Thua Thien-Hue (VNA) - Dire de la région de Huê qu’elle abrite de nombreux patrimoines architecturaux n’est jamais qu’un doux euphémisme. Certains de ces patrimoines ont hélas subi les affres du temps. C’est notamment le cas des « nhà rường », ces maisons traditionnelles en bois qui n’auront été épargnées ni par le climat, ni par les catastrophes naturelles, mais qui font aujourd’hui l’objet d’un projet de sauvegarde lancé au niveau provincial.

Les « nha ruong » de Phuoc Tich hinh anh 1Les « nhà rường » de Phuoc Tich. Photo baovanhoa.vn


Nos fidèles et nombreux lecteurs se souviendront certainement du village de Phuoc Tich, que nous avons visité de long en large la semaine passée. Sans doute se rappellent-ils également que le village en question abrite de nombreuses « nhà rường » et que celles-ci sont en général entourées de verdure.

Il faut savoir qu’il existe différents types de « nhà rường » qui se distinguent par les matériaux utilisés : bois de jacquier, bambou, chaume… Pour ce qui est du sol, il est en terre battue. En fait d’être battue, la terre est malaxée avec de la chaux et des cendres avant d’être damée en plusieurs couches : ainsi résiste-t-elle mieux à l’humidité et aux bêtes. Le toit, lui, est toujours en pente - région pluvieuse oblige - et recouvert soit de chaume, soit d’un tuilage yin-yang. Quant aux pièces, leur nombre varie, mais pas leur disposition, comme nous l’explique très bien Nguyễn Hồng Thắng, le chef du comité de gestion des vestiges architecturaux et artistiques du village.

« La maison standard comprend trois travées et deux appentis. La répartition des pièces se fait selon un principe immuable : l’autel des ancêtres occupe la travée centrale et les travées restantes servent de chambres aux membres de la famille», nous dit-il.

Vestige national depuis 2009, le village de Phuoc Tich possède 30 maisons traditionnelles dont 6 qui sont dédiées au culte de telle ou telle lignée familiale et 24 autres qui sont habitées. Mais 25 de ces maisons auraient sérieusement besoin d’être restaurées.    

En 2017, c’est-à-dire un an après l’adoption par le comité populaire de la province de Thua Thiên-Huê d’un projet destiné à sauvegarder ces maisons-jardins, 3 d’entre elles ont été rénovées. Lê Thi Hoa est l’heureuse propriétaire de l’une de ces trois demeures réhabilitées. Aujourd’hui, elle ressent un véritable soulagement : il eût été déchirant, pour elle, de devoir renoncer à habiter cette maison vieille de 120 ans ou quatre générations se sont succédé.   

« Le toit était troué, la charpente abîmée… », nous raconte-t-elle. «  Mais grâce aux aides de l’État, on a pu faire les travaux nécessaires. Du coup, on peut continuer à habiter ici et  - et c’est ça le plus important ! - à pratiquer le culte des ancêtres. Le seul changement, c’est que la maison est ouverte aux touristes de passage, maintenant… »   

Les touristes !... Nous y voilà. Avec toutes ces maisons traditionnelles, avec son écrin de verdure, Phuoc Tich les attire comme le miel les abeilles. Et il y a là une manne à saisir, ce qui n’a d’ailleurs pas échappé au comité populaire de la province qui s’est fixé pour objectif d’avoir achevé la restauration des 25 maisons traditionnelles du village en 2020. « Avec l’autorisation du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, le comité populaire provincial nous a accordé un budget pour la restauration de 5 maisons », nous indique Doàn Quyêt Thang, le chef adjoint du comité de gestion du village de Phuoc Tich.

Et ce n’est qu’un début ! Gageons que d’ici peu, toutes ces « nhà rường » vont se transformer en maison d’hôtes et que Phuoc Tich va figurer en bonne place dans tous les guides touristiques dignes de ce nom. -VOV/VNA