L’industrie sucrière cherche à mieux s’intégrer dans la région

Après 2018, le droit de douane sur le sucre au sein de la Communauté économique de l’ASEAN sera supprimé totalement, ce qui entraînera une forte pression sur l’industrie sucrière vietnamienne. Entretien.
Hanoi, (VNA) – Après 2018, le droit de douane sur le sucre au sein de la Communauté économique de l’ASEAN sera supprimé totalement, ce qui entraînera une forte pression sur l’industrie sucrière vietnamienne. Entretien avec Pham Quôc Doanh, président de l’Association de la canne à sucre du Vietnam.
 L’industrie sucrière cherche à mieux s’intégrer dans la région ảnh 1Pham Quôc Doanh, président de l’Association de la canne à sucre du Vietnam. Photo: CVN
- Depuis la création de la Communauté économique de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), notre industrie sucrière s’active pour améliorer sa compétitivité, mais fait face à maintes difficultés. Quelle est la situation sur ce point ?

Le pays compte 41 usines de transformation de la canne à sucre qui sont approvisionnées par environ 300.000 hectares de cultures. Elles présentent encore des faiblesses malgré l’augmentation considérable de leur rentabilité. Alors que le pays s’intègre profondément à l’économie régionale et mondiale, le secteur du sucre est devant de grands défis en termes de coûts de production, de prix de vente, de productivité, notamment de rendement des cultures. Parmi ces faiblesses, par exemple, un rendement au Vietnam de 64 tonnes par hectare contre une moyenne mondiale de 70 tonnes, des cultures sporadi-ques, sans mécanisation ni appli-cation de nouvelles technologies, ou encore, un risque constant de manque de main-d’œuvre pour les usines de transformation.

- Selon vous, quelles sont les mesures à prendre pour développer durablement le secteur du sucre, plus particulièrement après 2018 ?


La poursuite de la restructuration est une urgence pour ce secteur, notamment en termes de création de vastes zones de culture, la fourniture de plants d’un rendement élevé aux cultivateurs, l’application de nouvelles techniques culturales et la mécanisation de la culture. Mais, comme vous le savez, le plus difficile est le remembrement des cultures pour former de vastes zones de production. C’est un défi pour le secteur du sucre, mais aussi, plus généralement, de toute notre agriculture.

Aujourd’hui, beaucoup d’usines de transformation cherchent à aider les cultivateurs à regrouper leurs parcelles pour former de vastes zones, en vue de mécaniser et pratiquer à grande échelle une agriculture tournée vers les hautes technologies. La sucrerie de Lam Son (province de Thanh Hoa, Centre), les sucreries du groupe Thành Công (province de Tây Ninh, Sud), ou encore la compagnie par actions de la canne à sucre de la province de Quang Ngai (Centre), en font partie.

Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural élabore actuellement un plan de réaménagement du secteur du sucre pour 2020 et sa vision pour 2030, avec la révision de plusieurs textes concernant le développement du secteur, et étudie la possibilité de créer un Fonds de développement de la canne à sucre.
 L’industrie sucrière cherche à mieux s’intégrer dans la région ảnh 2Pour élever la compétitivité de l’industrie sucrière, le pays doit élever le rendement de la culture de la canne à sucre et procéder à un remembrement des zones de culture. Photo : VNA

- Les usines et les cultivateurs ne coopèrent pas beaucoup. De nombreuses critiques sont émises contre les premières qui imposent très souvent des conditions qui rendent difficile la commercialisation de la production des seconds. Qu’en pensez-vous ?

Les relations entre les usines et les cultivateurs demeurent un problème. Les mécontentements tiennent essentiellement aux procédés de vente et d’achat, à la négociation des prix et aux ruptures de contrat. Cette problématique d’ordre commercial est à résoudre dans l’intérêt des deux parties : approvisionnement stable et rentabilité de cette culture. C’est bien sûr possible. La Thaïlande, par exemple, a réussi à régler à ce problème depuis la naissance de la Loi sur le secteur du sucre de 1984.
 
- Dans plusieurs autres pays, les usines de transformation de la canne à sucre sont très rentables, car elles fabriquent des produits dérivés tels qu’alcool industriel, électricité, papier, engrais, etc. Qu’en est-il au Vietnam ?
 
