Nguyên Dô Truc Phuong, la bonne fée des personnes démunies

Née dans une famille aisée, Nguyên Dô Truc Phuong, 28 ans, a un style de vie luxueux depuis son enfance. Mais elle prête toujours attention aux personnes défavorisées vivant à Hô Chi Minh-Ville.

Hô Chi Minh-Ville (VNA) - Née dans une famille aisée, Nguyên Dô Truc Phuong, 28 ans, a un style de vie luxueux depuis son enfance. Mais elle prête toujours attention aux personnes défavorisées vivant à Hô Chi Minh-Ville et dans certaines provinces voisines.

Nguyên Dô Truc Phuong, la bonne fée des personnes démunies ảnh 1Nguyên Dô Truc Phuong au chevet des personnes en situation difficile. Photo: CTV/CVN

“Pour moi, les actions que je mène sont de circonstances, elles répondent aux situations des personnes que je rencontre. Je donne généralement la priorité aux personnes âgées. Les seniors, parfois handicapés, font tout ce qu’ils peuvent pour gagner leur pain, j’ai beaucoup de compassion pour eux. D’abord, je cherche à les aider dans l’immédiat, puis je leur donne un moyen de gagner leur vie plus facilement”, confie Nguyên Dô Truc Phuong, surnommée “la fée des personnes âgées et des enfants malheureux”. Cette façon de venir en aide aux personnes défavorisées rappelle une citation de Confucius : “Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson”.

Sous le soleil harassant ou sous une pluie battante, la jeune femme sillonne les rues et ruelles défavorisées de la mégalopole du Sud. Avec le soutien d’innombrables bienfaiteurs venant de ses réseaux sociaux, elle vient en aides aux personnes âgées et aux enfants.

“Je ne leur donne pas simplement une somme d’argent. Souvent, je vais chez eux et je fais un état des lieux pour voir ce dont ils ont besoin. Certains veulent réparer leur maison, d’autres ont besoin d’une vitrine pour leur petit commerce, ou encore d’une moto pour devenir taxi ou livreur... Pour la plupart des personnes âgées qui louent leur logement, je rencontre le propriétaire pour régler un an de loyer en avance”, raconte Phuong.

De retour d’Australie en fin 2019 après ses études universitaires, exactement au début de l’épidemie de COVID-19, les affaires de sa famille ont été interrompues et beaucoup de personnes avaient besoin de l’aide de Phuong.

“Quand je me réveille le matin et que je vois des messages sur Facebook, je sais immédiatement que des personnes dans le besoin m’attendent. Les gens me taguent sur de nombreuses pages où ils parlent de personnes dans des situations vraiment difficiles”, déclare Phuong à propos de sa vie durant l’épidémie dans la mégapole du Sud.

Les gens qui suivent la page Facebook de Phuong sont habitués à la voir conduire avec enthousiasme des personnes âgées au supermarché pour faire leurs courses.

“Le supermarché est l’endroit où l’on trouve tout ce qu’il faut pour la vie quotidienne. Il y a beaucoup de personnes âgées qui travaillent dans la rue et qui n’osent jamais entrer dans un supermarché, et encore moins qui ont la joie d’acheter sans regarder le prix”, dit la jeune femme, d’un regard franc.

“Alors je veux qu’une fois dans leur vie, elles puissent faire des courses et acheter ce qu’elles veulent”. Les unes choisissent des sandales, les autres achètent du riz, du sel, une bouteille de nuoc mam (sauce de poisson salée), de la lessive, certaines achètent des casseroles et des poêles..., dit-elle les yeux pétillants.

En plus des aides très significatives comme réparer des maisons, acheter des motos ou des téléphones..., elle aime aussi faire des petites choses qui font le bonheur des personnes âgées.

“Quand je suis allée chez le vieux Phuong pour la première fois, les autres membres de sa famille étaient absents. En voyant ce lieu si calme, j’ai pensé qu’il aimerait peut-être une radio parce qu’il n’avait ni télévision ni smartphone pour aller sur le net. Je lui ai demandé s’il voulait une radio, il m’a répondu que c’était justement l’objet qu’il aimerait avoir pour pouvoir écouter des émissions de radio et de la musique, lui permettant de s’évader. Alors j’en ai acheté une pour lui”, précise Phuong.

C’est comme ça que les noms d’“étrangers devenus proches” s’enchaînent : le vieux Chanh vendeur des glaces, l’oncle Minh solitaire, l’oncle Lâp concierge, l’oncle Thành chauffeur de moto-taxi, ou encore le petit Phuc vendeur de maïs...

“Ma mère m’a demandé avec inquiétude combien de temps je pouvais encore faire la charité. Les jeunes de mon âge sont tous occupés avec leur carrière ou avec des affaires à monter. Mais moi, je veux continuer à aider les gens, je pourrais gagner ma vie demain. Il y a encore tant de gens dans des situations difficiles, ils ont besoin de moi, ils ne peuvent pas attendre”, affirme-t-elle.

Après des appels aux dons affichés sur son compte Facebook pour venir en aide aux personnes en situation difficile, la jeune femme est soudainement devenue une “célébrité” sur les réseaux sociaux. Sa page facebook a plus de 197.500 followers. Les gens lui font confiance car elle est “transparente” dans ses aides en faveur des personnes vulnérables. Ses statuts appelant aux dons de charité reçoivent beaucoup de soutiens des internautes de tout le pays.

Pour Phuong, avoir la confiance des généreux donateurs, c’est une chance. Et elle précise : “Il y a pas mal d’appels aux dons sur Facebook, rares sont ceux qui reçoivent des soutiens volontaires de tout le monde”.

Dans la plupart des cas, elle va vérifier les infos et rédige une demande de don. Une fois que cette demande est affichée sur son compte Facebook, une journée ou une nuit suffit pour que de l’argent arrive. “Chacun offre ce qu’il peut, et tous les dons additionnés représentent parfois plusieurs centaines de millions de dôngs. Les bienfaiteurs me font confiance et me soutiennent”, partage-t-elle.

Mais lorsqu’elle vient auprès des personnes nécessiteuses, elle porte toujours un jean et un T-shirt parce qu’elle veut créer de la proximité et du confort. “Que je rencontre un concierge, un chauffeur de taxi moto ou un éboueur, je baisse toujours la tête, je leur serre la main et je les embrasse chaleureusement pour faciliter le contact afin qu’ils puissent dire : +Ah, cette fille est sympa, nous pouvons lui faire confiance, nous voulons lui parler de notre vie+”, exprime Truc Phuong. -CVN/VNA

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