en fait partie.

«En tant que chanteuse professionnelle, je peux chanter différents types de chants. Mais je dois vous dire que le chant van coule vraiment dans mes veines. Et chaque fois que je le chante, le public peut entrer en transe avec moi», assure-t-elle.

Grâce à une pratique permanente, les chanteurs et les musiciens de van de Nam Dinh font autorité dans ce domaine. Dans les festivals régionaux et nationaux, ils ont récolté des prix parmi les plus prestigieux. – VOV/VNA