Ces dernières années, beaucoup d’usines ont créé des chaînes de production d’électricité, d’éthanol et d’engrais biologiques en employant la bagasse, ce qui leur permet de développer leur chiffre d’affaires. Toutefois, l’investissement dans les produits dérivés n’est pas encore encouragé et nous avons besoin du soutien des ministères et services concernés. Je sais que le ministère de l’Agriculture et du Développement rural étudie des politiques incitatives du développement des produits dérivés de la canne, notamment d’électricité et d’éthanol. C’est un bon signe. – CVN/VNA

Voir plus

Le port international de Cai Mep accueille un super porte-conteneurs. Photo: VNA

Cai Mep-Thi Vai veut devenir un important port de transbordement en Asie

Alors que le gouvernement ajuste le plan directeur national 2021-2030 avec une vision à l’horizon 2050, qui fixe un objectif de croissance économique soutenue à plus de 10% entre 2026 et 2030, les volumes de marchandises transitant par les ports de la ville devraient encore augmenter.

Photo d'illustration : VNA

Le textile-habillement vietnamien s’impose sur le marché canadien

Portées par les avantages du CPTPP, la qualité reconnue de leurs produits et la volonté du Canada de diversifier ses sources d’approvisionnement, les entreprises vietnamiennes du textile-habillement renforcent leur présence sur le marché canadien, où les exportations ont dépassé 1,3 milliard de dollars en 2025.

Des clients règlent leurs achats au supermarché Co.op Mart situé sur l'autoroute de Hanoï, dans le quartier de Tang Nhon Phu, à Hô Chi Minh-Ville. Photo : VNA

Promotions et offre abondante soutiennent la demande en fin d’année

À l’approche du Têt lunaire, les localités du Sud du Vietnam intensifient les mesures de stimulation de la consommation. Offre abondante, promotions étendues et dispositifs de stabilisation du marché contribuent à soutenir la demande et à maintenir l’équilibre des prix.

Un habitant effectue des démarches au service des impôts de Hô Chi Minh-Ville. Photo : VNA

Hô Chi Minh-Ville en tête des recettes budgétaires

Les recettes budgétaires cumulées de l’État à Hô Chi Minh-Ville ont atteint 800,04 billions de dongs (environ 30,42 milliards de dollars) au 31 décembre, soit une hausse de 19,1 % par rapport à l’objectif fixé par le gouvernement et de 14,7 % par rapport à celui arrêté par le Conseil populaire municipal.

Chaîne de montage de robots de manutention de wafers pour l’industrie des semi-conducteurs. Photo d’illustration : VNA

Innovation : pilier du nouveau cycle de croissance

L’innovation est désormais affirmée comme une force motrice essentielle du développement économique dans la nouvelle étape de croissance, celle d’une économie en transition vers un modèle plus moderne et plus durable.

À l’occasion du congé du Nouvel An 2026, long de quatre jours (du 1er au 4 janvier), les supermarchés de Hô Chi Minh-Ville attirent de nombreux clients grâce à des programmes promotionnels. Photo : VNA

Consommation en hausse dans le Sud à l’approche du Têt

À l’approche des fêtes de fin d’année et du Têt lunaire, les localités du Sud du Vietnam multiplient les mesures de stimulation de la consommation, contribuant à dynamiser le marché de la distribution, à stabiliser les prix et à créer un élan favorable pour la croissance économique en début d’année nouvelle.

Tây Ninh dispose actuellement de quatre postes-frontières internationaux, quatre postes-frontières principaux, treize postes-frontières secondaires ainsi que de trois zones économiques frontalières. Photo : VNA

Tây Ninh valorise l’économie frontalière pour stimuler la croissance

Grâce à un système de postes-frontières diversifié, à des infrastructures logistiques en constante amélioration et à l’élargissement de l’espace de coopération avec le Cambodge, la province de Tây Ninh exploite de plus en plus efficacement ses atouts économiques frontaliers, créant de nouveaux moteurs de croissance et contribuant à un développement durable sur le corridor économique frontalier du Sud.

Banh da nem de Thô Hà : reconnaissance nationale pour un métier séculaire du Kinh Bac

Banh da nem de Thô Hà : reconnaissance nationale pour un métier séculaire du Kinh Bac

Le village de fabrication de galettes de riz (banh da nem) de Thô Ha, situé dans le quartier de Vân Ha, province de Bac Ninh (Nord), vient d’être officiellement inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel national. Cette reconnaissance consacre des siècles de savoir-faire traditionnel et souligne l’importance économique de cette activité pour la région du Kinh Bac.

Photo d'illustration : VNA

Économie numérique : un moteur clé de croissance pour le Vietnam, entre fortes performances et défis structurels

Portée par une croissance soutenue des technologies numériques, l’économie numérique vietnamienne enregistre en 2025 des résultats remarquables en matière de chiffre d’affaires, d’exportations et de commerce électronique, tout en devant relever des défis structurels liés aux infrastructures, aux ressources humaines et à la création de nouveaux moteurs de croissance fondés sur les données et l’intelligence artificielle.