L’Inde, le nouvel éden du Vovinam

Le Docteur Vishnu Sahai est l’un des artisans du développement du Vovinam en Inde. L’art martial d’origine vietnamienne y connaît un joli succès, avec près de 12.000 adeptes. Et ce n’est qu’un début s

Hanoi (VNA) - Le Docteur Vishnu Sahai est l’un des artisans du développement du Vovinam en Inde. L’art martial d’origine vietnamienne y connaît un joli succès, avec près de 12.000 adeptes. Et ce n’est qu’un début selon le Dr Sahai, qui espère l’étendre à tout le continent asiatique.

L’Inde, le nouvel éden du Vovinam ảnh 1Le Docteur Vishnu Sahai (gauche) a reçu sa ceinture rouge en janvier 2016. Photo : CTV/CVN

Il est rare de voir des pays gagnés par la fièvre d’un sport, si jeune soit-il. En juin dernier, la Fédération de Vovinam d’Asie du Sud a pu voir le jour, et compter sept pays membres. La même année, le premier tournoi a été organisé dans la foulée, incluant notamment quatre pays : l’Afghanistan, le Népal, le Bangladesh et l’Inde.

Pourtant, dans ce dernier, l’art martial vietnamien a rencontré quelques difficultés pour émerger, comme se rappelle le Docteur Vishnu Sahai. «Les premiers temps, le gouvernement et le ministère indien des Sports ne s’étaient pas intéressés outre mesure au développement du Vovinam, raconte le Docteur Sahai. Ils se sont lancés dans les disciplines inscrites dans le calendrier des compétitions officielles des jeux sportifs d’Asie ou des Jeux olympiques».

L’homme derrière le Vovinam

À 60 ans, le tout jeune retraité et ancien directeur marketing d’une société pharmaceutique avoue avoir été «séduit par la simplicité et l’élégance de ce sport». «J’ai présenté le Vovinam à de nombreux amis, qui eux aussi, ont finalement été conquis», explique-t-il.

En apprenant que le sport commence à émerger en Inde depuis 2008, la Fédération saigonaise de Vovinam a pris contact avec Vishnu Sahai pour l’aider à faire rayonner l’art martial dans son pays. En 2009 notamment, le grand maître Nguyên Van Chiêu et cinq entraîneurs vietnamiens se sont rendus dans la ville de Lucknow pour présenter le Vovinam dans l’école privée Montessori, une des institutions scolaires les plus en vue sur le plan international.

La délégation vietnamienne a également rencontré 140 pratiquants confirmés, venus de tous les coins de l’Inde, pour les aider à perfectionner leur niveau technique. Les meilleurs ont été sélectionnés pour prendre part à des tournois internationaux.

L’Inde, le nouvel éden du Vovinam ảnh 2Grâce à Vishnu Sahai, le Vovinam gagne peu à peu du terrain en Asie. Photo: VNA

Grâce à son carnet d’adresses bien fourni, Vishnu Sahai a su lever des fonds pour organiser des stages dans plusieurs états indiens en vue d’enseigner les bases et partager l’esprit de cet art martial. Bon nombre de pratiquants s’y sont convertis, certains étant même devenus à leur tour des maîtres.

Le premier tournoi indien de Vovinam a été organisé au mois de décembre 2010, réunissant 400 athlètes. Six ans plus tard, le pays en compte 12.000.

Quand le Vovinam est enfin devenu un sport reconnu en Inde, le Docteur  Sahai a eu pour ambition de le faire rayonner dans les pays voisins.

Dynamiser le Vovinam dans toute l’Asie du Sud

Il a pris contact avec les responsables de plusieurs fédérations d’arts martiaux dans les pays d’Asie du Sud pour tenter de les convaincre de développer le Vovinam dans leurs pays respectifs. Sans hésiter.

«Je suis le Docteur Vishnu Sahai, président de l’Association indienne de Vovinam. Je sollicite votre soutien dans le but de me mettre en contact avec les adeptes de Vovinam au Bhutan. Cet art martial a été introduit dans la liste des disciplines comptant pour les Jeux sportifs d’Asie en salle 2009 (Asia indoor Games, ndlr). Il fera son entrée officielle dans le programme des compétitions des Jeux sportifs de plage d’Asie 2016», écrit-il dans sa lettre envoyée au responsable de la fédération de karaté au Bhutan.

