Les pagodes, un pilier spirituel de l'ethnie khmère à Soc Trang

Sont recensés plus de 1,3 million de personnes issues de l'ethnie khmère qui vivent dans la région Sud-Ouest et pratiquent le bouddhisme Theravada.
Les pagodes, un pilier spirituel de l'ethnie khmère à Soc Trang ảnh 1Les Khmers se fondent sur la philosophie du bouddhisme Theravada. Photo: CVN
Hanoï (VNA) - Sont recensés plus de 1,3 million de personnes issues de l'ethnie khmère qui vivent dans la région Sud-Ouest et pratiquent le bouddhisme Theravada. Pour les Khmers, en plus de leur signification spirituelle, les temples et pagodes sont considérés comme une “institution sociale”.

Bouddhisme Theravada, le fondement de la culture khmère

Selon de nombreuses études, le bouddhisme Theravada a été amené par des missionnaires par voie maritime depuis l'Inde vers le Sri Lanka, le Myanmar, la Thaïlande, la région du Mékong et des provinces du delta du Mékong au Vietnam. Le bouddhisme khmer Theravada a été adopté par l'ethnie khmère et est devenu sa religion.

La communauté khmère a un attachement naturel et solide au bouddhisme Theravada et vice-versa, le bouddhisme Theravada joue un rôle important dans la vie religieuse des Khmers du Sud. Presque toutes les activités de la communauté ou de chaque famille sont associées à ces croyances religieuses, les Khmers se fondent sur la philosophie du bouddhisme Theravada. Pour les activités et les fêtes de la famille et de la communauté, qu’elles soient joyeuses ou tristes, les gens invitent les bonzes à faire des cérémonies et à lire des sutras. Dans la maison, sur la scène, dans l'espace du temple des Khmers, des images et des statues de Bouddha sont placées dans l'endroit le plus solennel. Les membres de la communauté, quel que soit leur âge, se rendent souvent au temple, vénèrent le Bouddha et respectent le bonze.

Tang Nô, président du conseil d'administration de la Sangha bouddhiste du Vietnam (SBV), vice-président permanent de l'Association pour la solidarité des moines bouddhistes patriotiques de la province de Soc Trang, a déclaré : “Le bouddhisme Theravada contribue à préserver, compléter et promouvoir l’identité culturelle traditionnelle des Khmers. Le mot Pali du bouddhisme Theravada est également le mot khmer. La plupart des fêtes khmères telles que Chôl chnam Thmây, Sene Dolta ou Ooc-om-bok sont liées à la légende du bouddhisme Theravada, afin d’éduquer les gens aux bonnes mœurs dans la vie familiale, communautaire et sociale. Plus de 90% des Khmers sont bouddhistes et participent à des activités religieuses dans les temples, de sorte que la pratique du bouddhisme Theravada a contribué à améliorer les connaissances et les compétences des gens.”

Selon le Dr. Pham Thanh Hang, de l’Institut des religions et des croyances, relevant de l'Académie nationale de politique de Hô Chi Minh (NPA), au cours des nombreux siècles d'existence et de développement dans le Sud, le bouddhisme khmer Theravada est devenu le point de convergence des coutumes khmères. Le fondement doctrinal du bouddhisme Theravada des Khmers transmet les normes, les valeurs morales et éthiques dans la vie quotidienne telles que “la compassion, la réjouissance”, “le soulagement de la souffrance”, “le désintéressement", la préservation des préceptes et la piété filiale… dans le peuple khmer. La vision bouddhiste du monde et les nobles valeurs morales recèlent un compréhension profonde de la pensée et du mode de vie du peuple khmer, ce qui crée une relation étroite entre le bouddhisme khmer Theravada et la vie associative. Dans cette relation cohésive, la pagode khmère est considérée comme le "cœur" des Khmers, à la fois en tant que symbole culturel et en tant que lieu de connexion de la culture traditionnelle du peuple khmer. Les Khmers vivant à phum, soc sont majoritairement bouddhistes. La pagode khmer est à la fois une école, où se déroule des activités éducatives et un centre d'activités culturelles de la communauté phum, soc.

On peut dire que le bouddhisme Theravada des Khmers est le fondement spirituel qui contribue au lien étroit entre trois éléments : l’individu, la famille - la communauté phum, soc - la pagode. Dans la vie quotidienne des Khmers, toutes les activités telles que des fêtes religieuses, les activités culturelles communautaires et jusqu’aux affaires individuelles et familiales (les funérailles, les mariages, la construction de maisons, etc.) sont étroitement liées à la pagode. Les bouddhistes khmers vont régulièrement à la pagode, participent aux fêtes religieuses bouddhistes et aux activités culturelles organisées par des bonzes dans l’enceinte de la pagode.

Pagode, un pilier spirituel des Khmers à Soc Trang

Soc Trang est la province du Sud-Ouest avec le plus grand nombre de Khmers, ils y représentent près d'un tiers de la population. Dans la province, il y a 92 pagodes bouddhistes Theravada du Khmer, dont deux sont reconnues comme sites historiques nationaux et d’autres sont reconnues comme reliques provinciales. Pour les Khmers en général et les Khmers de Soc Trang en particulier, la pagode est le centre des activités religieuses.

Nous avons visité la pagode Som Rong, une célèbre et magnifique pagode, située dans le 5e quartier de la ville de Soc Trang, et avons rencontré et discuté avec le vénérable Lam Binh Thanh, maître adjoint de la pagode. Selon lui, actuellement, la pagode Som Rong compte 31 bonzes, qui organisent des festivals importants chaque année tels que la célébration du Nouvel An de Chôl Chnam Thmây, la cérémonie d'adoration des grands-parents Sene Dolta, la cérémonie d'adoration de la lune Ooc-om-bok, la cérémonie d'offrande des robes de Kathina… Les bonzes du temple enseignent non seulement les principes de la vie aux bouddhistes, mais organisent également des cours pendant les mois d'été pour transmettre les connaissances aux élèves de la 1re à la 5e année.

Par ailleurs, selon le vénérable Ly Den, abbé de la pagode Chrôi Tum Chas (ville de Soc Trang), la pagode compte près de 2.000 bouddhistes. Ces bouddhistes khmers restent souvent fidèles à la pagode de leurs ancêtres jusqu'aux générations suivantes. Dès leur naissance, les enfants khmers assistent à des cérémonies religieuses et ethniques avec leurs familles, et sont automatiquement reconnus comme bouddhiste. La pagode est associée aux rituels du cycle de vie de chaque Khmer à partir du moment où il est né, il a une cérémonie au temple à son décès, il est incinéré et renvoyé à la pagode. Il y a un jour spécial chaque année où ses proches vont à la pagode pour offrir de l'encens au Bouddha pour honorer ses ancêtres.

Les pagodes khmères sont également un lieu où les enfants khmers apprennent à lire, et puis atteignent l'âge adulte pour se marier et participer à des activités sociales. Auparavant, quand il n'y avait pas d’école publique, la pagode khmère était une école d'alphabétisation pour le peuple, les moines étaient professeur enseignant de lettres (écriture pali) et de la culture ainsi que du catéchisme aux croyants. Par conséquent, la pagode khmère joue un grand rôle dans l'enseignement de l'écriture. Aujourd'hui, de plus en plus de classes sont ouvertes l'été par les pagodes. Quand nous avons visité la pagode Chen Kieu (commune de Dai Tâm, district de My Xuyên, province de Soc Trang), nous avons pu rencontrer les bonzes Lâm Quang Lanh et Trân Tuân Anh lors d’un cours d'alphabétisation.-CVN/VNA

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