«Le Docteur Vishnu Sahai a énormément contribué à la promotion du Vovinam à l’étranger», insiste Nguyên Van Chiêu lors de la cérémonie de remise de la ceinture rouge pour récompenser son travail.

Désormais, en Asie, outre le Vietnam, cet art martial est pratiqué en Afghanistan, en Inde, au Cambodge, à Taïwan (Chine), à Hong Kong (Chine), en Indonésie, en Iran, en Irak, au Laos, au Liban, au Myanmar, au Népal, au Japon, au Pakistan, aux Philippines, au Sri Lanka et en Thaïlande.

Pour l’heure, Vishnu Sahai a l’ambition d’organiser pour fin 2016 un tournoi de Vovinam à l’attention de ses élèves indiens. - CVN/VNA

 

Voir plus

Une exposition consacrée au roi Hàm Nghi offre aux jeunes générations une meilleure compréhension de l’histoire et de la culture nationales, les sensibilisant ainsi davantage à la préservation et à la valorisation du patrimoine. Photo: VNA

Les classes ouvertes cultivent l’amour des jeunes pour le patrimoine

Au fil des ans, le Centre de conservation des monuments de Huê s’est imposé comme un chef de file national en matière d’éducation patrimoniale en milieu scolaire. Il a mis en place des modèles novateurs qui transforment les sites patrimoniaux en « classes ouvertes » et en outils pédagogiques dynamiques.

Le site de Ngoc Lang Nam Hai, dans la commune côtière de Phuoc Hai, à proximité de Ho Chi Minh-Ville, est le plus grand cimetière de baleines du Vietnam. Photo. VNA

Ngoc Lang Nam Hai, symbole spirituel et culturel des pêcheurs du littoral vietnamien

À Phuoc Hai, le site de Ngoc Lang Nam Hai, dans la commune côtière de Phuoc Hai, à proximité de Ho Chi Minh-Ville, est le plus grand cimetière de baleines du Vietnam. Il incarne une tradition spirituelle unique des pêcheurs, mêlant culte ancestral, identité culturelle maritime et efforts de préservation patrimoniale. Ce lieu occupe une place centrale dans la vie spirituelle des pêcheurs. Avant chaque sortie en mer, certains viennent y brûler de l’encens pour solliciter protection et abondance. 

Photo : VNA

Une procession de palanquins vers le Temple des rois Hùng, riche en singularité

La procession des palanquins vers le temple des rois Hùng est une tradition culturelle emblématique, profondément ancrée dans l’esprit communautaire et transmise de génération en génération. Elle rassemble fidèles et habitants dans une atmosphère solennelle et empreinte de ferveur, où se mêlent rites, offrandes et expressions de dévotion.
Elle incarne la morale « Boire de l’eau, se souvenir de sa source », tout en illustrant le respect et la reconnaissance voués aux ancêtres, fondateurs et bâtisseurs de la nation.

Le « maquillage facial », expression de l’âme et de l’essence du Tuông

Le « maquillage facial », expression de l’âme et de l’essence du Tuông

Dans l’art du Tuông (théâtre classique vietnamien), le maquillage scénique, communément appelé « ve mat » (peinture du visage), constitue l’un des éléments les plus emblématiques et fondamentaux. Véritable langage visuel, il permet au public de percevoir immédiatement la personnalité, le statut social et la moralité des personnages dès leur entrée en scène.

Présentation du projet de film sur le commandant légendaire Tran Hung Dao à Séoul. Photo: VNA

Un film sur Trân Hung Dao ouvre de nouvelles perspectives Vietnam–République de Corée

Le film retrace la vie et la carrière de Tran Hung Dao, le commandant légendaire qui a mené le peuple de l'ancien Vietnam, le Dai Viet, à la victoire contre les invasions mongoles à trois reprises au 13e siècle. Véritable symbole de patriotisme et de génie militaire, il est souvent comparé dans ce projet à l'amiral sud-coréen Yi Sun Sin pour son importance historique et culturelle.